Épinal – Pour Rémi Fraisse, Contre les projets inutiles et imposés !

 Ils étaient environ 80 à rendre hommage à Rémi Fraisse, comme opposant pacifiste et porteur d’autres choix. Le Collectif contre les grands projets inutiles et imposés proteste contre ces projets qui détruisent les ressources et que l’État essaie d’imposer. Ce n’est pas une fatalité ! Pour eux, c’est évident, il y a d’autres choix !

Attac, Sortir du Nucléaire, Vosges nature environnement, la Confédération paysanne, les Anti-Bure, la CGT, le Parti de gauche, le NPA, le PCF, EELV et le Comité vosgien de soutien à la lutte de Notre-Dame des Landes … tous ceux qui défendent un avenir à une échelle plus modeste, mais plus proche et moins destructrice, sont là ce matin place des Vosges. Ils rendent hommage à Rémi Fraisse, jeune homme de 21 ans qui a été tué le 25 octobre lors du rassemblement des opposés au barrage de Sivens. Ils refusent que des combats pacifiques soient endeuillés par la mort d’un militant. « Pour s’imposer, l’État doit-il tuer ? », interrogent-ils.

Pas une fatalité !

Les membres de Vosges nature environnement arbore une petite renoncule rare à feuilles ophioglosses, fleur à laquelle Rémi Fraisse s’intéressait. Il défendait la biodiversité et … la non violence. « Nous nous associons à la tristesse provoquée par la mort de Rémi Fraisse, mais pour nous, ce barrage n’est pas une fatalité, témoigne Dominique Barad, porte-parole de la Confédération paysanne. On nous dit que les paysans ont besoin de cette irrigation, mais on accapare les ressources pour une minorité. L’agronomie peut être autre chose. On peut travailler la terre autrement.

De quel coté est la violence ?

« Les politiques agricoles s’orientent vers une agriculture industrielle. les aides se concentrent sur ces gros projets. Mais on peut penser l’avenir autrement. En tout cas, quand les membres de la confédération paysanne dénoncent un projet, ils ne le font jamais dans la violence. On nous traite de Djihadistes verts, mais aujourd’hui, on peut s’interroger : où est la violence ?« .

Des milliers de morts à cause du nucléaire

Jean-Luc Melin évoque les morts par milliers des liquidateurs ou des soldats exposés aux rayonnements, lors des essais ou des accidents nucléaires. Pour lui et les militants du Collectif sortir du nucléaire, le laboratoire de Bure ou l’EPR sont des projets inutiles, qui ont des coûts énormes ! « Des dérapages ! ».

Quelque chose de pourri au royaume de France

C’est en tant que citoyen que Christophe intervient, inspiré par Hélène Duffau (blogueuse Médiapart)  : « Il y a quelque chose de pourri au royaume de France quand, pendant 3 ans, un collectif de sauvegarde demande une discussion sur le sujet controversé d’un projet de barrage, sans jamais obtenir la moindre audience,  quand un conseil général décrète le lancement de travaux alors que des décisions de justice sont en instance. Pourri, quand ces institutions continuent d’ignorer l’appel de citoyens dont les démonstrations seront confirmées, trois ans plus tard, après l’étude qu’une ministre aura enfin diligentée. Pourri, quand on s’aperçoit que les études d’impact, sur lesquelles sont basées les décisions politiques, sont « bidonnées ».

Saccages en série pour l’intérêt de tous ?

« Quelque chose de pourri, quand les ordres sont donnés à des escouades de gendarmes, de gazer, d’humilier des opposants, pacifiques, non protégés. Quelque chose d’indécent quand des hommes doivent mettre leur vie en danger et entamer une grève de la faim pour être enfin écoutés, et qu’ils sont « moqués » par le président du conseil général du Tarn. Il y a quelque chose de pourri, quand il faut un drame pour que les grands médias s’intéressent à une lutte écologique et sociale, en occultant l’utilisation de l’argent public au profit d’intérêts privés, la construction de grands projets inutiles imposés aux populations, les conflits d’intérêts, le saccage des biens communs, de la biodiversité et des espaces agricoles« .

Démocratie dévoyée

« La mort de Rémi est un des signes d’une démocratie dévoyée. Glisser un bulletin dans l’urne tous les 5 ans ne nous suffira jamais ! Les citoyens veulent participer aux prises de décisions qui les concernent. Réclamons ensemble une démocratie réelle !« .

Zone à défendre

Partout, il y a des zone à défendre (ZAD). « A chaque problème, on invente une soi-disant solution. D’un coté on saccage, de l’autre, on compense, mais ce qui est détruit ne repoussera pas de la même manière ailleurs, c’est un leurre ! « , déplore encore un militant. On parle destruction, violences, opposition, et si on parlait évolution ? Olivier propose un hymne à l’évolution, où les mots clé sont fraternité, liberté, égalité. Un chant de rassemblement pour d’autres choix.

 

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