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Forum CCI – L’incontournable digitalisation qui titille les entreprises !

Une table ronde d’entrepreneurs vosgiens pour poser la question de la digitalisation des entreprises suivie d’un tour de « passe passe » d’Adrien Aumont, le co-fondateur de KissKissBankBank, 1ère plateforme de crowdfunding européenne et 3e mondiale. Il parie sur les réseaux pour faire monter la mayonnaise !

« On digitalise des tas de données, mais ces données, comment les transforme-t-on pour améliorer le fonctionnement de l’entreprise, c’est ça la vraie question », lance José Levicès, PDG de MVS à Sainte-Marguerite, qui développe des systèmes éditoriaux et des solutions de gestion informatique. « Pourquoi la France est-elle un des derniers pays au niveau de l’équipement robotique ? » interroge Philippe Mougel, PDG MA industrie à Saint-Étienne-les-Remiremont.

De la robotique à la cobotique

Aujourd’hui, la robotique est dépassée, on parle de « Cobotique », c’est à dire des robots intelligents capables de travailler avec l’homme. Ils assurent les tâches répétitives, contraignantes et fatigantes. « En France, aujourd’hui, on travaille sur de plus petites séries personnalisées, du sur-mesure. Il faut être très réactif et les clients sont de plus en plus exigeants. Ce qui oblige à revoir l’organisation des usines pour plus de performance et de flexibilité », analyse José Levicès.

La connectivité fait gagner du chiffre d’affaires

La connectivité et la cobotique permettent cette efficience. José Levicès cite l’exemple de Gantois qui travaille encore avec de vieux métiers à tisser. Pour obtenir cette automatisation sans changer les métiers, ce qui coûterait trop cher, MVS a concu un système qui permet une gestion automatisée à partir de ces vieux métiers. Et cette connectivité a fait gagner 500k€ de trésorerie au chef d’entreprise, ce n’est pas négligeable !

Pepper doit encore faire quelques progrès

Guy Bertrand, concession Renault, présente son robot humanoïde Pepper, qui évolue et s’adapte en fonction des comportements des hommes pour qui il travaille. Il fait de l’accueil, informe, distrait les clients et leur propose des selfies, mais il demande un programme bien réfléchi et Pepper sur le forum, avait quelques difficultés à suivre ce qu’on attendait de lui !

On pilote les machines de son smartphone

Alors oui, aujourd’hui il faut être connecté, mais ça change complètement l’organisation et la façon de travailler. On pilote les machines de sa tablette ou de son smartphone. Ce qui déroute encore les entreprises, les oblige à déplacer leurs priorités. Mais pour avancer, il faudrait aussi que tous les employés maîtrisent le système informatique et que le département soit équipé en fibre.

Un équipement haut débit qui n’est pas égalitaire

La région annonce un début du déploiement en 2019 pour 6 à 7 ans. Le département  prend le relais sur les zones délaissées. « Nous avons déterminé pour la Région quelles communes étaient prioritaires« , précise Véronique Marcot, vice-présidente du Conseil départemental. Parallèlement à l’arrivée de la fibre optique, le département complète en installant des points de raccordement mutualisés. « On en est à 53 sur 97 « .

Beaucoup d’incohérences

« Mais le système a bien des incohérences », pointe Michel Heinrich qui regrette la double couverture d’Épinal en fibre par Orange et Numéricable, alors que des secteurs comme Jeuxey à quelques kilomètres d’Épinal, ne peuvent pas bénéficier de la fibre optique ! « Et même s’il y a effectivement de la fibre partout, les propriétaires n’en laissent pas l’accès facilement », déplore-t-il.

Ni un gadget, ni du superflu !

Pour les entreprises, cette attente d’une couverture efficace est déterminante et tous les secteurs n’ont pas la même chance ! « Remiremont est mal couvert, insiste Philippe Mougel. C’est un véritable problème ! Et on nous annonce 7 à 9 ans de déploiement ? c’est beaucoup trop long ! On essaie de négocier avec Orange mais on ne parle pas le même langage. Le très haut débit, ce n’est pas un gadget, ni du superflu ! … » A l’ère de l’hyper connectivité, sans haut débit, on ne peut tout simplement pas travailler !

Créer sa notoriété sur les réseaux sociaux

Christine Ruyer, conseillère commerciale chez Gestra à Raon l’Etape, en témoigne. Depuis l’intervention d’un conseiller en marketing pour gérer un nouveau site et le référencer de manière performante, le chiffre d’affaires est en constante progression. Et Franck Krémer, Community manager, fondateur de lelorrain.fr à Belmont-sur-Buttant, confirme l’importance de faire vivre les réseaux pour créer son image. « C’est l’interaction qui fait votre visibilité ».

Entraide et collaborations

L’entreprise de demain sera digitale, c’est une évidence, mais les entreprises vont-elles arriver à suivre cette nouvelle façon de voir le travail, qui revisite les collaborations, surfe sur les réseaux, les communautés proches et les solidarités ? Adrien Aumont, 32 ans, y évolue comme un poisson dans l’eau. Il a à son actif 2 autres sociétés « Hellomerci, qui permet de solliciter un financement auprès de sa communauté proche avec des prêts à taux zéro et Lendopolis, une plateforme de cowdlending (prêt participatif) pour les TPE et PME ».

Donner de l’ampleur à ce qui existait

Sa vision de la société repose sur l’entraide, la collaboration, l’intelligence collective. « Ma mère n’a rien compris à ce que je faisais et ma grand-mère m’a dit que je n’avais rien inventé. Elle a raison ! J’ai juste utilisé de nouveaux outils pour donner de l’ampleur à ce qui existait déjà à une toute petite échelle ».

Les rapports de force sont modifiés

« C’est une histoire de culture, pas d’outils, poursuit-il. Les outils n’ont jamais été aussi simples, il y a des tutoriels pour chaque étape, mais si vous n’y voyez pas d’utilité, vous ne ferez jamais l’effort de voir comment ça marche. Il faut s’amuser avec ces outils, mais il ne faut pas perdre de vue que les rapports de force sont en train d’être modifiés. Les règles du jeu changent. C’est pour ça qu’il est si important de comprendre le monde dans lequel on vit« .

Incontournable Facebook !

Pour recruter, Adrien Aumont ne lit plus de CV, ne recourt plus aux chasseurs de tête. Il va voir sur Facebook si la personne repérée et recommandée par sa communauté a des points communs avec l’entreprise. Il envisage de faire moins travailler son équipe, parce que le temps libéré est un temps d’ouverture qui profite à l’entreprise. Donc plus d’optimisation du temps et moins de présence réelle.

En apprentissage continu

« On est en apprentissage continu, en ouverture. On a inversé la transmission du savoir. Ce sont les jeunes qui apprennent aux plus âgés et l’entreprise fonctionne en transversalité. On travaille avec des post-it partout, on est entré dans l’ère de la conversation plus que de la communication et les web développeurs ont une place privilégiée à la fois parce que tout dépend d’eux, mais surtout parce qu’ils ont une autre façon d’aborder les choses. Ils passent leur temps à résoudre des problèmes et à trouver des solutions« .

 

B.Boulay

Journaliste, c'est mon job ! J'aime les rencontres qu'il suscite, la diversité des milieux où il nous mène, les enjeux qu'il explore. J'apprécie le jeu de fil de fériste de l'éthique, qui parfois nous complique bien la vie... Après plus de 15 ans d’actualités locales, ACTU 88 est né. L’essentiel en toute simplicité. ACTU 88, c’est un journal indépendant, une aventure, un regard. C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui donnent du sens à des projets. C’est la vie d’un territoire face aux enjeux de l’avenir. Faites-en un favori et contactez-moi ! ACTU 88 sera ce que vous en ferez ...

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