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Commémoration et hommage aux victimes – « J’ai juré de ne jamais me taire quand des gens sont persécutés »

Ce matin, les Vosgiens rendaient hommage aux victimes de la rafle du Vél d’Hiv et de l’attentat de Nice, associant ces drames de la folie criminelle, cette souffrance et ce désarroi face à l’horreur, ces questionnements incessants : mais pourquoi ? Comment bascule-t-on ? Comment travailler à éviter que ça ne se reproduise ?

À l’aube du 16 juillet 1942, débute à Paris la rafle du Vél d’Hiv. Plus 13 000 personnes sont appréhendées par la police française les 16 et 17 juillet 1942, parmi elles 4.000 enfants de moins de 16 ans ! Les couples sans enfants sont convoyés vers le camp de Drancy, au nord de Paris. Les familles avec enfants sont dirigées vers le Vélodrome d’Hiver, dans le XVe arrondissement de Paris.

13 000 personnes dans la rafle du Vel d’Hiv

Plus de 8.000 personnes dont une majorité d’enfants vont s’y entasser pendant plusieurs jours dans des conditions sordides : pas de couchage, ni nourriture, ni eau potable, avec un éclairage violent jour et nuit, au milieu des cris et des appels de haut-parleurs. 74 trains partiront vers Auschwitz. 76 000 déportés juifs de France n’en reviendront pas. Cette rafle fait réagir l’opinion française, jusque-là massivement attentiste. Peu à peu, des citoyens basculent dans la Résistance.

Il est dans la nation des moments qui blessent la mémoire

En 1995, le Président Jacques Chirac reconnait que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. « Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français, avoue-t-il. Il est, dans la vie d’une nation, des moments qui blessent la mémoire, et l’idée que l’on se fait de son pays. Ces moments, il est difficile de les évoquer, parce que l’on ne sait pas toujours trouver les mots justes pour rappeler l’horreur, pour dire le chagrin de celles et ceux qui sont marqués à jamais dans leur âme et dans leur chair par le souvenir de ces journées de larmes et de honte ».

Les victimes du terrorisme n’ont pas eu le temps de se demander pourquoi

Ces mots pourraient aujourd’hui s »appliquer aux attentats de l’état islamiste contre la France. « J’ai juré de ne jamais me taire quand des hommes, des femmes et des enfants sont persécutés. Aujourd’hui je suis en deuil, la France est en deuil, déclare Léon  Sibéoni, représentant de la communauté juive. Nous pleurons les innocentes victimes de la bête humaine, qui frappe sous diverses formes. Les victimes de la shoah ont eu le temps de se demander pourquoi, les victimes du terrorisme n’en ont pas eu le temps ! Comprendre, c’est agir !« .

Un challenge de lutter contre les génocides, quels qu’ils soient

Une phrase de la Thora  dit: «N’oublie jamais que tu as été un étranger et un esclave en terre de Pharaon». « Les enfants musulmans sont les enfants de la France, poursuit-il. Dans une société en manque de sens, en se donnant la mort, les terroristes croient donner un sens à leur existence. A nous de les aider à penser ! C’est un challenge de sauver nos valeurs communes et de lutter efficacement contre ce génocide« . A l’heure où les rescapés sont de moins en moins nombreux, la transmission de la mémoire est plus que jamais un devoir. Nul doute que dans l’esprit des gens présent le passé et le présent sont liés et l’hommage n’en est que plus poignant !

 

 

 

B.Boulay

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