Tout s’accélère – Oui mais vers quoi court-on ?

Avec l’emballement du monde, nous sommes emportés dans une sorte de tourbillon. Il y a ceux qui courent toujours plus vite pour  suivre et ceux qui lâchent. Mais vers quoi coure-t-on si vite ? Gilles  Vernet, ancien trader devenu enseignant, cherche avec sa classe de CM2 du XIXe arrondissement à comprendre ce qui nous fait courir.

Un film sidérant et des réflexions d’élèves qui en remontreraient à bien des adultes. Ces enfants, tels des chasseurs à l’affût pistent le sens au fond de cette course absurde. mais qu’est-ce qui fait courir le monde ?

Toujours plus vite

L’informatisation a donné au monde une foudroyante accélération, tout le monde court toujours plus vite jusqu’au point de rupture physique, psychique,social, environnemental et économique. L’extraordinaire devient la norme. D’où le sentiment d’être toujours à la traine, de ne pas y arriver, les « pétages de plomb » et les dépressions ! « On va plus vite que le processus de régénération », constate Nicolas Hulot.

jusqu’où ?

C’est la loi des plus plus : plus de production, plus de consommation, plus de pollution, plus de monde … Plus on a de croissance et plus il nous en faut, mais jusqu’où irons nous plus vite, plus loin ? Les enfants se sont amusés à arrêter les adultes en excès de vitesse et à leur faire refaire un bout de parcours en trainant une petite tortue. Amusant et fort en symboles !

Est-on addict de la vitesse ?

Le rapport au temps entre en scène. Gilles Vernet, ancien trader pris dans la frénésie de la course se heurte au mur, la maladie incurable de sa mère. Une interpellation sur le sens de la vie. La vitesse la subissons-nous ou la voulons-nous ? Quand on est débordé, on a la sensation d’exister. « Ça vous permet aussi de ne pas écouter les autres », mais au bout du compte on a un sentiment de vacuité … Est-on addict de la vitesse et de l’adrénaline qui lui est liée ?

Nouvelles aliénations, mais nouvelles libérations

L’accélération nous amène à faire plusieurs choses à la fois, mais sans en profiter en se sentant dépassé par les événements. Est-ce une manière de repousser la mort ? comme lorsqu’on se perd dans les sensations fortes des montagnes russes au point d’oublier tout le reste … Ce sont de nouvelles aliénations mais aussi de nouvelles libérations, comme le partage d’informations, l’ouverture, la connaissance et l’échange.

Interpellant et rafraichissant !

Les enfants assènent les observations, les analyses avec une maturité étonnante. 5 experts viennent étayer la réflexion. C’est étonnamment rafraichissant et interpellant ! Mais que cherche-t-on dans ce rythme effréné ? Avec la réponse à cette question, le temps devient un allié. A force d’être dans le virtuel, on ne prend plus le temps de créer des objets. On veut toujours plus, sans même en avoir besoin, on court après le pouvoir comme si l’argent nous mangeait le cerveau.

C’est mieux que tout un livre

« Ces enfants se sont imposés, explique Gilles Vernet. Ils se sont emparés de la parole. Ils y croyaient« . En quelques mots, ils mettent à nu les engrenages des comportements sociaux et posent les vraies questions. « C’est mieux que tout un livre« , commente le réalisateur. Mais surtout, ils font naître le sourire. Ils dénoncent, disent Stop, mais dispensent un message fort : « La terre, c’est trop le top ! » et la vie, un mystère passionnant.

 

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