Ouvriers forestiers – 50 emplois en plus, ça ne serait pas trop !

Les délégués CGT des ouvriers forestiers le disent ouvertement : pour le volume de travail, il y aurait besoin de 50 emplois supplémentaires sur les Vosges. Ils ont l’impression de ne pas être entendus mais pour eux, c’est clair, être moins, c’est prendre des risques ! Ils ont l’impression que les marchés sont volontairement cédés au secteur privé et craignent la disparition de l’ONF à terme.

Frédéric Simon et Stéphane Drillon, du Vosges Montagne et Gaspard Thierry, de Vosges Ouest, le volume de travail nécessiterait 50 emplois supplémentaires, mais les délégués n’ont pas l’impression d’être entendus. Ils parlent de la pression qui découle d’un sous effectif.

Beaucoup plus de pression

« Avant pour dégager un chêne, on mettait environ 20h à 22h/ha, maintenant on nous impose de travailler plus rapidement, on en est à 12h/ha et parfois ça peut même descendre à 8h/ha, explique Frédéric Simon. Ils dénoncent la fatigue qui est souvent la cause des accidents qu’ils se passent sur le terrain ou sur la route en rentrant. « Comme il y a de moins en moins de monde, les ouvriers forestiers viennent de plus en plus loin. Ils ont parfois 1h à 1h1/2 de route pour rentrer chez eux après une journée de travail épuisante ».

Une moyenne d’âge de 46 ans

« Il faut aussi tenir compte de la moyenne d’âge qui est de 46 ans, poursuit Gaspard Thierry. C’est beaucoup dans les bois ! Les « vieux tamalous » vont moins vite avec plus de douleurs ». Ils évoquent les accidents de bucheronnage en augmentation et les suicides (27 en France dont 4 en Lorraine). Ils demandent la retraite à 55 ans. Pour l’instant dès 57 ans, ils peuvent travailler à 70% du temps avec un complément de salaire, à 59 ans , ils passent à 60% dans les mêmes conditions et la dernière année, ils ne travaillent qu’à 50%.

Les agences de travaux doivent être rentables

Les ouvriers forestiers ne sont pas fonctionnaires. Ils sont embauchés par les Agences de travaux de Lorraine pour effectuer les tâches des marchés privés de l’ONF. « On connait cette situation depuis la création des agences de travaux car il faut équilibrer les  comptes. Donc, l’agence estime le nombre d’ouvriers forestiers qu’elle peut mettre sur les marchés. En 2014, le budget permettait 428 équivalents temps plein (ETP). L’agence en a contractualisé 423. Il manquait donc 5 ouvriers par rapport aux objectifs dont 4 sur les Vosges, alors que c’est le territoire le plus boisé !« .

De 56 à 45 ouvriers forestiers en 5 ans

Sur le secteur Vosges Montagne (secteur Saint-Dié-Remiremont), de 56 ETP en 2010, les ouvriers forestiers sont passés à 45 en 2015, apprentis compris, pour 100 000 ha de forêt à gérer. « Il faut travailler toujours plus vite avec moins de monde », témoigne Stéphane Drillon. Par exemple, en ce moment, nous sommes 3 à travailler pour replanter 25 000 plants et quelqu’un qui en fait 300/jour travaille bien ! ».

Le manque de réactivité entraîne la perte de marchés

Donc les chantiers ont tendance à traîner plus que la normale pour tout ce qui n’est pas une urgence et les collectivités ou les chasseurs insatisfaits contractualisent avec des entreprises privées. « Et quand on demande des postes, on nous répond qu’il n’y a pas de travail ! ».

L’atelier délocalisé

Il est question également de transférer l’atelier qui se trouve à Saint-Michel-sur-Meurthe et fabrique du mobilier bois, des poubelles, des panneaux, …, sur le site des anciennes tréfilerie de Conflandey à Xertigny dans le cadre du projet Terre de Hêtre.  Pour les délégués, c’est une aberration. « Ici, ils ont un loyer de 450€, là-bas, ce sera 3000€/mois et les gars qui habitent presque tous à Saint-Michel-sur Meurthe, auront 3h de trajet par jour ! Alors qu’on sait que le thermochauffage ne fonctionne pas avec le hêtre qui est trop nerveux et éclate sous le traitement. Ils feront donc le même travail ! »

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