Journée du refus de la misère – ATD mène la réflexion avec Georges-Paul Cuny !

Aujourd’hui, c’est la journée du refus de la misère. Au centre Léo Lagrange, ATD Quart monde organisait une réflexion sur la citoyenneté, la liberté d’expression, la discrimination, le bien vivre ensemble. Qu’est-ce que je peux faire moi à ma place pour faire bouger les choses ?

A partir de photos, les participants réfléchissent.  Quand est-on citoyen, enfant ? Et adulte, comment le suis-je ? Enfant, ce qui ressort c’est l’apprentissage du respect de l’autre et des lieux collectifs. Enfant, on apprend à dire « Bonjour », « Merci », à ne pas cracher, ni jeter son papier par terre. Enfant, on apprend les règles de morale, on s’identifie à un pays par son chant national.

Adulte citoyen, on s’engage !

On est bénévole, on fait partie du conseil de quartier ou d’une association. Adulte, on choisit de donner du temps, de défendre des causes qui nous semblent justes, on rend service, on dépanne, on accueille sans juger, on respecte le choix des autres, même s’il est contraire. On est tolérant. Mais tout ça, est-ce qu’on vit tous les jours ? « Aujourd’hui, on dépossède les gens de leur citoyenneté, proteste Jean-Louis Didelot du collectif des Sans papier. On les manipule comme des pions, on les déshumanise ! ».

Quelle relation aux autres, avez-vous ?

A la table d’à coté, c’est la liberté d’expression qui fait débat. On y parle droit de grève. C’est une forme d’expression, un échec de la négociation, mais c’est une liberté ! On évoque les difficultés d’expression, le langage corporel, le langage des signes. Le portable est-il un outil de liberté ? S’il permet de communiquer mieux avec le monde, il isole encore plus. C’est toute une réflexion sur la relation aux autres dans notre société.

C’est à vous de continuer !

Enfin, Georges Paul Cuny, auteur de « L’homme qui déclare la guerre à la misère » a bien connu le père Joseph Wresinski (1917-1988), fondateur du concept ATD Quart monde. Cet homme qui a vécu la misère et l’exclusion dans son enfance, a mené, toute sa vie, un combat acharné contre l’extrême pauvreté et pour la dignité des pauvres. Ce message est-il toujours d’actualité ? Le père Joseph aurait souhaité qu’il ne le soit plus ! « Il était redoutable ! Il disait non à la misère : « Je ne suis pas d’accord ! ». Aujourd’hui, c’est à vous de continuer ! ».

Pas de travail, c’est ne plus exister !

Vivre en famille est le 1er acte de résistance à la misère. Au delà, c’est l’errance, la clochardisation. Vivre en famille est l’expression d’une espérance. Jonathan en témoigne. « Le travail c’est la santé ! ». Ça, c’est Abboud qui l’affirme, reprenant Henri Salvator. Le travail, c’est de l’argent, une mutuelle, de quoi nourrir ta famille. Sans travail, on t’accuse de ne rien vouloir faire, tu te renfermes, diminué, tu n’existes plus. Pas de place dans la société sans travail. « C’est le génocide de la société« .

La considération vaut plus qu’un pain !

Les personnes pauvres sont dans un cercle vicieux. Tu as faim, on te donne de la soupe mais tu n’as toujours pas les moyens de changer ta vie, juste un peu moins de crampes à l’estomac ! La soupe est une réponse immédiate nécessaire mais pas suffisante ! Le père Joseph voulait libérer le peuple de la honte et de l’assistanat. Et une bibliothèque et la culture étaient des outils incontournables. La dignité des personnes pauvres tient dans le regard des autres et la place que l’on fait à la confiance. Ils cherchent la considération comme tout un chacun et ça, ça vaut bien plus que du pain !

Territoire zéro chômeurs

L’occasion d’évoquer le projet « territoire zéro chômeurs » porté par le député PS, Laurent Grandguillaume, qui devrait être soumis à l’examen à l’Assemblée nationale le 23 novembre. Il s’agit de réorienter vers la création d’emplois, les aides financières allouées à un demandeur d’emploi longue durée en partant d’un triple constat : « Personne n’est inemployable, ce ne sont pas les travaux qui manquent, ce n’est pas l’argent qui manque« . C’est transformer des aides sociales en salaires, l’économie classique en économie solidaires. 4 territoires seraient prêts à expérimenter la formule : Les Deux-Sèvres, Ille-et-Vilaine, la Nièvre et la Meurthe-et-Moselle.

 

 

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