Justice – Prison ferme pour les 8 Good Year, une déclaration de guerre contre les syndicalistes ?

Neuf mois de prison ferme contre 8 syndicalistes de Good Year. C’est tombé ce 12 janvier. Une première dans le droit français, qui laisse abasourdi. Serait-ce une déclaration de guerre ? En est-on là ?

Les 8 syndicalistes de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord ont été condamnés mardi à une peine inédite. Ils avaient séquestré durant 30h les 6 et 7 février 2014, 2 cadres, le directeur des ressources humaines et le directeur de production. Les violences évoquées au cours du procès faisaient état d’une oreille tirée, mais ce traitement avait été ressenti comme « particulièrement humiliant » par l’un des cadres. Le directeur de production avait reconnu qu’il n’y avait « pas eu de comportement qui ait porté atteinte à leur intégrité physique ».

9 mois de prison ferme !

La condamnation à deux ans de prison, dont neuf mois fermes aménageables fait réagir. S’il y a déjà eu condamnation, il n’y avait jamais eu de peines de  prison ferme ! Pour les syndicats, ça sonne comme une déclaration de guerre … une intimidation contre les salariés qui défendent leurs droits. Une façon de placer l’épée de Damoclès de la justice au-dessus de leur tête. Mais est-ce que ça a déjà fait reculer des militants exaspérés, désespérés ?

La même intransigeance pour les patrons voyous

Si certains débordements peuvent être sanctionnés, que l’on prenne aussi en compte la violence que l’on impose aux salariés quand on leur annonce que dans un mois, ils n’auront plus d’emploi, juste parce que le groupe veut augmenter ses profits.  Cette violence faite au salarié qui ne retrouvera pas de travail avant 6 mois- un an dans le meilleur des cas, qui n’aura plus de statut social, plus de reconnaissance, plus de quoi se distraire et tout juste de quoi nourrir sa famille. Cette réalité-là, n’est-ce pas une violence  tout aussi condamnable parce qu’elle dure ? Yann Galut, député socialiste,  réclame la même intransigeance avec les patrons voyous.

Appel à la mobilisation pour la justice sociale lors de l’appel

La Gauche évidemment ne comprend pas cette atteinte aux droits du salarié. Pour elle, c’est une « criminalisation scandaleuse » des militants qui luttent juste contre « l’injustice et le mépris du système », comme l’exprime Benjamin Lucas, président des jeunes socialistes. Les syndicalistes vont faire appel. Et déjà, Mickaël Wamen, le leader syndical CGT Goodyear,  appelle « l’ensemble des salariés du pays, tous ceux qui pensent que la justice sociale est importante, à une mobilisation d’ampleur hors norme le jour de l’appel ». La guerre serait-elle déclarée ? Y a le feu au pneu …

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