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Saint-Dié – Il faut sauver les Palestiniens en grève de la Faim !

6500 Palestiniens sont prisonniers, dont 350 mineurs. 1600 des prisonniers ont entamé une grève de la faim depuis 38 jours pour des conditions de détention dignes. Ils ne boivent plus.  L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) alerte l’opinion. Il y a urgence à réagir. La France va-t-elle peser pour fait respecter le droit international ? Ils vont mourir !

Marwan Barghouti, haut cadre du Fatah, le parti du président palestinien Mahmoud Abbas, a lancé la résistance, mais il est suivi par des détenus de toute tendance politique. Parmi ces prisonniers politiques, certains sont enfermés depuis plus de 30 ans. 536 sont en détention administrative, c’est à dire que ni les prévenus ni leurs avocats n’ont été informés des chefs d’inculpation. Une manière de contourner la justice en rendant impossible la contestation efficace de l’ordre de détention. Certains sont enfermés depuis 10 ans sans savoir pourquoi.

Une détention administrative abusive

Le droit international autorise « la puissance occupante »,  donc l’armée israélienne, à recourir  à la détention administrative, « à condition qu’il s’agisse d’une mesure absolument nécessaire », justifiée par d’« impérieuses raisons de sécurité ». Mais l’État israélien en fait une utilisation systématique qui ne peut plus être justifiée. Et les prisonniers, quand ils sont jugés le sont par des tribunaux militaires.

Alerter les pays occidentaux

Ne voyant plus comment sortir de cette situation, les prisonniers n’ont plus qu’une solution, alerter les pays occidentaux en se mettant en danger ! « Il faut sortir du silence, faire connaitre la tragédie qui se joue en Palestine, pour que le nouveau président et le nouveau gouvernement exercent les pressions nécessaires sur les autorités israéliennes », déclare Françoise, venue soutenir les grévistes de la faim.

La forme la plus pacifique de résistance

Israël tente de les faire passer pour des terroristes pour légitimer ses violations, les arrestations massives, la torture, les mesures punitives et les restrictions drastiques. « Ayant épuisé les autres options, j’ai décidé qu’il n’y avait pas d’autre choix que de résister à ces abus en faisant une grève de la faim. C’est la forme la plus pacifique de résistance à opposer à Israël qui veut briser l’esprit des prisonniers, en leur infligeant des souffrances, en les séparant de leurs familles et de leurs communautés, en utilisant des mesures humiliantes pour les contraindre à l’assujettissement« , déclare Marwan Barghouti.

Un peuple écrasé

« L’État israélien vole la terre, l’eau et les maisons des Palestiniens, et impose un système d’apartheid depuis 70 ans. C’est une colonisation, un peuple écrasé ! », s’insurge Christian Iceta de l’AFPS. En Cisjordanie, plus de 40 % des hommes ont été emprisonnés depuis 1967, et toutes les familles sont touchées. Victimes de tortures, de traitements dégradants et de négligence médicale, les grévistes de la faim se battent pour leur dignité, pour le respect du droit international et humanitaire bafoué.

Tout à l’arrêt en soutien

Mardi en Cisjordanie occupée, tous les magasins étaient fermés et les rues étaient vides à Ramallah en soutien aux prisonniers palestiniens. Dans la bande de Gaza, tout était également à l’arrêt.  Les dirigeants du mouvement ont été placés en isolement. « Les organisations internationales comme la Croix-Rouge, les avocats et les familles sont interdits de visite ! » témoigne Fadwa Barghouti.

Une prison à ciel ouvert

« Toute la Palestine est une prison à ciel ouvert, déplore Samir Safieh, AFPS. C’est un processus génocidien lent. Israël a transformé tout un peuple en réfugiés ! ». « Ils ont l’électricité 6h au maximum par jour, explique Hassan. Il vit en France. Il faisait ses études en Algérie. Il est avocat, mais sa famille est restée là-Bas. Ça fait 6 ans que je ne les ai pas revus. Ma mère en connait pas mes enfants. Mon portable est ouvert en permanence parce que je ne sais pas quand ils vont pouvoir appeler puisqu’il y a si peu d’électricité ».

12 millions de Palestiniens qui manquent de tout

Une pause avant d’ajouter : « Je n’ai jamais connu la Palestine libre« . Les Palestiniens souffrent du blocus israélien qui empêche l’exportation de leurs produits à l’étranger et les isole de plus en plus des zones urbaines où se situent les consommateurs. « Ils ont essayé de fabriquer leurs produits, mais il manque de tout et surtout des matériaux principaux ». IL y a 12 millions de Palestiniens qui manquent de tout.

Il faut que l’État israélien respecte les conventions !

« Les Palestiniens sont des puces et les Isaréliens des lions. Les puces peuvent mordre le lion mais le lion ne peut pas mordre la puce. La vérité triomphera ! ». Pour le CCFD, il n’y a pas d’ambiguïté ! « Il faut que l’état israélien accepte de respecter les conventions ! Il joue le pourrissement et avec toutes ces exactions, les chances d’une résolution pacifique s’amenuisent ».

Que la France fasse pression

« Les Palestiniens ont fait tous les compromis possibles, poursuit Christian Iceta. Maintenant, il faut remettre les choses à l’endroit et que le gouvernement français interpelle l’État israëlien et fasse pression pour qu’il respecte le droit international. C’est un vieux conflit mais on peut lui redonner une dimension politique. Frédérik De Kerk et Mandela sont bien parvenus à un deal ! ».

La résolution adoptée par l’AFPS

« Le 6ème congrès de l’AFPS réuni à Saint-Denis les 20 et 21 mai 2017 salue la lutte exemplaire et héroïque des prisonniers politiques palestiniens engagés dans le mouvement de grève de la faim pour la liberté et la dignité lancé par Marwan Barghouti le 17 avril.
Cette lutte exprime les aspirations de tout un peuple à la liberté et rassemble dans un même combat toutes les sensibilités politiques palestiniennes.
Devant l’aggravation de l’état de santé de prisonniers, qui pour beaucoup d’entre eux en sont à leur 35ème jour de grève, le congrès de l’AFPS s’adresse au Président de la République et au gouvernement pour que la France prenne immédiatement une initiative en direction des autorités israéliennes pour qu’elles fassent droit aux légitimes revendications des grévistes de la faim.
Il en va de la vie de ces hommes. Tout drame humain serait lourd de conséquences et éloignerait encore davantage toute perspective de paix. »

Écrire au ministère pour soutenir les grévistes de la faim : www.diplomatie.gouv.fr ou à la Présidence :  www.elysee.fr

B.Boulay

Journaliste, c'est mon job ! J'aime les rencontres qu'il suscite, la diversité des milieux où il nous mène, les enjeux qu'il explore. J'apprécie le jeu de fil de fériste de l'éthique, qui parfois nous complique bien la vie... Après plus de 15 ans d’actualités locales, ACTU 88 est né. L’essentiel en toute simplicité. ACTU 88, c’est un journal indépendant, une aventure, un regard. C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui donnent du sens à des projets. C’est la vie d’un territoire face aux enjeux de l’avenir. Faites-en un favori et contactez-moi ! ACTU 88 sera ce que vous en ferez ...

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