Ces Vosgiens qui comptent – Denis Blum : « The exhibitor »

Appelé au secours par Philippe Seguin pour sauver le cinéma spinalien alors que les 3 cinémas de la ville fermaient, Denis Blum a relancé la machine et lui a donné le rayonnement qu’on lui connaît aujourd’hui. L’année dernière, il a pu passer le relais avec la satisfaction d’objectifs atteints et se consacrer de nouveau aux films d’art et d’essai en tant que président de La boite à films. Portraits en partenariat avec La Semaine de Nancy et Metz (www.lasemaine.fr)

Difficile de pressentir sous la bonhommie réservée de Denis Blum, un acteur important de la vie culturelle d’Épinal et du cinéma en Lorraine ! N’imaginez pas un Philippe NOIRET façon « Cinéma Paradiso », truculent et jouisseur des images comme de la vie. Son humilité naturelle le retient simplement d’en faire des tonnes sur son épopée cinématographique vosgienne. L’homme s’efface derrière son action …

Des images aux films en 35 mm

Son premier contact avec le cinéma, passe par les affiches de film qu’il découpe à 6 ans, dans les revues de sa grand-mère. Dans les années 70, c’est la classe au-dessus, il passe aux soirées entre amis où il passe des films en 35 mm si difficiles à projeter en amateur…

Président du 1er Ciné Club spinalien

6 ans plus tard, il est là quand la salle paroissiale de Chantraine, (en périphérie d’Épinal) prêtée par le curé, devient le 1er Ciné club d’Épinal. L’association  » Le petit Ciné en bas de chez moi« , qui gère la programmation, tiendra 8 ans. Mais il n’en faudra que 4 à Denis Blum pour en prendre la tête. Il y restera 9 ans, tout en continuant à travailler à son agence de voyage.

Directeur du Palace

En 1989, c’est Philippe Seguin qui vient le chercher. Les cinémas de la ville ont tous fermé. La ville rachète le Palace et veut lui donner une aura et une structuration efficace. La passion devient professionnelle ! Denis Blum dit banco et s’attache à construire un véritable réseau. Un vrai travail de fourmi !

Le pont entre Alsace et Lorraine

Le massif des Vosges n’a jamais été un obstacle pour lui. Sa famille l’a franchi en provenance de Mulhouse en 1937 et depuis, il œuvre pour le rapprochement des deux cotés du massif, anticipant la réforme territoriale. Son mot clé : Fédérer. En 2004, il regroupe les Cinémas indépendants de l’Est au sein d’une association, l’ACIEst, dont il devient président.

Opérations Grand Est

Mais il veut aller plus loin dans cette mutualisation en créant le Syndicat des Directeurs de Cinémas de l’Est dont il assume le secrétariat. Ce qui lui permet de mettre en place des opérations communes, comme le Ciné Cool, de bénéficier d’avant premières de films nationaux (17 en 2014) ou d’organiser des rencontres avec acteurs et réalisateurs (3 en 2014). Il est également vice-président de « Films en Lorraine », dont le bureau accueille les équipes en tournage dans la région. Et il développe des rencontres du Cinéma comme à Gérardmer.

Plus 100 000 spectateurs

« Je n’ai jamais construit la programmation en fonction de mes goûts. J’aime le cinéma. Mais c’est toujours par rapport au plaisir qu’un film peut donner au public que je le sélectionne. C’est une question de sensibilité« , explique-t-il. Il visionne 400 à 500 films par an. L’écoute du public est essentielle, et à Épinal, le résultat est probant. Aux Cinés Palace, la fréquentation a augmenté de 100 000 spectateurs en 1 an. « Je suis un « exhibitor » comme disent les anglo-saxons, je défends les valeurs du film, et la plus belle des récompenses est la fréquentation des salles de notre territoire. »

L’envie du spectateur a quelque chose de mystérieux

« Nous avons la chance en France, d’avoir un cinéma bien soutenu et une offre diversifiée. Mais ce n’est pas la qualité d’un film qui fait son succès. Il y a des petites choses qui marchent, allez savoir pourquoi ! L’envie du spectateur a quelque chose de mystérieux. Comment peut on imaginer 3 ans avant une diffusion en salle, qu’un film sera un succès ? « . Une histoire de résonances.

Préparer la relève par une programmation jeunesse riche

Et la jeunesse a sa place ! Membre de l’instance nationale « Ecole et cinéma », Denis BLUM privilégie chaque année une programmation « jeune public » dense au sein de la « Boite à Films ». L’avenir de l’Art et Essai passe par là. « Il faut des adhérents pour défendre ces valeurs d’authenticité, découvrir de nouveaux films, faire des rencontres humaines avec des équipes « . Toute une éducation !

Valentin VAXELAIRE

 

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