La Bresse – Des pensions et des hommes …

La hausse du prix de journée du nouvel l’EHPAD « La Clairie » passe mal auprès des résidents et des familles. Le conseil départemental et la mairie organisaient hier soir, une réunion publique pour en parler. Environ 65 personnes y étaient.

« Le problème n’est pas ce qui va ou ne va pas, c’est l’augmentation du prix de journée ! », annonce Dominique Humbert, qui a 3 personnes de sa famille hébergées à la résidence. Ce qui nous gêne, c’est la logique purement comptable qui prévaut pour cette décision. Nous parlons de nos aînés, d’êtres humains, envers qui nous avons un devoir de solidarité ! ».« Comment fait-on pour payer 1400€ quand on en a seulement 720€ ? », interroge une résidente, désappointée.

Nous ne voulons pas de cette augmentation !

« Le conseil général a exercé une forte pression pour faire accepter cette augmentation, déplore Annie Aucante, représentante des familles des résidents. C’est difficile de résister à une telle institution. Nous sommes là parce que nous ne voulons pas de cette augmentation ! Il y a  d’autres solutions ». Dominique Humbert évoque des provisions réalisées pour ces travaux et une subvention d’équilibre qui pourrait être versée par la mairie. Il se réfère à un avis de la cour des comptes, rendu dans le Nord. Mais l’EHPAD n’a pas de déficit à combler … Caroline Privat, conseillère départementale chargée de l’autonomie, s’engage à vérifier toute ouverture possible.

Lisser et étaler l’augmentation sur plusieurs années

« S’il y a un déficit, il est systématiquement repris et intégré au budget de l’année suivante, les collectivités doivent présenter des budgets équilibrés », tente d’expliquer Sébastien Lepetit, directeur adjoint du Pôle des solidarités. Difficile de rendre transparente la logique comptable institutionnelle ! Une chose est claire : le choix fait par les élus est de répartir cette augmentation, pour que les personnes âgées ne subissent pas une hausse trop importante d’un seul coup, mais qu’elles en assument une modérée, étalée sur plusieurs années. Et l’année prochaine ? « Impossible de prévoir si EDF va augmenter ses prix ! ». Mais quand il n’y a plus de marge, comment faire ?

Les travaux, c’est payer plus

« La provision pour ces travaux a donc été prise en compte, mais elle a été étalée sur 8 ans au lieu de 4 ans », explique Caroline Privat. « Oui mais dans 8 ans, combien de résidents seront encore là ? « , remarque une ancienne conseillère municipale de La Bresse. « On aurait pu ne pas augmenter le prix de journée cette année, mais vous auriez payé 3,37€ l’année prochaine« , insiste la vice présidente. Quand il y a des travaux, il y a un coût à payer« . Pourquoi ne pas augmenter le loyer, pour que l’Allocation pour le logement suive ? Ou faire payer en fonction des ressources...

Des aides sociales pour ceux qui ne peuvent pas payer

« Vous savez en Belgique, le prix de journée est de 700€, mais il faut y ajouter les soins et coûts annexes qui ne sont pas pris en charge, détaille Valérie Bigenho-Poet de l’ARS. en fin de compte, le prix global journalier revient à 1900€. En Allemagne,  c’est 2900€ ». « Votre EHPAD est le moins cher du département, rappelle la conseillère. Au département, nous ne pouvons pas faire plus« . « Et pour ceux qui ne peuvent plus payer ? » risque une résidente. »C’est un problème grave, mais il y a des structures pour vous aider, le Centre communal d’action sociale et la vie sociale », conclut le maire, Hubert Arnould. Une plongée au coeur de la paupérisation ! À quoi servent des EHPAD modernes et confortables, si les résidents n’ont pas les moyens de payer ?

 

 

 

 

 

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