PGM de Xonrupt-Longemer – Sauvetage en Canyon pour rester au top !

Ce matin, le peloton de gendarmerie de montagne de Xonrupt-Longemer était de sortie pour un exercice de sauvetage dans le Canyon du Lac d’Alfeld. ACTU 88 y était.

Malgré le plan secours Montagne mis en place le 1 juillet 2013, qui prévoit des entrainements communs, les sapeurs pompiers n’ont pas pu être présents. (Le plan secours montagne prévoit l’intervention de binômes de 2 gendarmes et 2 sapeurs pompiers avec des moyens mis en commun et bien ciblés).

C’est donc une équipe réduite qui va gérer la situation. « Une équipe de 4 secouristes en canyon, c’est vraiment juste », précise le lieutenant Frédéric Martinez, commandant du PGM de Xonrupt-Longemer.

Hommes araignée

Au dessus du Canyon d’Alfeld, l’adjudant Philippe Rousselot, l’adjudant Fabrice Didier, l’adjudant Michaël Darquy et les gendarmes Julien Schallammer et Lionel Pailler (affecté au PGM au 1er août) sautent dans des combinaisons étanches qui leur permettront d’intervenir aussi longtemps que nécessaire en eau froide. Baudriers bouclés et mousquetons à vis à la ceinture, ils sont prêts  à jouer les araignées !

Un blessé non localisé

L’appel du CODIS signale une victime sur le lac d’Alfeld blessée mais non localisée.

L’adjudant Fabrice Didier prend en charge l’opération. Il sera le COSM (chef des opérations de secours en montagne). Il part avec un secouriste localiser la victime et faire une première analyse de situation.

Tous aptes au commandement d’opérations

« Au niveau du PGM, tous les gendarmes sont habilités à prendre le commandement des secours », précise le Lieutenant Martinez qui supervise l’exercice. L’effectif du peloton spécialisé est de 7 gendarmes, dont un guide de haute montagne, l’adjudant Michaël Darquy. C’est une chance et ils l’apprécient à leur juste valeur !

A la voix, la personne est repérée dans la première partie du Canyon. « C’est un homme de 35 ans. Il est conscient et on suspecte une entorse du genou ».

Dans le canyon

Aussitôt l’information communiquée, le matériel est trié en conséquence et le peloton rôdé se rend à pied d’œuvre. Les secouristes installent un relais qui leur permet de descendre au fond du canyon pour rejoindre la personne à l’endroit de sa chute. L’accès  n’est pas facile. Il faut écarter les branchages et mettre les pieds dans l’eau. Mais la profondeur permet de s’y mouvoir sans risque. La combinaison est la bienvenue car l’eau n’est pas vraiment chaude !

Mise en sécurité et médicalisation

Les sauveteurs mettent en sécurité la victime et font un premier diagnostic. Sa blessure demande une immobilisation. Ils installent la victime sur le brancard et bloquent les attaches car il va falloir la transporter jusqu’à un point plus accessible. Les gestes sont précis et les actions coordonnées. Si le diagnostic avait été plus inquiétant, le peloton aurait pu demander le renfort d’un médecin.

Renfort de l’hélicoptère

Mais la progression dans l’eau est délicate. Il semble risqué de tenter une remontée pédestre. Les sauveteurs vont devoir trouver une plateforme accessible et demander le renfort de l’hélicoptère. Compte-rendu de situation et demande relayée. L’hélicoptère de la gendarmerie de Colmar sera là d’ici 1/2h.

Les premiers sondent la profondeur de l’eau et repèrent le passage. Le débit, la profondeur et les rochers gênent l’avancement du brancard sécurisé.

Tyrolienne

Les gendarmes décident alors d’installer une tyrolienne pour progresser dans la partie étroite du canyon. Il faut faire coulisser le brancard hors de l’eau et le stabiliser de chaque coté par des cordages.

Finalement, la victime est installée sur une petite plateforme,  et le peloton attend l’arrivée de l’hélicoptère. « On appelle d’abord dragon 67, explique le lieutenant Martinez. S ‘il n’est pas libre, on fait appel à l’hélicoptère de la gendarmerie de Colmar ensuite, ce sera Dragon 25, mais contrairement aux 2 précédents, il n’est pas médicalisé »

Descente de « la perche »

Pour ce sauvetage, ce sera l’hélicoptère de la gendarmerie de Colmar.

Le lieutenant Martinez attend l’hélicoptère avec un secouriste qui descendra avec « la perche » (brancard adapté à l’hélitreuillage). Mais une fois au dessus du canyon, l’hélico n’arrive plus à repérer la trouée. Il faudra un calage radio. Les gendarmes le guident.

Helitreuillage pour l’évacuation

En station au dessus des arbres, la manœuvre n’est pas évidente ! Même si elle a été répétée de multiples fois. Le souffle de l’hélico balaie tout sur son passage. Feuillages et branchages volent de tout coté. Le secouriste descend avec la perche, mais il est balancé dans les branchages et doit se frayer un passage. La perche est récupérée et le secouriste à terre. Un autre va remonter avec le brancard.

Une fois attachée au crochet du treuil, il a tendance à vriller. Pour les secouristes, l’exercice n’est jamais évident, car faire la toupie fait perdre ses repères d’équilibre.

En situation sans risques excessifs

Enfin, parvenue à l’hélicoptère, la victime est prise en charge et évacuée vers le Centre hospitalier le plus proche. Pour le PGM, l’hélitreuillage est une phase délicate à laquelle il faut s’exercer le plus souvent possible et rien ne vaut d’être en situation sans prise de risques excessive.

Des hommes formés et en contrôle continu

« Rien n’est jamais acquis, quand on y est, ce n’est pas gagné pour autant, souligne le lieutenant Martinez, il y a un contrôle continu ». Et de poursuivre : « Faire partie du PGM, demande une super condition physique, de la disponibilité, de la motivation et un vrai engouement pour la montagne. Nous avons une équipe hyper motivée et très compétente »

Pour entrer au peloton de montagne, il y a 2 parcours, soit suivre tous les stages, soit arriver avec une spécialité comme guide de haute montagne par exemple. Il suffira alors de suivre les modules complémentaires.

CEM et DQTM

La première étape est le certificat élémentaire de montagne qui s’obtient après 2 stages de 15 jours en montagne, un en été et un en hiver, pour faire le tour des conditions d’intervention.

La 2e étape passe par le diplôme de qualification technique de montagne, qui demande de pouvoir présenter une liste de courses en montagne en neige, en glace et en rochers.

Ce diplôme permet d’être leader d’une cordée. A cette compétence s’ajoute un stage d’une semaine sur les secours.

PGM et PGHM

Pour en faire une spécialité, il faudra suivre une formation par modules sur un an avec du judiciaire, de l’alpinisme et des secours. Pour être breveté, il faut réussir tous ses modules.

En fonction de ses résultats, le gendarme pourra choisir son affectation. Les plus performants en haute montagne rejoignent le PGHM.

Il est possible ensuite d’y ajouter d’autres spécialités comme moniteur de ski, canyon, alpinisme ou spéléo.

 

 

 

 

 

 

 

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