Droits des femmes – A-t-on enclenché la marche arrière ?

Pour cette journée, la CGT présente une exposition qui retrace le combat des femmes pour défendre leurs droits, de la révolution à nos jours. Mais aujourd’hui, où en est-on ? Est-on en train de régresser ? De remettre en cause des droits durement acquis ?

« Les femmes sont plus touchées par la précarité, le chômage et le temps partiel, (11,6 % sont en CDD contre 7,6 % des hommes et elles représentent 80% des salariées à temps partiel),  énumère Delphine Rouxel. Leurs carrières sont plus souvent plafonnées, bloquées« .

Respecter les temps de famille

« On parle de flexibilité et on enchaîne les horaires à tout va ». Les droits des femmes, c’est aussi celui d’avoir des conditions de travail confortables et de pouvoir concilier vie familiale, vie sociale et vie professionnelle. « Le lien famille/travail est inscrit dans la nouvelle loi, c’est une avancée », souligne Aïcha. « En France, on a quand même un patronat réactionnaire, s’exclame Régine. Dans les autres pays, il n’y a pas de réunions le soir et on libère des heures en après-midi !« .

Des conditions qui usent prématurément

« Les conditions de travail sur les lignes de production ou pour certains métiers, usent prématurément, poursuit-elle. Il faudrait en tenir compte; A 50 ans, on est « cassé  » et on a une reconnaissance COTOREP, parce qu’on ne peut plus travailler dans les conditions requises. On commence mal, on déroule mal et on termine mal ». « Une étude avait révélé que 2% des salariés sur les lignes de production des serrureries  étaient licenciés pour inaptitude professionnelle entre 50 et 55 ans », précise Denis Schnabel. Et la formation est distillée au compte-goutte pour les salariés au bas de l’échelle.

Une empreinte culturelle des métiers

Les métiers restent encore aujourd’hui marqués par une empreinte culturelle. « Les métiers médico-sociaux restent majoritairement féminins et si le nombre de femmes chauffeurs de poids-lourd augmente, ce n’est quand même pas la majorité ! ». Dans d’autres secteurs, on n’embauche pas les femmes par crainte des maternités, même si ce n’est pas exprimé tel quel, puisque c’est un facteur discriminatoire.  » Pourtant sur une carrière complète, les femmes comptent moins d’absentéisme que les hommes », oppose Pietro.

Paupérisation à la retraite des femmes seules

« Aujourd’hui, remarque Pascal, on a des femmes seules qui ont travaillé toute leur vie, (même si elles ont arrêté quelques années pour élever leurs enfants, et qui ne touchent même pas 600€. Elles sont dans la précarité, parce qu’elles ont travaillé à temps partiel. Il y a une véritable paupérisation et ces retraites peuvent être inférieures de 42 % à celles des hommes ».

Progression de carrière plus lente

Quant aux salaires, dans l’entreprise, ils peuvent être égaux, mais ce sont les progressions de carrière qui n’évoluent pas au même rythme et les femmes s’élèvent moins vite dans la hiérarchie. Les différences de salaires entre les hommes et les femmes peuvent aller jusqu’à 27 %. « On n’a pas réussi à s’emparer de ces différences, constate Denis Schnabel, secrétaire régional CGT. Peut-être parce que ça prend l’apparence d’intérêts individuels et qu’il n’est pas évident d’en faire un combat collectif ».

Des tendances réactionnaires inquiétantes

Pour sa part, Delphine regarde avec inquiétude les tendances réactionnaires remettre en cause l’IVG et suggérer un rapport au corps régressif. Mais il n’est pas question pour autant de stigmatiser et de diaboliser d’autres cultures. Quant à la loi El Kohmri, elle suscite bien des réactions ! A la CGT, elle donne l’impression de revenir sur des droits acquis, pourtant conquis de haute lutte …

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