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Filière lait – Vers un lait local

Du 23 au 25 janvier à Sandoucourt, 45 jeunes agriculteurs de la Filière lait sont venus de toute la France pour réfléchir à l’avenir dans le cadre de la session lait 2018. Face aux difficultés des négociations commerciales, ils projettent des organisations de producteurs commerciales pour développer les circuits courts.

En étant aussi près de Bulgnéville, les jeunes agriculteurs (JA) ont commencé par visiter la fromagerie car cette session nationale est aussi l’occasion de promouvoir son département. Mais après le fromage … le gros morceau  ! trouver un système qui leur permette de vendre leur lait au dessus du coût de production.

Des organisations de producteurs

Les négociations commerciales entre transformateurs et grandes surfaces, qui ont débuté en décembre, s’amorcent mal pour les éleveurs. Les industriels balaient sans remord les valeurs de charte qu’ils ont signée et maintiennent des prix trop bas. »Nous avons décidé de nous prendre en main et de fédérer les producteurs dans des organisations professionnelles commerciales pour collecter et vendre le lait, mais pas pour le transformer », explique Yohann Barbe, président des JA des Vosges.

Vendre la quantité exacte

Ces organisations sous forme coopérative feront l’interface entre producteurs et industriels. » Nous produisons 300 millions de litres/an. Nous vendrons à chacun la quantité exacte dont il a besoin et nous chercherons d’autres débouchés comme les circuits courts. Les grandes surfaces qui veulent du lait local n’attendent que ça et avec ce système, on ne casse pas les accords de collecte ! ».

Le choix des marchés

Le lait  sera vendu à l’organisation de producteurs, qui deviendra plus indépendante pour choisir ses marchés et favorisera les marchés locaux. Lactalis, Bongrain et autres transformateurs deviendront prestataires de l’organisation de producteurs.

Travailler sur du long terme

« Les industriels s’accordent sur les prix et varient de quelques centimes pour respecter la loi et dire que ce n’est pas le même prix. En Allemagne, la valorisation pour un lait sans OGM est de 20€/l, en France, elle est de 5€/l.  Pas besoin d’un dessin, on voit où va la marge ! »  Ce matin, ils affinent la feuille de route. « Nous voulons travailler sur du long terme et nous ne développerons plus d’actions qui ne soient pas durables.

Lait contaminé, ce n’est pas la faute des producteurs

Autre sujet mis sur la table, l’impact de l’affaire du lait contaminé. « Les consommateurs ne comprennent plus rien, insiste Yohann Barbe. Les producteurs ne sont pas en cause. les Salmonelles ne se développent pas dans les exploitations car la poudre de lait est stérilisée, processus qui détruit les bactéries. C’est donc que la contamination intervient après la transformation ».

400 contrôles/jour

« Aujourd’hui, nous sommes prêts à nous porter partie civile, poursuit-il, si Lactalis fait baisser les prix pour payer cette affaire. Nous sommes prêts à les rencontrer. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que ça n’ampute pas la qualité des produits. A l’ermitage, il y a 400 prélèvements de contrôle par jour sans compter ceux sur l’exploitation« .

B.Boulay

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