Imaginales – Stefan Platteau, une palette de nuances pour explorer la boite de pandore

Stéfan Platteau est le Coup de coeur des Imaginales 2016. Il avait déjà séduit en 2015, puisque le 1er roman de sa trilogie avait alors reçu le prix des Imaginales 2015. Il confirme les espérances avec le 2e roman. Lors de ces Imaginales, il a fallu l’arracher à ses lecteurs pour gagner une interview !

Bien sûr, Stéfan Platteau, auteur Belge, raconte des histoires depuis son enfance. « L’écriture, ça peut émerger à un moment de la vie, mais ça couve bien plus longtemps  que ça, c‘est un peu comme si c’était ancré en soi, remarque-t-il. J’ai cette chance de pouvoir emmener des gens avec moi dans un monde imaginaire. Comme si j’avais découvert l’armoire de Narnia et que j’y entrainais mes lecteurs. La littérature est très « exploratoire ». C’est un plaisir beaucoup plus grand, quand il est partagé« .

Des personnages qui ont une humanité

Mais il lui faut créer des personnages qui porte la cause de l’humanité, avec en profondeur la complexité des sentiments, des contradictions,  » leurs forces et leurs faiblesses, leurs fissures et leurs rêves » et les choix qui en découlent.  Il lui faut de l’émotion, du dépassement, de la subtilité. Et très souvent, il leur donne une humanité transcendée. Il porte en eux quelque chose de trop fort pour eux, de trop grand qui les dépasse complètement, les blesse, mais les oblige aussi à sortir d’eux mêmes.

Une portée philosophique aussi

Pour lui, un roman réussi n’utilise pas seulement le ressort de l’action, il doit également y ajouter une portée philosophique. « Avec la Fantasy, on peut parler d’humains qui se heurtent à leur limites, à leurs doutes et les rendre émouvants, attachants ».  Stéfan Platteau parle de cette femme de son premier roman, qui s’est mise à parler avec sérénité de sa mort prochaine, avec un regard lucide, une perception du monde qui dépassait de loin sa petite personne.  Un personnage qui lui a échappé… « On ne parle plus de la mort de nos jours. Elle est perçue comme une rupture insupportable ». Ses voyages en Afrique et en Inde, lui ont offert la croyance des chamanes et un autre rapport à la mort.

La relation paternelle interroge

Stefan Platteau parle également d’un père qui se transforme en ogre suite à l’influence d’une planète néfaste et trop brillante. Elle réveille ses pulsions primitives. « L’ogre interroge, explique-t-il. Il ne transmet pas de message. Il pose les questions. L’homme met au monde, il peut avoir une pulsion pour reprendre. Ça peut être compris comme un échec de la paternité. On peut y voir la question du pouvoir, de la toute puissance, de la concurrence ou encore de l’écologie. On consomme tellement sans mesure qu’il ne restera plus rien à nos enfants. Un dialogue s’établit avec l’ogre« . Tous les questionnements sont ouverts.

Un tournant

« On vit sur l’illusion d’une croissance infinie, poursuit Stefan Platteau. J’ai le sentiment qu’on est à un tournant où la terre pourrait bien s’effondrer et il va falloir apprendre à définir des objectifs communs, trouver ensemble des façons de gérer des ressources. Il y a des signes avant coureurs, un frémissement d’une prise de conscience, mais il y a aussi parallèlement l’activation des mouvements extrémistes ». Peut-être un futur sujet …

Fantaisie intergénérationnelle

En tout cas, il confirme avec enthousiasme que les Imaginales sont le plus beau Festival pour la Fantaisie avec Troll et légende en Belgique. « On y trouve toutes les pointures du genre », apprécie-t-il, et certainement aussi les futures pointures ! Quant à la rencontre avec les lecteurs, c’est un vrai plaisir ! « Le sentier des astres est une Saga à l’intrigue complex, commente-t-il, et pourtant j’ai vu des lecteur de 11 et 12 ans comme des personnes de 60 ans ou des femmes. La fantaisie est un genre qui devient vraiment intergénérationnel. C’est un style qui touche tout le monde. C’est attractif et ça fait rêver ».

Ça devient puissant…

« On peut parler de sujet complexe comme l’excision qui ferait reculer tout le monde, alors qu’avec l’histoire d’une sorcière africaine qui a le pouvoir de faire repousser le clitoris, ça devient puissant. On peut aborder une grande cause avec du rêve et de la détente ».

 

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