Capeb – Performance énergétique, où sont les artisans ?

La performance énergétique représente un formidable enjeu, mais les artisans y ont-ils une place ? Ils se sont formés, mais les contraintes sont souvent trop lourdes pour eux. Une table ronde rassemblant des acteurs vosgiens et les artisans de la CAPEB en débattait ce samedi matin à Épinal.

« Je salue ce qui est mis en place dans les Vosges, remarque Nathalie Kobes de l’ANAH (Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat). La dynamique vosgienne est exemplaire en France dans ce domaine ».

De 500 à 800 logements pour les bailleurs

650 entreprises vosgiennes sont certifiées RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) et 216 sont Écoartisans. Mais quel est le marché en face ? « Les bailleurs en 2015 faisaient 500 logements par an. Ils vont passer à 800 en 2016, précise Nathalie Kobes. Mais ils sont engagés. Le levier viendra des particuliers. « Pour les particuliers, ce sont des chantiers de 20 000€ en moyenne qui concernent 3 corps de métier avec des aides de 12 000 à 13 000€ « .

Le versement direct à l’entreprise est possible

« Le délai est d’un mois et demi  pour le premier versement. Sur 1000 projets, il y en a seulement 2 à 3 qui posent problème ». C’est évidemment très peu, mais c’est problématique pour les entreprises concernées. Verser l’aide directement aux entreprises éviterait ces détournements. C’est possible mais il faut le gérer et c’est un coût supplémentaire.

Informer, inciter et sécuriser

« On est conscient de ce que les entreprises ont dû faire pour obtenir ces labels et certifications, mais il est important de rassurer le client, commente Stéphane Viry, Vice-président de la communauté d’agglomération d’Épinal chargé du développement économique. Il faut raisonner en croissance verte et développement durable. Il faut que chacun modifie son comportement. Il y a une culture à changer. Mais si on veut résoudre le double défi économique et environnemental, il faut que les gens puissent aussi trouver du travail sur le territoire ». Pour lui 3 leviers sont à actionner : informer, inciter avec des aides financières et sécuriser.

Des certifications trop compliquées

« Valider tous les 4 ans le dossier éco artisan, c’est très compliqué et ça prend énormément de temps »,  pointe Lucien Million, CAPEB régionale. Certains abandonnent.  Ce que confirme Patrick Mathieu, électricien : « J’étais éco artisan en 2009, mais au 2e audit, je n’avais pas mes 2 marchés de références« . « Ce que vous soulevez m’est insupportable ! déplore Stéphane Viry. Il faut tout simplifier, c’est une urgence vitale ! On a un vrai problème de normes ». Un avis partagé par Nathalie Kobes, qui veut  « rendre simple et lisible ce magma de certifications ».

Il faut aider les particuliers à monter les dossiers

« Il n’y a jamais eu autant d’aides » assure Nathalie Kobes, mais pourtant les particuliers ne se lancent pas en masse dans les travaux ! « Ce que demande le particuliers, c’est que l’on adapte les travaux à faire à son budget. Il faut l’aider à solliciter les aides adaptées et à monter les dossiers nécessaires », témoigne Lucie Marsal, architecte. Stéphane Viry pointe les pavillons des années 70, « IL y en a des tas qui sont de vraies passoires. Il faut tout rénover, mais les gens ont du mal à payer ». 

Objectif : plus 50% pour 2017

D’où la nécessité de mettre aussi les banques dans le coup pour faciliter les crédits. « Dans les Vosges, tous les conseillers clients seront formés sur les aides pour la rénovation énergétiques », annonce Nathalie Kobes. Un pas en avant qui peut faciliter la démarche. A l’horizon 2017, les objectifs augmenteront de 50%. Un marché à prendre pour les artisans qui offrent une réponse locale avec une empreinte carbone réduite et un atout imparable : ils connaissent les particularités du territoire !

 

 

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