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L’UFC-Que choisir Vosges lance un « S-Eau-S » !

Dans le cadre des États Généraux de l’Alimentation, l’UFC-Que Choisir Vosges dresse le bilan catastrophique de décennies d’agriculture productiviste sur la ressource aquatique. L’association réclame une réforme en profondeur de la politique de l’eau en France et la stricte application du principe « préleveur-pollueur-payeur ».

Déjà dénoncé en 2005 par UFC Que choisir dans le cadre de sa campagne « Eau, réconciliation 2015 », le bilan environnemental et économique de la politique de l’eau en France est encore plus désastreux  !

Victimes du principe « pollué-payeur »

La réparation de ces dommages environnementaux est financée en partie par les consommateurs vosgiens (bassin Rhin/Meuse et bassin Rhône/Méditerranée) par leur facture d’eau. 150M€ par an sont prélevés pour le Bassin Rhin/Meuse (133M€ de redevance « pollutions » et 17M€ de redevance « prélèvement »), et 450M€ (370M€ et 81M€) pour le bassin Rhône-Méditerranée-Corse. Pour les deux bassins, le total prélevé est de 601M€ par an.

Les agriculteurs ne paient pas à hauteur de la pollution

« L’agriculture qui est responsable à elle seule de 70 % des pollutions en pesticides, de 75 % des pollutions en nitrates et de la moitié des consommations nettes en eau, ne paie que la plus faible partie de ces sommes, 3 et 4% de la redevance « pollutions » et 48% de la redevance « prélèvement » par bassin. C’est en violation flagrante du principe « préleveur-pollueur-payeur » !  » dénonce  UFC que Choisir. Non seulement cette politique pénalisent les consommateurs, mais surtout, elle n’incite pas l’agriculture intensive à modifier ses pratiques ! ».

Une eau polluée !

« Les pesticides sont désormais massivement présents et dépassent la norme définie pour l’eau potable dans les cours d’eau de la moitié du territoire français et dans le tiers des nappes phréatiques ! S’agissant des nitrates, la proportion des nappes phréatiques fortement contaminées (plus de 40 mg/l) a augmenté de moitié entre 1996 et 2010.  43 % des nappes dépassent désormais la valeur européenne pour l’eau potable ! » accuse encore l’association de consommateurs.

Des pratiques agricoles toujours intensives

Malgré la multiplication des plans promettant une agriculture respectueuse de l’environnement, les données fournies par les professionnels montrent que « les quantités d’engrais à l’origine des nitrates n’ont pas baissé en 20 ans et que l’utilisation des pesticides a même augmenté de 18 % en 5 ans ! »

La politique de l’eau dictée par les intérêts agricoles

Compte tenu du faible nombre de sièges accordés aux ONG et aux associations, les débats des instances locales censées définir la politique de l’eau en région (Agences de l’eau, Comités de bassin et Commissions Locales de l’Eau) sont trop souvent conduits en fonction des intérêts agricoles ou industriels. « Ceci explique que dans 60 % à 80 % des cas les actions décidées au sein de ces structures privilégient des mesures palliatives telles que la dépollution des eaux contaminées, sans oser s’attaquer à l’origine de ces pollutions », pointe UFC Que choisir.

 La goutte d’eau de trop, le PLF 2018

« L’important budget des agences de l’eau fait saliver l’État qui, depuis 2014, réalise chaque année des ponctions présentées comme exceptionnelles. Or la loi de finance 2018 prévoit un prélèvement de 300M€/an, soit 15% du budget prévisionnel des agences de l’eau pour des utilisations sans lien direct avec la gestion de l’eau. On est loin du principe fondateur des agences : « l’eau paye l’eau » ! », s’inquiète encore UFC-Que choisir.

UFC Que choisir réclame une reforme urgente

Alors que des exemples étrangers et nationaux montrent qu’il est possible par une politique de prévention de limiter les dommages environnementaux pour un coût réduit, l’UFC-Que Choisir Vosges se mobilise auprès des pouvoirs publics locaux, maires et parlementaires, pour réclamer une réforme urgente de la politique de l’eau.

4 axes

  • une stricte application du principe « préleveur-pollueur-payeur »,
  • la mise en place de véritables mesures de prévention des pollutions agricoles,
  • une aide à la reconversion vers des cultures moins consommatrices d’eau et de pesticides,
  • l’arrêt des ponctions de l’État sur le budget des agences de l’eau.

Une pétition

L’UFC-Que Choisir Vosges appelle les consommateurs à se mobiliser par le biais de sa pétition « Ressource aquatique –STOP à la gabegie ! » à signer à la permanence locale de l’association ou en ligne.

La pétition en ligne http://ufcqc.link/eau2017

 

B.Boulay

Journaliste, c'est mon job ! J'aime les rencontres qu'il suscite, la diversité des milieux où il nous mène, les enjeux qu'il explore. J'apprécie le jeu de fil de fériste de l'éthique, qui parfois nous complique bien la vie... Après plus de 15 ans d’actualités locales, ACTU 88 est né. L’essentiel en toute simplicité. ACTU 88, c’est un journal indépendant, une aventure, un regard. C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui donnent du sens à des projets. C’est la vie d’un territoire face aux enjeux de l’avenir. Faites-en un favori et contactez-moi ! ACTU 88 sera ce que vous en ferez ...

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