Culture

Alexandre Dainche et Magali Villeneuve : Les dessous de l’affiche !

Alexandre Dainche et Magali Villeneuve ont conçu et réalisé l’affiche des Imaginales 2013. Ils passent leur temps à dessiner des mondes fantastiques pour des licences prestigieuses comme le seigneur des anneaux, Stars wars, le trône de fer. Ils sont vosgiens, fidèles des Imaginales et seront présents au festival ! Rencontres.

Pour eux, pas de prédestination ! Ils ont évolué dans la vraie vie, comme tout le monde : Des études de commercial pour Alexandre Dainche et littéraires pour Magali Villeneuve.

Mais ancrée au plus profond d’eux-mêmes, subsiste une âme d’enfant émerveillé. L’imaginaire occupe leur monde et même s’ils ne le savent pas encore, le virus attend son heure.

Ils rêvent de Disney

Ils rêvent d’entrer chez Disney, de travailler sur des films d’animation, de plonger dans le merveilleux. Alors pour rester dans ces mondes, ils dessinent encore et encore, en autodidactes.

Puis un jour, ils se sentent prêt. Book sous le bras, ils démarchent les éditeurs, chacun de leur coté, et ça marche !

Alexandre Dainche et Magali Villeneuve sont illustrateurs free lance depuis 2006. « Nous sommes discrets, expliquent-ils. Nous voulons qu’on nous choisisse pour nos travaux ».

les vaches maigres

Au début, il faut se faire une place, bosser dur, gagner peu. C’est un peu les vaches maigres !

En 2007, 1er contact avec les Imaginales où ils accompagnent un éditeur. « C’est comme ça qu’on a découvert l’événement, et depuis 6 ans, on y est fidèle », raconte Magali. « Les 1ères années, c’est de la survivance. On a ramé comme des dingues », poursuivent-ils.

Des firmes prestigieuses

3 ans plus tard, ils sont engagés par une firme qui fait exploser leurs deux carrières. Ils travaillent séparément pour les mêmes licences américaines, des licences qu’ils rêvaient d’intégrer.

Le rêve s’accomplit, la vie s’organise autour de leur activité : le direct de 17h à 2h du matin avec les Etats-Unis, et la journée pour la France.

Le rythme est élevé, la production aussi.

5 à 20 illustrations par mois

« Nous travaillons sur commande et nous n’avons pas le temps pour une production personnelle, explique Magali. Il faut  avoir un rendement élevé et pas question de tomber malade. Il y a la pression exercée par les firmes ». Ils parlent de « surentrainement et de discipline de vie ».

Mais ils adorent ce qu’ils font ! « Pour nous, c’est le summum ces licences ! »

Le meilleur d’eux-mêmes

Même s’il faut souvent reprendre et retravailler ses dessins, pour parvenir à trouver le trait, le détail qui convient à la firme. « C’est un peu comme prendre le meilleur de nous-mêmes, pour nous obliger à aller plus haut ».

Perches bien en équilibre, ils progressent sur le fil entre réel et imaginaire. « On a bien séparé nos carrières et notre vie privée. Car travailler à la maison, ça peut être aussi ne jamais décrocher. Mais souvent si on veut décompresser, il faut partir ».

Engranger des émotions

Mais à ce rythme, est-on encore créatifs ? « On l’est comme un sportif de haut niveau. Nous travaillons en permanence avec la musique. Nous engrangeons des sensations, des émotions, plus que des images ».

Installés dans les Vosges, ils aiment particulièrement la forêt, les atmosphères brumeuses, les éclairages en demi teintes,

Ils aiment les mêmes choses

Alexandre et Magali sont complémentaires. Ils ont tous les 2 un style assez réaliste et une vision assez proche. Ils avouent aimer les mêmes choses. « Nous avons les mêmes sensibilités. Nous aimons les mêmes choses. Nous sommes particulièrement sensibles aux jeux de lumière et sous l’influence des peintres pré-Raphaélistes ».

Une affiche à 2

Pour les Imaginales, ils ont travaillé ensemble. C’était la seule manière de répondre positivement à la demande de Bernard Visse. « Aucun de nous n’aurait eu le temps de réaliser cette affiche, mais à 2, c’était jouable. Nous  avons fait 2 ou 3 tentatives. Nous, on fait plutôt du sombre et là, on nous demandait un univers pour un public familial. Le château était demandé, mais c’est un hasard qu’on ait opté pour une femme. ».

À lui, l’univers, à elle les personnages

Alexandre Dainche qui excelle dans la composition et les paysages, a réalisé le décor. Il travaille à apporter un style réaliste dans une imagerie qui ne l’est pas, à préciser des détails qui rendent l’univers crédible. Magali préfère travailler sur la femme, ses expressions, ses mouvements. Elle cherche à ce qu’il s’en dégage une  émotion, une présence, une personnalité. Tous deux parlent de « donner des lettres de noblesse à la fantasy, exprimer des choses derrière des codes plus éthérés».

Apporter sa pierre à l’édifice

L’affiche des Imaginales leur a demandé 20h de « crayonné » et 30 à 40h de colorisation.

Ils sont vraiment heureux de l’avoir faite. « Ca fait 6 ans qu’on vient chaque année aux Imaginales, aujourd’hui, on en fait l’affiche. C’est un aboutissement ! On est vraiment heureux d’apporter notre pierre à cet événement qui se déroule sur notre territoire ».

 

Magali Villeneuve présentera également son livre « les dernières terres » le tome 2 d’une saga de 6.

 

B.Boulay

Journaliste, c'est mon job ! J'aime les rencontres qu'il suscite, la diversité des milieux où il nous mène, les enjeux qu'il explore. J'apprécie le jeu de fil de fériste de l'éthique, qui parfois nous complique bien la vie... Après plus de 15 ans d’actualités locales, ACTU 88 est né. L’essentiel en toute simplicité. ACTU 88, c’est un journal indépendant, une aventure, un regard. C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui donnent du sens à des projets. C’est la vie d’un territoire face aux enjeux de l’avenir. Faites-en un favori et contactez-moi ! ACTU 88 sera ce que vous en ferez ...

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