Sortir du nucléaire – Pour Claude Kaiser, c’est en 10 ans au maximum !

Vosges alternatives au nucléaire organisait tout un week-end autour des alternatives au nucléaire. Claude Kaiser en a fait la démonstration samedi à Uxegney, arguments chiffrés en projection : Sortir du nucléaire est possible en moins de 10 ans ! C’est juste une question de volonté politique !

« Il faut sortir du nucléaire et c’est urgent ! déclare Claude Kaiser. Plus les centrales vieillissent, plus on risque la catastrophe ! On sait maintenant pour avoir connu Tchernobyl et Fukushima que c’est le plus grand risque qu’on fait courir à l’humanité ! Un accident, ce serait des conséquences écologiques, économiques et sanitaires gravissimes ! ».

Des réacteurs vieillissants et des risques gravissimes !

Le nucléaire aujourd’hui, ce sont des réacteurs vieillissants qu’on fait durer faute d’avoir les moyens de les remplacer et des déchets qui durent des millions d’années dont on ne sait pas quoi faire. « Les Vosges n’ont pas de centrale mais le département est à proximité de Fessenheim et Bure« .

Bientôt plus d’uranium exploitable

Les pro nucléaire pensent que le nucléaire assure l’indépendance énergétique. « Faux ! rétorque Claude Kaiser, il n’y a plus d’uranium exploitable en France. On va le chercher essentiellement au Niger et dans les pays en voie de développement et l’extraction se fait dans des conditions déplorables. Ce n’est pas une énergie renouvelable et dans quelques décennies, les experts prédisent qu’il n’y aura plus d’uranium exploitable dans le monde ! ».

Un coût moyen mais sans le démantèlement et la gestion des déchets

2e argument pour le nucléaire : l’électricité issue du nucléaire est bon marché. « Encore faux ! objecte le conférencier. Les tarifs sont à peine inférieurs à la moyenne européenne et le coût du Kwh est calculé sans le démantèlement ni la gestion des déchets. Ce qui veut dire qu’il risque d’exploser dans les années à venir ! ».

Le nucléaire n’est pas sans émission de gaz à effet de serre

Si l’on prend en compte le réchauffement climatique, on pourrait penser que c’est une énergie avec peu d’émissions de gaz, mais là encore, il faut des énergies fossiles pour l’extraction du minerai, qu’il faut ensuit transporter puis distribuer. « Et l’énergie nucléaire ne constitue que 1,2% de l’énergie mondiale, c’est assez insignifiant ! ».

L’Allemagne sortira du nucléaire en 2022

Alors, on revient à l’ère de la bougie ? « Après Fukushima, le Japon a fermé ses 35 réacteurs et il ne semble pas être revenu à l’âge de pierre ! », poursuit Claude Kaiser. Il préconise 2 leviers, les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables. A titre d’exemple, même si tout est loin d’être parfait, l’Allemagne sortira du nucléaire en 2022 et projette que la part des renouvelables dans la production électrique sera de 35 % d’ici 2020, de 50 % d’ici 2030 et de 80 % d’ici 2050.

121 Térawattheure d’économie en 10 ans

La consommation de la France en électricité représente 475 TWh en 2015. Pour Claude Kaiser, on peut économiser en 10 ans plus de 121 TWh en modernisant les équipements, en réduisant les pertes en ligne (pertes de la centrale au compteur réduite de 8TWh), en supprimant le chauffage électrique (40TWh), en renforçant les normes des appareils électriques (17TWh), en optimisant l’éclairage (16TWh), en optimisant les systèmes dans les  industries et commerces (20TWh)et en fermant les centrales (20TWh).

225 TWh en développant les énergies renouvelables

2e étape, développer les énergies renouvelables pour 225TWh et les combiner. Une seule ne suffit pas. Il projette d’augmenter la production du grand Éolien de 76TWh en 10 ans, soit une puissance de 4200MWh par an. Actuellement, en France, le grand éolien produit 21TWh/an. Pour l’éolien off shore, il prévoit une production supplémentaire de 56TWh.  Le solaire pourrait augmenter de 29TWh, le micro hydraulique de 9TWh, la géothermie de 4TWh (potentiel équivalent à 3 réacteurs) et la cogénération de 65TWh. Soit un total de 239TWh en 10 ans auxquelles s’ajoutent les 129TWh des énergies renouvelables (95TWh)et thermique (34TWh) actuelles.

Le risque d’un Fukushima français

La France est le pays le plus nucléarisé au monde avec 58 réacteurs actifs. L’accident de Fukushima a donné un aperçu des risques que fait courir le nucléaire. Pour Claude Kaiser, il est urgent d’amorcer énergiquement la sortie. 10 ans est le délai maximal ! « Demander la sortie en 20 à 30 ans alors que les réacteurs ont déjà pour la plupart plus de 30 ans, c’est faire courir le risque « d’un Fukushima français ». C’est aussi accepter le prolongement du nucléaire jusqu’au moment où l’uranium commencera à manquer« .

Le seul obstacle : la baisse des profits des groupes qui ont encore le monopole

« Les énergies renouvelables sont gérables en local au plus près des gens avec des emplois sur place, défend le conférencier. Le seul obstacle, c’est bien la baisse de profits pour les grands groupes qui ont le monopole de l’énergie, puisqu’en France, le nucléaire représente 75% de l’électricité et  17% de l’énergie. La solution est dans un maillage territorial et la gestion démocratique en local. C’est atteignable, si on s’en empare ! »

https://lagraine.noblogs.org/files/2016/04/SortieNuke-5.pdf

 

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