Arnica – L’or du Markstein partagé

Protégé et exploité conjointement, l’Arnica conjugue autour de lui, les efforts de tous, agriculteurs, élus, animateurs de moyenne montagne, brigades vertes, … Une synergie établie lors de la première convention en 2007 un peu théoriquement et confirmée ce mercredi 22 juin, 9 ans plus tard avec plus de conviction.

120ha sont concernés sur les hautes chaumes. L’Arnica fait sa difficile et n’accepte pas tous les sols. Elle préfère les sols acides et pauvres en minéraux. C’est une plante délicate qui ne supporte pas les engrais et quand elle délaisse un territoire, elle n’y revient pas. Ces terrains sont entretenus par des éleveurs, qui ont accepté de travailler sans engrais et de n’occuper les pâtures qu’après la récolte de l’arnica, même si ça leur pose parfois quelques difficultés.

90% de la récolte de France

L’arnica du massif vosgien représente 90% de la cueillette en France. Le massif vosgien a une autorisation pour 8 à 10 tonnes de plantes entières et 1 tonne de fleurs par an. Quand la personne chargée de surveiller la maturité donne l’aval, une cinquantaine de cueilleurs, dont une quinzaine de Vosgiens, envahissent ces chaumes. « La cueillette est très courte. Elle dure moins de 15 jours« . Après, la pâture est rendue aux éleveurs, aux alentours du 15 juillet.

Il y a 15 ans, la surface était réduite de moitié

Cette année, la récolte est légèrement en retard et la floraison, un peu poussive. « Avant, les anciens cueillaient la quantité d’arnica nécessaire aux soins de la famille, rappelle Dominique Peduzzi. C’étaient les écoliers qui faisaient la récolte. On est passé de la récolte familiale à la récolte pour les laboratoires. Et il y a une quinzaine d’années, on s’est aperçu que la surface d’Arnica était réduite de moitié ». C’est toujours leur droit à condition que ce soit raisonnable.

Des gens qui n’avaient pas le même intérêt

Interpellée par les cueilleurs, l’association vosgienne d’économie montagnarde et le Parc naturel des Ballons des Vosges ont décidé de préserver la ressource. C’est la naissance de la convention « Arnica ». « C’est une opération exemplaire qui a mis autour de la table, des gens qui au départ, n’avaient pas les mêmes intérêts, « , se félicite  Laurent Seguin, président du Parc naturel.

Empilé les problèmes, cherché des solutions

Les laboratoires concurrents, -il y en a 6, des petits locaux et des gros-, des cueilleurs qui viennent aujourd’hui de toute la France, les communes, les agriculteurs, le parc, le syndicat mixte d’aménagement du Markstein ont fait des compromis pour l’intérêt collectif. « Au départ, on a empilé les problèmes de tout le monde », explique Annick Lutenbacher, maire de Fellering, conseillère départementale du haut-Rhin et présidente du syndicat mixte d’aménagement du Markstein Grand Ballon.

Une convention unique

Les maires alsaciens n’ont pas refermé la porte à un projet porté par le conseil départemental des Vosges. Les 5 anciens se souviennent de discussions animées, d’échanges véhéments. Il leur a fallu 2 ans pour parvenir en 2007 à cette première convention signée également à la ferme du Treh avec 3 communes, le parc, 2 départements et 2 régions. 9 ans plus tard, du chemin a été parcouru. La convention intègre désormais 6 communes. Elle a valeur d’exemple, parce qu’elle intègre toutes les activités, et crée une synergie dans les divers domaines économique, environnemental et touristique. Il semble qu’il n’en existe pas d’autre en France.

Des études et un comité scientifique

Une étude vient de se terminer. Elle a duré 5 ans et devait déterminer l’interaction des différentes activités sur le secteur de cueillette en comparaison de sites où il n’y a pas de cueillette. La synthèse est en cours. Il y a également un comité scientifique. Le Parc naturel des Ballons des Vosges centralise les cotisations des laboratoires et les redistribue aux communes pour un montant de 15 000€. Le chiffre d’affaires indicatif tourne autour de 150k€.

S’inscrire dans la pérennité

L’arnica du massif des Vosges est réputé pour être le meilleur d’Europe. Cette image de marque se répercute sur le tourisme et les accompagnateurs de montagne s’en serve pour sensibiliser les classes à l’environnement préservé. La surveillance du site est confiée à la brigade verte, 19 agents, qui circulent à cheval. « Cette convention est le moyen de s’inscrire dans la pérennité. Elle débouche sur une notoriété collective dont chacun bénéficie ».

Aller plus loin

« Cette alchimie fonctionne bien, ce labo d’idées existe sur le Markstein, conclut Daniel Mérignargues, Sous-Préfet de Thann-Guebwiller, il faut en faire quelque chose d’ambitieux« . Les ambassadeurs de l’arnica sont repartis pour 9 ans !

Les signataires

Laurent Seguib, président du Parc naturel régional des ballons des Vosges, Dominique Peduzzi, conseiller départementale des Vosges en charge de la montagne, Annick Lutenbacher, conseillère départementale du Haut-Rhin, maire de Fellering et présidente du syndicat d’aménagement du Markstein Grand Ballon, Francis Allonas, maire d’Oderen, Jean-Léon Tacquard, maire de Ranspach, Pierre Dischinger, maire de Münster, Denis Meyer, maire de Soultz, Marie-Catherine Walter-Bembenek, maire de Goldbach, Clément Urion, représentant des cueilleurs, et Denis Graeffly, représentant des laboratoires.

 

 

 

 

 

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