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Ban-sur-Meurthe-Clefcy – Des brebis au chapeau de feutre …

Ce mercredi matin, il y a des enfants partout, venus avec leur parents ou grands-parents ! À la bergerie de Straiture, c’est journée découverte pour le public. Olivier Cassagnau l’exploitant qui fait l’accueil, ne sait plus où donner de la tête … et il arrive encore du monde !

Quelques familles se sont glissées dans la bergerie voir les moutons et les chiens de berger … en avant première ! « Le mouton est un animal mal connu », commence Olivier Cassagnau. Et de raconter devant les yeux ronds des enfants, les moutons qui « chôment » à la bergerie, la nourriture constituée d’herbe mais pas mouillée, les naissances et l’adoption d’un petit quand une brebis perd un agneau.

Le berger et ses roulottes

L’exploitant explique le rôle du berger et montre les roulottes, où il n’y a même pas un oreiller ! Juste l’utile pour dormir et manger à l’abri, « mieux que votre chambre », suggère-t-il. Les petits nez se froncent, pas vraiment convaincus … Une chose est certaine, ça conviendrait mieux aux mamans, car il n’y a pas grand chose à ranger.

Exploitants sans terre

Olivier Cassagnau et Véronique Fulchin sont des exploitants sans terre. Ils les louent depuis 1999 à la Communauté de communes de la Haute Meurthe. La bergerie ne leur appartient pas, mais les troupeaux sont à eux. Ils ont environ 200 brebis sur 30ha et ils vendent les 250 agneaux qu’elles mettent au monde soit pour de la viande, soit pour les pelouses des particuliers. Ils espèrent transmettre un jour leur savoir faire à un agriculteur un minimum expérimenté.

L’élevage au naturel

Ils pratiquent l’élevage au naturel. Ses brebis sont parquées avec des clôtures mobiles 3 fils électriques, les clôtures araignée qui s’adaptent au sol, et  ils les mènent dans différentes pâtures pour éviter la contamination des moutons par les parasites propagés par les selles. Par contre, le loup les oblige à rentrer les bêtes la nuit, mais ce n’est pas naturel car c’est quand il fait frais qu’elles vont manger et ça casse le rythme alimentaire.

Le dressage des chiens de berger

Autre attrait pour les familles, le travail du chien de Berger. Olivier Cassagnau et Véronique Fulchin en ont 2, un de 4 ans et un de 7 ans. Olivier explique le dressage des chiens. Il fait une démonstration de déplacement des bêtes avec les chiens. « Le chien obéit au regard, au son et au geste ». Il rabat les brebis vers les enfants et attend la suite des ordres. Parfait, il ne finira pas en hot dog !

Attraper la brebis à tondre

« Le mouton est un animal créé par l’homme, à partir du mouflon, mais il ne perd pas son lainage. La repousse est continue ».  Donc pour son bien être, il faut le tondre au moins une fois par an. Et c’est un adolescent costaud qui se propose pour attraper la brebis à tondre ! Il ne s’y prend pas si mal car il parvient à l’amener dans la salle.

La tonte ne fait pas mal

« On la met sur ses fesses pour qu’elle ne se relève pas et ça ne lui fait pas mal« , assure-t-il, avant de commencer à tondre d’un mouvement expert. La brebis se laisse faire. La tonte représente la moitié de l’activité d’Olivier. Aussitôt libérée, la brebis cherche à rejoindre la sécurité du troupeau. Le paquet de laine brut reste à terre et les enfants vont pouvoir la sentir. Elle a une odeur  … de mouton et laisse sur les mains une graisse, le suint, qu’on utilise en cosmétique.

Teintures végétales

Cette laine, il faut bien la laver à la main dans un grand baquet d’eau. C’est une laine de couleur écrue. Il faudra la teinter avec des pigments végétaux, jaune pissenlit, orange cuivré avec des pelures d’oignons, rose avec de l’hibiscus, rouge avec la garance, … selon des recettes qui datent du Moyen-âge et qui utilise du sel comme fixateur. Mais avant, il va falloir la préparer, la carder (peigner), faire un fil en roulant la fibre.

Carder et filer la laine

Véronique Fulchin leur montre les outils pour filer la laine à l’aide du fuseau, pratique parce qu’il peut s’emmener partout (en faisant attention de ne pas se piquer comme la Belle au bois dormant. Les enfants ont des références !) et le rouet qui utilise les bras et les pieds du fileur pour actionner une pédale qui va entraîner le fil. A partir de ce fil renforcé et torsadé, on peut tricoter, tisser ou faire du feutre.

La technique du feutre

Dernière démonstration dans la transformation de la laine avec cette technique du feutre, qui se fait en mouillant des laines mélangées, en savonnant et en foulant la matière, pour que les molécules s’ouvrent et s’accrochent de manière plus serrée, donnant un textile souple, résistant et imperméable, qu’on peut couper et assembler sans qu’il ne file. « Cette technique ne demande pas d’outils et permet de faire des vrais tableaux en mélangeant les couleurs. Je l’utilise de plus en plus ».

Un tour d’horizon de la Filière

En partant l’élevage des brebis, les familles ont pu faire le tour de la filière, en passant par l’itinérance des bergers, le dressage des chiens, la tonte et la transformation de la laine en vêtements. Ils ont entendu parler d’un élevage au naturel, avec une fabrication textile artisanale et écologique. Olivier Cassagnau et Véronique Fulchin ont un agrément « Ferme pédagogique » et ils reçoivent les écoles pour parler environnement, entretien et ouverture des paysages, c’est à dire que la forêt n’enferme plus la vallée. en un rideau d’arbres.

Une philosophie de vie

« On n’est pas là pour s’enrichir, mais parce qu’on adhère à une philosophie de vie, explique Véronique. On y est arrivé après avoir eu un autre parcours. Olivier était enseignant et moi architecte, mais nous avons toujours été en lien avec la nature et l’agriculture. C’est un style de vie choisi, une opportunité qu’on a eue. La Communauté de communes voulait ouvrir le paysage et travailler sur la diversité des reliefs et nous avons proposé d’installer une bergerie et d’y accueillir du public pour valoriser le métier d’éleveur. On aime être proches des gens ». Les gens cherchent de l’authenticité et la formule a le vent en poupe.

Bergerie de Straiture

Lieu-dit Hervalaing – Ban-sur-Meurthe-Clefcy

03 29 50 31 54 – nergerie@bergerie-straiture.fr

www.bergerie-straiture.fr

B.Boulay

Journaliste, c'est mon job ! J'aime les rencontres qu'il suscite, la diversité des milieux où il nous mène, les enjeux qu'il explore. J'apprécie le jeu de fil de fériste de l'éthique, qui parfois nous complique bien la vie... Après plus de 15 ans d’actualités locales, ACTU 88 est né. L’essentiel en toute simplicité. ACTU 88, c’est un journal indépendant, une aventure, un regard. C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui donnent du sens à des projets. C’est la vie d’un territoire face aux enjeux de l’avenir. Faites-en un favori et contactez-moi ! ACTU 88 sera ce que vous en ferez ...

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