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Épinal – Les habitants disent Non à la fermeture de leur bureau de poste !

Ce matin, ils étaient environ 70 mobilisés devant le Casino pour sauver leur bureau de poste. « On ne peut pas cautionner la fermeture« , affirment les manifestants. La pétition lancée a déjà plus de 2500 signatures et les habitants continuent de signer.  « C’est la première mobilisation sur le terrain, mais il y en aura d’autres ! » promettent-ils.

« On pense aux personnes âgées, aux personnes qui ont peu de ressources, aux familles qui devront prendre le bus et payer pour aller dans un autre bureau », s’insurge Barbara. « Surtout qu’ici, il y a toujours du monde. On doit faire la queue ! », poursuit son voisin. « On y trouve la convivialité, proteste Dominique. C’est notre banque ! S’il faut aller en ville, payer le bus ou le parcmètre, c’est une contrainte supplémentaire décourageante ».

Juste un transfert d’après la Poste

« Mais on ne ferme pas le bureau de poste, insiste Sylvia Pennino, chargée de communication pour La Poste, on le transfère et on le transforme en point poste. On pourra y faire toutes les opérations essentielles, tirer de l’argent jusqu’à 150€ par jour, envoyer un courrier ou des colis, acheter des timbres, faire des envois recommandés remise de lettres en instance et opérations simples de versement sur livret A et CCP ». Le bureau de poste ne semble pas en déficit, même si Sylvia Pennino, nous confirme qu’il y a eu une baisse de fréquentation du bureau passant de 150 personnes par jour à 120 personnes par jour.

La colère et l’incompréhension grondent !

« Le tabac n’est pas un environnement agréable, protestent Dominique et Laurent. Je n’irai pas ! ». La colère gronde. Il y a une incompréhension. « Il faut renationaliser le service public, lui redonner des lettres de noblesse, mais aujourd’hui la Poste n’a jamais été aussi éloigné de nous, contrairement à son slogan ». « Si on choisit ce bureau-là, c’est parce que c’est un quartier pauvre. Il n’y a pas assez d’opérations qui rapportent », analyse Jules Fetet, qui a vu son contrat écourté d’une semaine quand il a lancé la pétition. Autre contestation, que le Relais Poste ait été attribué avant que l’appel d’offres n’aie été lancé.

Pourquoi la ville cautionne-t-elle cette fermeture ?

« Et les envois d’argent à l’étranger et l’opposition à une carte, est-ce possible au Relais Poste ? », insiste Jean-Claude Lacour, Parti communiste- Front de Gauche et seul conseiller municipal qui ait voté contre cette transformation de bureau de Poste en Relais Poste au bureau de tabac. Pour ça, il faudra aller en ville ou faire l’opération par le net. « Si La Poste impose à la ville une réduction des bureaux de Poste, le maire peut en prendre acte, mais en aucun cas soutenir le projet, s’insurge Laurent. Or le conseil municipal a voté le transfert et un seul conseiller s’y est opposé, c’est une honte ! Comment un maire peut-il cautionner la suppression de services ? ». Une position partagée par les manifestants.

Une amplitude d’ouverture élargie

Un choix qu’assume le maire, Michel Heinrich. Pour lui, ce transfert ne cause aucune dégradations du service, au contraire ! Il va offrir pour les opérations courantes, une amplitude horaire supplémentaire de 36h à 69h. « C’est donc un service amélioré, argumente-t-il. La confidentialité des opérations courrier est prévue dans la Convention de Partenariats signée entre La Poste, le Partenaire et ses éventuels employés ce qui devrait être de nature à rassurer les usagers pour toutes les opérations confidentielles confiées à ce service, précise le maire. Et les opérations financières peuvent se faire à distance sur le net ou par un appel au 3639 qui permet d’avoir un conseiller ».

Plus de présence, moins de bureaux

Sa position se situe dans la mouvance parlementaire qui veut modifier l’organisation de La Poste « pour lui offrir plus de souplesse ». « L’une des voies d’avenir pour la présence postale notamment en milieu rural est le développement de franchises avec les commerces mais aussi, par exemple, des professions indépendantes telles que les agents généraux d’assurance » (proposition de loi de Gérard Le Cam sur la préservation des services de proximité en zone rurale). Ils se référent à la transformation récente des réseaux allemands, ou britannique, vers un repositionnement, via les franchises, sur les zones de chalandise. La poste irlandaise a également conquis des positions dans certains sites touristiques.

 

 

 

B.Boulay

Journaliste, c'est mon job ! J'aime les rencontres qu'il suscite, la diversité des milieux où il nous mène, les enjeux qu'il explore. J'apprécie le jeu de fil de fériste de l'éthique, qui parfois nous complique bien la vie... Après plus de 15 ans d’actualités locales, ACTU 88 est né. L’essentiel en toute simplicité. ACTU 88, c’est un journal indépendant, une aventure, un regard. C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui donnent du sens à des projets. C’est la vie d’un territoire face aux enjeux de l’avenir. Faites-en un favori et contactez-moi ! ACTU 88 sera ce que vous en ferez ...

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