Juan Miguel Aguilera, en éclaireur des Imaginaires

Juan Miguel Aguilera a réalisé l’affiche des imaginales 2014. Il était dessinateur industriel, ce qui lui donne ce soin du détail. Cet éclaireur chevauchant son Dragon se précipite à Épinal pour annoncer l’arrivée du changement. Une explosion de flamboyance, qui fleure bon l’épopée et ouvre l’horizon. Rencontre. Il expose à la Maison du Bailly.

– Dessinateur et écrivain, n’est-ce pas contradictoire ? Est-ce qu’il n’y a pas une expression qui prend le pas sur l’autre ?

– Avant tout je suis un conteur. J’utilise les images et les mots pour raconter une histoire. L’affiche des Imaginales porte un message d’ouverture : Dans une Europe magique, les bateaux dirigeables constituent le principal système de navigation. Ils sillonnent les rivières du Nord du continent grâce à des ballons de gaz. Des éclaireurs les guident. Mais ce sont les dragons qui tracent les meilleurs itinéraires. Chaque année, dans notre univers, une porte magique permet aux éclaireurs de guider les bateaux vers le Festival des Imaginales, ouvrant une dimension fantastique dans notre réalité.

–  Votre relation à la ville d’Épinal ? C’est la capitale de l’imaginaire ?

–  Oui pour moi, Épinal est la ville de l’Imaginaire. J’ai été invité au 1er Festival des Imaginales en 2002 et j’ai remporté le prix avec mon roman « La folie de Dieu ». C’est un souvenir très émouvant. Après les Imaginales, plus rien n’a été pareil et je garde un attachement particulier à cette ville. Elle est magique. D’abord au niveau des couleurs, ce ciel qui étale ses nuances de gris sur les verts des végétaux et le bleu vert de la Moselle. La première année, il a plu… Et je rêvais de lui rendre ce qu’elle m’avait apporté. C’est ce que j’ai voulu faire avec cette affiche. On voit un ciel sombre et agité d’obscurs mouvements, qui fait ressortir l’éclaireur, comme s’il était en relief, animé et qu’il allait sortir du cadre.

–  Et quel est votre univers à vous ? Qu’est-ce qui vous fait vibrer, rêver ? Vous oscillez entre roman historique et science fiction ?

– Enfant, j’étais fan de Jules Verne. Je faisais la collection de ses livres et quand on voulait me faire un cadeau, on prenait la liste des livres que j’avais et on m’en offrait un autre. J’écris des romans de science-fiction et j’utilise l’histoire parce que je pense que la projection d’une nouvelle perspective nous aide à mieux comprendre notre réalité. J’aime les récits de voyage et des rencontres avec d’autres cultures. je suis fasciné par l’étrange et la nouveauté. Je pense que les voyages nous font  évoluer. J’aime  créer des personnages qui ne sont pas limités par des frontières.

– Quelle est l’évolution de votre écriture depuis 2002 ?

– Depuis 2002, j’ai bouclé le cercle. J’ai travaillé, publié des romans et exploré d’autres horizons, d’autres dimensions. Et aujourd’hui, je deviens l’annonceur des Imaginales avec la création de son affiche. J’aime la liberté du créateur qui en France, est plus respectée que dans d’autres pays comme la Grande Bretagne ou l’Espagne. L’imaginaire met en perspective notre monde. Il le transcende. Il le rend plus lumineux et ouvre des portes.

–  Et le moyen-âge vous apporte l’épopée, les croyances, les croisades ?

– Le moyen-âge, c’est l’aventure, le voyage vers l’autre monde et les autres habitants différents. C’est la découverte de la différence, d’un ailleurs comme Marco Polo l’a fait connaître avec la Chine. C’est l’ouverture et le cheminement vers d’autres réalités, d’autres valeurs. Une seule vision du monde nous enferme dans l’erreur. La science fait évoluer les mentalités. Je suis rationnel dans l’imaginaire. Et les explorateurs de mondes me font rêver.

– Nous sommes à un virage sociétal, personne ne sait trop ce qui attend l’homme. Vous l’imaginez comment ce futur ?

– Les nouvelles technologies nous ont donné beaucoup d’avantages, mais elles créent aussi l’isolement de l’homme devant son ordinateur. Il ne faut pas perdre les relations avec les autres et protéger les savoir-faire anciens. Donc je  trouve très intéressant ce que fait l’Imagerie. Ici, les savoirs-faire sont protégés, pour ancrer la valeur de notre avenir.

Exposition à la Maison du Bailly

 

 

–       Nous sommes à un virage sociétal, personne ne sait trop ce qui attend l’homme. Vous l’imaginez comment ce futur ?

 

Les nouvelles technologies créent l’isolement de l’homme devant son ordinateur, mais il ne faut pas perdre les relations avec les autres et protéger les savoir-faire anciens.

http://www.actu88.fr/imaginales-juan-miguel-aliguera-en-plein-exercice-de-signature/

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