Disparition de Laetitia Delecluze – Le parquet s’oriente vers un homicide

Laetitia Delecluse, 38 ans, a disparu depuis le 3 septembre de son domicile à Ramonchamp, rue de la filature.  Aujourd’hui, son conjoint, Daniel Rudenko a été placé en garde à vue. Le procureur, Étienne Manteaux, annonce qu’une enquête criminelle est ouverte sous le contrôle de la juge d’instruction, Aurélie Valente. Pour l’instant, le prévenu n’a fait aucun aveu. D’importantes investigations sont menées dans son logement pour tenter de trouver des indices.

Depuis 3 semaines, malgré plusieurs opérations de recherche d’ampleur, qui ont mobilisé les forces de l’ordre, Laetitia Delecluse n’a pas été retrouvée.

Enquête d’homicide volontaire

« Les investigations rigoureuses qui ont été menées, ont permis d’éliminer au fur et à mesure les différentes hypothèses, suicide, disparition volontaire, randonnée qui ait mal tourné, …, précise le procureur. Il n’y a aucun mouvement bancaire, aucune utilisation de son téléphone depuis 3 semaines et les explications de son compagnon sont trop peu crédibles. Nous abandonnons l’hypothèse d’une disparition, pour nous orienter vers une recherche d’ homicide volontaire ». Un responsable SNCF disait l’avoir aperçue, mais la vidéo a permis de montrer que c’était simplement quelqu’un qui lui ressemblait.

Des éléments troublants

Le conjoint arrêté, a fait valoir son droit au silence. Mais il y a des éléments troublants. Ses différentes versions ne coïncident pas. « Il a été entendu comme témoin, mais nous savons qu’il a menti », assure Étienne Manteaux, avant de noter que les mémoires des téléphones de Mr et Mme ont été purgées au même moment, même date et même heure à quelques minutes près. Il semblerait également qu’il ait semé le doute avec de faux Sms qu’il a certainement envoyés lui-même.

L’alerte donnée très vite du travail

Laetitia Delecluse avait annoncé qu’elle partait et qu’elle avait contracté un bail pour un logement. La voiture était devant la maison. Donc elle était revenue de son travail. Elle est aide soignante à l’EHPAD Saint Maurice et c’est une salariée, une collègue, qui a donné l’alerte dès 9h15, inquiète de ne pas la voir à son poste à 8h30. C’était quelqu’un de sérieux et rigoureux.

Du mal avec l’idée de la séparation

L’enquête n’a pas révélé d’amant, et il semble même que Laetitia Delecluse se projetait dans l’avenir et n’ait aucune intention suicidaire. Par contre, le papa est très attaché à ses deux petites filles de 7 et 9 ans et il devait très mal vivre la perspective de la séparation. Il aurait également vécu des séparations douloureuses, étant enfant.

Investigation éducative en août

Un autre élément entre en ligne de compte. Une mesure d’investigation éducative a été prise le 14 août 2014, parce qu’une des filles avait perdu connaissance après avoir ingéré un mélange d’anxyolitiques, donnés à son père en traitement. Le papa accusait sa femme de négligence, alors que la maman ne comprenait pas ce qui s’était passé. L’hypothèse est que le père voulait faire accuser la mère d’incapacité éducative pour obtenir la garde de ses filles lors de la séparation.

Trouver des indices

C’est cette situation qui a tout de suite amené sa collègue à donner l’alerte. Pour l’instant, une équipe de techniciens d’investigation criminelle est à l’affût de tout indice ou trace dans son logement et alentours. Pour le parquet, elle est morte.

« Sans corps, ce sera complexe. » conclut-il. Il semble cependant qu’un corps ait été trouvé dans la cave, mais aucune information officielle n’a filtré à ce sujet. Les petites filles ont été placées en foyer.

 

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