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Une escroquerie qui met en danger une famille nombreuse !

Laurent Trauscheid et Virginie Degras ont acheté le 2 août à Pouxeux, une grande maison qu’il fallait rénover, mais qui devait leur permettre après quelques travaux, d’offrir une chambre à leurs 7 enfants. Ce fut le début d’un vrai cauchemar ! Aujourd’hui, ils croulent sous les factures, n’ont plus rien et sont tous logés dans 80m2 ! Ils appellent à l’aide !

Cette maison qu’ils avaient rêvé de rénover, a été le début d’une escroquerie monstrueuse, qui les a mis sur la paille ! Le 2 août 2016, ils achètent cette maison au 1438 rue de la gare à Pouxeux. Elle est constituée de 2 maisons jumelées, possède un jardin et ils imaginent déjà leurs enfants à l’aise dans cet espace. La famille est recomposée.

Ils ont fait confiance

Leur bébé meurt à 7 mois de grossesse, et dans la souffrance de ce deuil, ils font confiance à la négociatrice d’Immobilier d’ici à Raon-aux-Bois qui leur a vendu la maison et qui leur conseille un entrepreneur pour la rénovation. Ils lui avaient expliqué qu’ils avaient un budget de 140 000€ pour l’achat et la rénovation. L’achat de la maison avait coûté 90 000€. L’entrepreneur qui leur est indiqué, semble à première vue pour eux, offrir toutes les garanties puisqu’il est certifié RGE (reconnu garant de l’environnement) et RT 2012 (réglementation thermique 2012).

Des débuts déjà laborieux

« Après que l’entrepreneur ait repris le devis 7 fois, j’ai signé le 22 août le devis pour 32823, 42€ de travaux. Les travaux devaient être terminés fin janvier 2017″, confirme Virginie Degras. Son conjoint n’avait pas signé le devis. Il faut encore des allers retours pour que le document soit signé des 2 conjoints le 3 septembre 2016. Virginie Degras explique qu’elle a dû aller chercher son exemplaire chez l’entrepreneur, qui ne l’a pas signé. Les travaux débutent en septembre 2016. Et là, c’est la catastrophe !

Le soutènement posé dans le mauvais sens

Au début, ils laissent l’entrepreneur avancer, mais à un moment, Laurent Trauscheid, qui est peintre, a des doutes sur la qualité du travail. Il décolle une plaque pour voir comment est faite l’isolation et s’aperçoit que ce n’est pratiquement pas isolé. Des murs porteurs ont été ouverts mais la poutre IPN (soutènement) n’est pas en acier, elle est en bois. Ce qui est possible, mais elle est posée dans le mauvais sens pour être efficace comme le confirmera l’architecte ! Et quand le couple demande des explications et des rectifications, on leur répond « qu’ils ne sont pas professionnels et on leur conseille de laisser les spécialistes faire leur travail ».

L’entrepreneur ne vient pas

Alertés, ils prennent contact avec un service d’architectes sur Internet. L’architecte Charles Ghisalberti leur répond et accepte de se déplacer pour voir ce qu’il en est et les conseiller. Il propose de faire une réception de travaux avec l’entrepreneur. L’envoi de l’invitation part en recommandé. Mais l’entrepreneur n’est jamais venu, malgré plusieurs messages téléphonique pour le lui rappeler.

Un cumul aberrant de malfaçons

Par contre, l’architecte sur place a pu constater le cumul des malfaçons ! « Pour moi, c’est clair, c’est de l’escroquerie volontaire, explique-t-il. Ce n’est pas de l’incompétence. Cet entrepreneur a vraiment remplacé des matériaux et fait au moins coûtant sans se préoccuper des conséquences désastreuses. Pour moi, il faut tout refaire, ce n’est pas rattrapable, je suis prêt à en témoigner en tant que professionnel et tout reprendre leur coûtera au moins 70 000€ ! ». Il a été rappelé ensuite par l’entrepreneur qui lui a dit « ce qu’il pensait d’un ancien élu qui escroque les gens ! »

Des dangers d’effondrement !

C’est l’effondrement pour cette famille qui voit qu’elle ne pourra pas habiter dans cette maison en janvier comme prévu alors qu’ils y ont mis tout ce qu’ils possédaient, mais en plus, ils avaient donné leur préavis et vont se retrouver à la rue, parce qu’il est impossible d’habiter la maison telle quelle même en faisant des concessions de confort ! Il y a un danger d’effondrement puisque les murs porteurs n’ont pas été renforcés là où ils ont été percés. « On ne peut pas mettre notre famille en danger, on vient déjà de perdre notre bébé  et je ne m’en remets pas ! » s’affole Virginie Degras.

80m2 pour 6 à 8 personnes

Après avoir déposé plainte et payé un constat d’huissier réalisé par Gilles Pepe du cabinet spinalien quai des Bons enfants, ils ont dû faire une demande auprès des services sociaux et là, c’est le désespoir. Ils sont relogés dans 80m2 pour 6 à 8 personnes dans un appartement qui vient d’être désinfecté parce qu’il y avait des cafards. Un environnement de personnes en difficultés sociales difficile à vivre pour des enfants.

On va craquer !

Virginie Degras appelle à l’aide. « Ce n’est pas possible de continuer comme ça. Même si une procédure est lancée, ça va durer des mois, voire des années. Il faut qu’on paye les intérêts, les factures de gaz. On l’a arrêté, parce que c’était une catastrophe et ça ne chauffait rien. Nous voulions juste mettre la maison hors gel. Les radiateurs sont trop petits pour les pièces, ils conviendraient pour un WC, pas pour une pièce de 12 ou 14m2. Nous nous ruinons en gaz !« . Les factures continuent de leur arriver.

Une résidence secondaire inhabitable !!!

« Les services sociaux nous renvoient que nous ne pourrons presque pas toucher d’APL puisque nous avons une résidence considérée comme secondaire, c’est tellement aberrant ! Même chose quand je dois aller aux restos du coeur, parce que je ne peux plus payer à manger à mes enfants, on me répond que mes charges sont normales et que je n’y ouvre pas droit, mais on ne prend pas en compte tout ce qu’on est obligé de payer pour cette maison qu’on ne peut même pas habiter !« .

Des escroqueries qui se sont multipliées

Sur cette maison, les escroqueries se sont multipliées. Il semble que l’entrepreneur ne soit pas en capacité de présenter une assurance professionnelle couvrant tous les travaux effectués, que l’électricien soit en liquidation depuis décembre 2016, alors qu’il est intervenu en janvier 2017, – ce dont le couple ne s’est aperçu qu’après les faits-. Un plombier est intervenu également sans contrat, mais les conjoints échaudés ont relevé les immatriculations des intervenants.

Tout est à refaire complètement

Enfin, il semblerait que le plaquiste ait travaillé au noir sur la demande de l’entrepreneur principal, bien qu’il soit conseiller municipal et sensé connaitre la loi. Toujours est-il que rien n’est fait correctement, les portes ne s’ouvrent pas complètement, les finitions de placoplatres sont ni faits ni à faire, les gaines électriques trainent, les arrivées ne sont pas à la bonne hauteur, la chaudière n’est pas adaptée …

Procédures enclenchées civiles  et judiciaires

Les conjoints ont entamé deux procédures civile et pénale, et ont connaissance d’autres personnes escroquées par ce même entrepreneur. Il leur sera peut-être possible de créer un collectif qui se porte partie civile, mais ils ne savent plus comment tenir jusqu’à ce que justice leur soit rendue. Leur combat les aide à tenir debout.

Famille en détresse

Les preuves s’accumulent, les malfaçons sont flagrantes et l’escroquerie s’impose, mais en attendant le résultat des enquêtes en cours, cette famille ne peut pas être suffisamment aidée par les services sociaux, n’a pas un logement adapté et vit l’enfer ! Ils ont changé les serrures pour limiter les dégâts à ce qui est déjà fait.

Un peu d’humanité que diable !

Mais c’est quand même incroyable qu’il ne puisse pas y avoir de solutions d’entraide en attendant l’aboutissement du jugement ! Il y a suffisamment de logements vides pour reloger correctement cette famille dans une surface adaptée et saine, et un petit coin de jardin pour avoir quelques légumes ne devrait pas être introuvable non plus dans un territoire rural !

 

 

B.Boulay

Journaliste, c'est mon job ! J'aime les rencontres qu'il suscite, la diversité des milieux où il nous mène, les enjeux qu'il explore. J'apprécie le jeu de fil de fériste de l'éthique, qui parfois nous complique bien la vie... Après plus de 15 ans d’actualités locales, ACTU 88 est né. L’essentiel en toute simplicité. ACTU 88, c’est un journal indépendant, une aventure, un regard. C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui donnent du sens à des projets. C’est la vie d’un territoire face aux enjeux de l’avenir. Faites-en un favori et contactez-moi ! ACTU 88 sera ce que vous en ferez ...

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