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Affaire prescrite, soupçonné d’agressions sexuelles, l’abbé Michel Toubhans ne sera pas jugé !

2 hommes âgés aujourd’hui de 45 ans et 42 ans, ont informé le parquet qu’ils auraient été à 18 et 15 ans victimes d’une agression sexuelle de la part de l’abbé Michel Toubhans. Il n’y aura pas de procès, parce que les faits sont prescrits, mais il y a eu une information judiciaire dont rendait compte le procureur, Étienne Manteaux.

L’abbé Michel Toubhans a aujourd’hui 79 ans. Depuis le signalement fait par Monseigneur Didier Berthet, il a été suspendu de ses fonctions.

Un 1er signalement pour agression sexuelle

Un homme de 45 ans qui vit en région parisienne, vient régulièrement voir sa famille qui réside en Déodatie. Voyant l’abbé Michel Toubhans dire la messe des Rameaux en avril 2017, il a décidé de parler de ce qui lui était arrivé. Cet été, il a demandé un entretien à Monseigneur Didier Berthet et a raconté ce qu’il avait caché jusque là : Alors qu’il était à la cure de Remiremont et qu’il avait tout juste 18 ans, l’abbé l’aurait caressé et masturbé. Il précise qu’il n’y a eu qu’un seul fait.

Un 2e homme se fait connaitre

À la suite de ce témoignage, l’évêque a fait un signalement, a suspendu l’abbé et s’est expliqué sur le site du diocèse. Ayant pris connaissance de cette communication, un 2e homme du même âge (42 ans), qui vit dans le sud de la France, s’est fait connaître. Lui aussi dit avoir subi des caresses sur le sexe de la part de l’abbé Toubhans, alors qu’il se trouvait sous la douche à la cure de Remiremont. Pour lui également, il n’y aurait eu qu’un seul fait.

Une crédibilité forte

« Les 2 hommes ne se connaissent pas, commente le procureur Étienne Manteaux. Ils décrivent des faits différents, sans aucune concertation. Pour moi, les éléments de crédibilité sont forts. Ils n’ont pas porté plainte, parce qu’ils ont mis du temps à se remettre du traumatisme. Ils sont croyants, disent respecter la mission des prêtres et veulent juste que ce genre de comportement ne puisse plus se reproduire. Moi je le dis et je l’assume, au vu des 2 témoignages, si les faits n’étaient pas prescrits, j’aurais mis ce prêtre en examen« .

« Ils ont pris leurs désirs pour la réalité »

L’abbé Michel Toubhans nie formellement les accusations des 2 hommes. D’après le procureur, l’abbé prétend qu’ils ont pris « leurs désirs pour la réalité ». Une formule qui interpelle … Il s’est passé plus de 20 ans entre les 18 ans des présumées victimes et les révélations. L’affaire est donc prescrite. Elle ne sera jamais jugée. L’église devra se prononcer pour savoir si la suspension est maintenue ou non.

Affaire prescrite, elle ne sera jamais jugée

« La seule chose qui pourrait permettre de rouvrir l’affaire serait de découvrir d’autres faits non prescrits. A ce moment là, les 2 hommes pourraient être entendus comme témoins apportant des informations significatives au dossier« , explique le procureur. La prescription pour les agressions sexuelles sur mineurs est de 20 ans à partir des 18 ans de la victime.

Un prêtre charismatique

Le prêtre pourrait pour sa part porter plainte pour dénonciation calomnieuse, mais il n’y a pas eu non lieu. Son innocence n’a pas été reconnue par un procès et le doute restera toujours en sa défaveur, même s’il était particulièrement apprécié d’une majorité de ses paroissiens.

 

 

 

B.Boulay

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