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Jésonville – Visite incognito au chantier Éolien, édifiant !

Le week-end dernier, un habitant de Dompaire a fait une incursion sur le chantier éolien de Jésonville. Une expérience édifiante qui remet les choses à leur place ! Il partage sa visite.

Au centre du village, le monument aux morts a dû être démonté pour laisser la place à une rampe d’accès au chantier rue de l’église pour le matériel volumineux comme les grues, les mats, le rotor ou les pales d’éoliennes.

Sécurité en anglais !

Sur le chantier, les panneaux de sécurité se cumulent. Ils sont en anglais, mais pas de souci, avec la signalétique, on comprend ! Mais notre visiteur a décidé de tenter l’incursion avec casque et bottes de sécurité. « Le chantier est au repos, pas d’ouvriers, quelques badauds seulement« , observe-t-il. Les mats de 80m et leur nacelle sont érigés. Le rotor au sol attend les pales.

Une alarme à l’accent slave

Il pénètre plus avant dans le chantier et là, une alarme se déclenche.Un haut­ parleur hurle un avertissement d’une voix au fort accent slave et dans un français très approximatif qui dit que s’il ne quitte pas immédiatement les lieux, c’est la gendarmerie qui se chargera de l’expulser !  Il n’insiste pas. Mais le meilleur est à venir. Il remarque alors une voiture. Bien que située au premier plan, elle n’avait pas attiré son attention, tant il était absorbé par le spectacle technologique. « Quand je dis voiture, c’est plutôt une épave dans laquelle je ne voudrais pas rouler ! Le pare soleil rabattu affiche « SÉCURITÉ ». Il s’approche…

Un agent de sécurité français

A l’intérieur il y a un homme affalé derrière le volant. « La curiosité l’emporte sur ma timidité et ma réserve habituelles ! Il faut que je parle à cette personne qui doit se sentir bien seule », raconte notre visiteur. La vitre s’abaisse laissant apparaître tout un matériel de survie : couvertures, sac de couchage, glacière,téléphones, musique,etc. L’homme est souriant, très courtois,la conversation s’engage.

Dans sa voiture sur place

Il est d’astreinte 24h/24h,sans relève (la nuit dernière, le thermomètre est descendu à­ 2°C). Il n’a pas à intervenir. Il laisse faire, puisque la surveillance est assurée par des caméras HD haute résolution détecteurs de mouvements reliées à un central quelque part à l’Est, d’où l’alarme de tout à l’heure. Il pourrait aller à l’hôtel à Darney ou au restaurant puisqu’il est défrayé de 1800€/mois, mais non, il préfère être sur place dans la voiture.

Tout est importé, les ouvriers aussi

Le matériel : les pales viennent de Suède. Il ne sait pas comment elles sont arrivées à Metz où elles sont bloquées. On construit une route pour le passage des convois. La technologie vient des Pays­-Bas. SSBalticWind est une boite pologno-­lituanienne. Les surprises continuent … Les ouvriers sont polonais, le chef de chantier est portugais, « On est les seuls français », confie l’agent de sécurité.  (il parle sans doute de sa boite de sécurité).

7h pour monter une éolienne

Quand toutes les bonnes conditions sont réunies (pas de vent- c’est un comble lorsqu’on parle d’éoliennes, toutes les pièces sur place, etc),  il faut 7h pour monter une éolienne.Il faut également 7h pour déplacer la grande grue d’un chantier à l’autre.  « Puis je me fais complètement indiscret avec la question qui tue : vous êtes bien payé pour ce boulot ? », se hasarde-t-il à questionner.

C’est l’éolien français …

« Je suis en retraite. J’étais directeur d’une fabrique de biscuits, j’ai doublé mon salaire, confie-t-il. Chez nous, personne n’est à moins de 5000€/mois ». Je n’ai pas posé la question du statut des ouvriers polonais … Mais en dehors de l’agent de sécurité français, tout le reste est étranger :  la signalisation en anglais, les machines, la main d’oeuvre. « Un bel exemple du développement de l’éolien en France et des emplois locaux », conclut notre visiteur.

 

B.Boulay

Journaliste, c'est mon job ! J'aime les rencontres qu'il suscite, la diversité des milieux où il nous mène, les enjeux qu'il explore. J'apprécie le jeu de fil de fériste de l'éthique, qui parfois nous complique bien la vie... Après plus de 15 ans d’actualités locales, ACTU 88 est né. L’essentiel en toute simplicité. ACTU 88, c’est un journal indépendant, une aventure, un regard. C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui donnent du sens à des projets. C’est la vie d’un territoire face aux enjeux de l’avenir. Faites-en un favori et contactez-moi ! ACTU 88 sera ce que vous en ferez ...

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