Centenaire de la 1ère guerre mondiale – Le fort d’Uxegney, un des 3 projets labellisés

Le fort d’Uxegney fait partie des 3 projets labellisés pour le Centenaire de la 1ère guerre mondiale. Visite avec les passionnés de l’association du fort.

Le Fort d’Uxegney fait partie des dispositifs de défense dit de Séré de Rivières du nom du Général, édifiés de 1882 à 1914. Ces fortifications sont un mélange de bastion de défense à la Vauban et de fortification enterrée de la Ligne Maginot. Il fait partie de la ceinture de défense de la place d’Épinal.

Tel qu’il était en 1914

« Le fort que vous voyez aujourd’hui est dans l’état exact où il était en 1914« , assurent les passionnés de l’association ARFUPE (Association pour la restauration du fort d’Uxegney et de la place d’Épinal). L’ouvrage a traversé les 2 conflits mondiaux sans subir trop de dommages.

Labellisé pour le faire connaître

« Le pont ( c’est un pont mobile) était dans un état lamentable, se rappelle Jacques Grasser, adjoint chargé du patrimoine historique à la ville d’Épinal.  L’armée faisait du feu avec les portes et il y a eu des vols de métaux. Même les militaires avaient perdu la mémoire de ces ouvrages ! L’association a fait un travail remarquable pour le remettre en état« . Aujourd’hui, le fort d’Uxegney est inscrit aux Monuments historiques et l’ARFUPE a sollicité la labellisation pour valoriser cet ouvrage et celui de Bois l’abbé auprès des divers publics.

Un peu d’histoire

Après la défaite de 1870, le système de défense Vauban est dépassé face à l’artillerie moderne, il fallait concevoir un nouveau système qui résiste au tir de canons puissants. Cette tâche est confiée au Général Séré de Rivières. Il a conçu le système de défense en 2 lignes de résistance Verdun-Toul et Épinal-Belfort, en entourant les villes de forts sur les hauteurs, et en laissant juste une trouée, celle de Charmes destinée à prendre l’ennemi en tenaille. Ce dispositif a été dissuasif et l’Allemagne a contourné cette barre défensive par le Nord. L’attaque s’est faite par la trouée de Charmes comme prévue et a été stoppée à Rozelieures (54).

4 tourelles à éclipse

En 1885, avec l’apparition des nouveaux obus chargés d’un explosif puissant, les canons à l’air libre perdent toute résistance. Faute d’argent, seules 4 places fortes de la ligne défensive, Verdun, Toul, Épinal et Belfort ont été renforcées par du béton spécial d’abord, puis du béton armé (en 1910). En 1897, les forts sont équipés d’un système de 4 tourelles à éclipse pour l’artillerie (1 tourelle à canon de 155mm, 2 à canon de 75mm et 2 pour des mitraillettes). Le fort d’Uxegney fut un des 16 qui en fut équipé. Il portait le n°10. Aujourd’hui, il n’en reste plus que 4.

290 hommes en temps de paix, 440 en temps de guerre

Le fort d’Uxegney contrôlait l’axe Épinal-Mirecourt, la voie ferrée Épinal-Nancy et le canal de l’Est. Il comprend des espaces de vie pour militaires (dortoirs chauffés – ce qui était moderne à cette époque-, cuisine, …), des magasins à vivres et à munitions et des abris. « Il a été construit en pierres taillées à la main et on redécouvre une façon de travailler qu’on ne connait plus, souligne François Didelot. Le fort abritait 290 hommes en tant de paix et 440 en tant de guerre ».

Tout en autonomie

Tout y est prévu pour vivre en autonomie, avec des système de récupération d’eau, des machine à produire de l’électricité. Les salles d’artillerie sont équipés de rails et de palans pour faciliter les manipulations de canons. Une voie ferrée étroite dessert le fort. En temps de guerre, les ouvertures et les portes étaient bouchées par des sacs de sable. Bien restauré, le fort offre une plongée semi souterraine dans la défense de l’époque, qu’on aurait presque oubliée de nos jours.

Les combats de la Chipotte et un sentier de mémoire

2 autres projets ont été également labellisés. Il s’agit d’une exposition de 70 panneaux présentés par l’UDAC sur les combats de la Chipotte et de la réalisation et du balisage d’un sentier de mémoire à la nécropole Saint-Benoit-la-Chipotte.

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