Luc Schuiten – L’utopie à portée de crayon !

Luc Schuiten, parrain de l’édition 2014, parle avec passion d’espaces où l’environnement et le bien-être des hommes, règnent en harmonie. Il s’enflamme pour l’intelligence collective et tient son auditoire en haleine, quand il évoque « le vivant ». La poésie et l’émotion habitent ses projections d’une cité végétale. Un maître pour les Défis du bois.

A table, intarissable, Luc Schuiten décrit le projet de l’association Diogènes pour les SDF à Bruxelles. Il s’agit de chercher de petits terrains pour y construire des habitations tout confort et en hauteur, pour qu’ils aient une vue sur le reste de la ville. »Ils auront ainsi une position dominante et ça inversera les rapports« , souligne-t-il. Des SDF sont intégrés au comité de pilotage, pour que le projet soit adapté à leurs besoins. Simplement humain et généreux.

Réinstaller un rapport à la nature

Luc Schuiten s’élève contre la standardisation, la banalisation des constructions, « les boites dans les boites ». «  La ville s’est construite autour de l’industrie dans un monde minéral. On a perdu le contact à la nature, la relation aux autres. On a oublié la biodiversité« , dénonce-t-il.

De l’émotion et du plaisir

En réponse, il imagine des cités végétales, qui réinstallent cette relation à la nature, réinventent le plaisir d’habiter la ville. Quand il n’y a plus d’espace au sol, il imagine des circulations sur des toitures jardins reliées entre elles par des passerelles . »Chaque lieu doit avoir une réponse qui lui est propre« . Il combine ses plans archiborescents avec le patrimoine existant. Il y met de l’émotion, du plaisir et il ouvre des perspectives.

Retrouver les connexions

« Partout dans le monde, on a ce même hamburger, qui est la mort du goût et des sensations ». Il propose de les exacerber pour retrouver le plaisir des choses naturelles. « Notre monde est déconnecté, il nous faut retrouver les connexions« . L’homme le pressent puisque le lien social revêt une telle importance.

Les défis du bois, l’intelligence collective

Les défis du bois le séduisent. « C’est la créativité à l’état pur, s’enthousiasme-t-il. C’est se surpasser par l’intelligence collective et réaliser ce qu’on n’aurait jamais pu faire tout seul. Le groupe arrive à des résultats qui rayonnent sur les autres. Il y a collectivité d’idées mais aussi collectivité d’expériences ».

Quelques lieux où les choses changent

« On est porté par ça. les architectes et ingénieurs ont bien trop tendance à s’isoler devant leur table. On est dans une société qui additionne les savoirs, plutôt que de les mettre en commun ». Il y a quelques endroits où l’on sent que les choses changent et Épinal en est !

S’ouvrir à d’autres possibles

C’est une opportunité formidable pour ces étudiants. « Ils ne seront plus les mêmes après avoir vécu une expérience aussi forte. c’est s’ouvrir à d’autres possibles et c’est quelque chose dont on sort changé ».

Une réponseIL

La ruelle des Foligneuses peut être une réponse à un monde trop normatif. « La folie échappe à l’aliénation générale. C’est la majorité qui décide qui est fou et qui ne l’est pas. Cette ruelle retrace une nouvelle échelle humaine. Elle n’est pas pour les voitures, elle est pour les gens. Elle impulse une énergie qui va continuer à se développer« .

En mouvement

Luc Schuiten met en mouvement les éléments et d’un coup de crayon, il crée un univers poétique et relationnel, où la nature est le modèle idéal du développement durable. Il anticipe, fait des choix, tolère quelques concessions sans y perdre son âme… et on l’écoute !

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page