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Saint Amé – Les familles de la rue des Roches se plaignent, c’est invivable !

Les portes qui claquent à minuit à faire trembler les murs, les mobylettes plein gaz, les insultes, les règlements de comptes, les voitures rayées, les familles de la rue des Roches n’en peuvent plus. Ils ne dorment plus, n’osent pas laisser sortir les enfants, se battent contre les cafards, les locataires de la rue des Roches ne pensent qu’à une chose : retrouver le calme !

Virginie Degras, son compagnon et leurs 4 enfants ont dû emménager dans un appartement de la rue des Roches. Après voir essayé de faire construire et avoir été escroqués, ils n’ont pas eu d’autre choix que de rejoindre la rue des Roches.

80m2 pour 6 personnes

Leur maison n’était pas considérée comme sécurisée du fait des malfaçons cumulées. Alors en attendant, ils se sont entassés dans un appartement de 80m2 à 6 avec une cuisine qui ressemble à un mouchoir de poche. « La cuisine est tellement petite qu’on ne peut même pas sortir nos robots ménagers ! ».

Des caves pleines de poubelles et une épave sur le parking

Pour entrer dans l’appartement, il a déjà fallu commencer par faire déblayer la cave qui était pleine. Une opération anti parasites (cafards ) venait juste d’être effectuée. Virginie Degras a dû également réclamer un bac à poubelles auprès de la mairie et demandé que les épaves de voiture qui restent sur le parking puissent être enlevées. L’une l’a été, mais l’autre est toujours au coin de l’immeuble avec le risque que ça comporte pour les enfants !

Doit-on attendre d’avoir des rats partout ?

« Quand j’appelle le Toit vosgien pour des interventions dans le logement, ils sont toujours venus, mais pour les caves pleines de détritus, on me dit que c’est une partie privée et qu’il faut l’accord des locataires, mais ce sont des poubelles, doit-on attendre d’avoir des rats partout, et je ne sais quelles bactéries ? » proteste cette mère de famille.

Ici, mes enfants sont beaucoup plus en danger !

« On a de jeunes enfants. Un tel environnement n’est pas hygiénique et comporte des risques. On m’a interdit d’habiter dans ma maison à cause des malfaçons, mais ici, c’est possible alors qu’on vient de faire un déparasitage et qu’il y a des poubelles abandonnées plein le sous-sol,  sans oublier les joints et les canettes !« . Elle a 4 enfants au foyer entre 19 mois et 13 ans.

Les scooters pétaradent jusque 23h30

Mais à cette exaspération s’ajoutent un cumul de nuisances qui leur rend la vie insupportable. « Les scooters pétaradent toute la journée et souvent également entre 20h et 23h30, surtout quand les filles sont présentes », renchérit un père de famille. Ils montent même sur les toits, jettent leurs déchets et leurs canettes par terre. Moi je cherche à déménager aussi, parce que ce n’est plus tenable. Les enfants ne sont pas en sécurité. J’ai essayé d’appeler la police quand il y avait trop de bazar, mais un des jeunes fait le guet et quand la police arrive, elle ne trouve plus rien ». Samedi, un enfant a été quand même été renversé par un scooter, le Samu est intervenu.

On ne dort plus !

« On ne dort plus depuis qu’on est ici, poursuit Virginie Degras. Les portes claquent jusque dans la nuit. La petite se réveille tout le temps en sursaut. Elle a 19 mois. Du coup, elle est grognon. Mon conjoint part sur les chantiers en n’ayant dormi que quelques heures. Un de ces jours, il va péter les plombs. Les jeunes, eux, dorment jusqu’à midi, puis ils fument des joints. Ils insultent les gens après qui ils en ont et ils ont même suivi une dame sur son lieu de travail ! Elle est en train de déménager ».

On est impuissant

Marcelle André, maire de Saint-Amé connait le problème. « Il y a 2 familles qui ont des comportements complètement asociaux, mais on est impuissant face à ça. On a fait appel à tous les moyens possibles. Malheureusement, comme la situation est suivie par les éducateurs de la protection judiciaire, on ne peut rien faire ».

4 locataires venus se plaindre dans la semaine

Et de poursuivre : « Si le Toit vosgien demande l’expulsion, j’appuierai leur demande. Il y a eu un signalement auprès du procureur pour un enfant de cette famille qui pose souci, mais ça n’a pas changé grand chose. Les gens ont peur. Ils se plaignent, mais ne vont pas jusqu’à déposer plainte.  C’est un gros problème sociétal et on ne sait plus quoi faire des ces 2 familles sources de tous ces maux« . 4 locataires étaient allés se plaindre auprès de la mairie dans la semaine.

Les gens ne déposent pas plainte

La police connait bien le secteur, les 2 familles en cause et la situation, mais pour elle, quand il y a eu des plaintes, elles ont été traitées. « Si les gens ne déposent pas plainte, on ne peut pas mobiliser des effectifs pour ce qui n’apparait pas officiellement comme un problème. Pour pouvoir agir, il faut des plaintes ». Mais les locataires ont peur des représailles. Ils ne pensent qu’à partir ! Virginie Degras cherche aussi à protéger ses enfants et sa famille en cherchant un autre logement. L’idéal serait un F6, et en rêvant un peu …  avec un petit jardin.

Une surveillance de la police en soirée ?

Mais peut-être est-il possible d’obtenir une surveillance en soirée entre 20h et 24h et un passage en après-midi ? « Je l’ai demandé, assure la maire, mais quand la police va faire une ronde en journée, c’est calme ». Le son de cloche est un peu différent de la part des locataires : « La police ne vient plus quand on les appelle, sauf s’ils se poursuivent à coup de hache ou si c’est chaud, mais pas pour les nuisances », affirment-ils tous unanimement.

Ce n’est plus supportable !

En attendant, les enfants sont enfermés dans les appartements pour ne pas être exposés. Si les gens veulent tenter de dormir un peu, il faut fermer les fenêtres, et avec la chaleur, c’est intenable ! Une autre voisine parle des jeunes qui s’en prenaient à son enfant avec des branches d’arbres quand il faisait du vélo jusqu’à le faire tomber. Elle-même a déjà été agressée et frappée, parce qu’elle avait osé faire une remarque. « J’ai eu mal à la mâchoire pendant un mois », témoigne-t-elle. Elle a même reçu des menaces de mort. « On voudrait retrouver du calme, il y a urgence ! Ce n’est plus supportable et quelqu’un risque de péter les plombs ! ».

B.Boulay

Journaliste, c'est mon job ! J'aime les rencontres qu'il suscite, la diversité des milieux où il nous mène, les enjeux qu'il explore. J'apprécie le jeu de fil de fériste de l'éthique, qui parfois nous complique bien la vie... Après plus de 15 ans d’actualités locales, ACTU 88 est né. L’essentiel en toute simplicité. ACTU 88, c’est un journal indépendant, une aventure, un regard. C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui donnent du sens à des projets. C’est la vie d’un territoire face aux enjeux de l’avenir. Faites-en un favori et contactez-moi ! ACTU 88 sera ce que vous en ferez ...

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