La liquidation de Vosges Diffusion Presse prononcée

Le tribunal de commerce a prononcé ce matin la liquidation de l’entreprise Vosges Diffusion Presse. Le mandataire judiciaire rencontrait les 13 salariés cet après-midi pour leur expliquer la procédure.

La CGT était présente au Tribunal ce matin soutenir le moral des troupes dont la liquidation devait être confirmée. Vosges Diffusion Presse, située allée des Marronniers à Golbey, se chargeait d’organiser la distribution des quotidiens sur  les Vosges, la Meurthe-et-Moselle, la Haute-Saône et la Haute-Marne.

Contrat de distribution retiré

Mais depuis le 20 décembre 2013, le contrat de distribution lui a été retiré par le conseil supérieur de la messagerie de presse qui organise la distribution des journaux.

Un logiciel incontournable

L’entreprise a essayé de fonctionner avec d’autres titres de la Messagerie lyonnaise de Presse (MLP), mais elle devait pour cela, utiliser un logiciel, dont Presstalis a le monopole.  « Très rapidement,  Presstalis a bloqué l’accès de l’entreprise à ce logiciel indispensable« , déplore notre interlocuteur. L’activité n’était plus possible !

Baisse des ventes et restructuration des dépôts

Les ventes n’étaient plus au rendez-vous depuis des années. « On a perdu 40% d’activité entre 2007 et 2012 et 20% sur 2013. On a essayé de diversifier, mais ça ne représentait que 3% du chiffre d’affaires« . Cette réalité étant commune à tous les diffuseurs de presse, un plan de restructuration des dépôts est programmé par Presstalis.

Négociations stoppées

« Au tout début, une partie de l’activité du dépôt de Nancy devait venir renforcer Épinal, puis à force de lobbying, la tendance s’est inversée et c’est la plateforme d’Épinal qui devait fusionner avec Nancy. Nous étions en train d’en négocier les conditions, quand la grève de l’équipe de nuit a tout précipité ».

Ultimatum

« Presstalis ne supporte pas les mouvements sociaux. Dès qu’un dépôt manifeste des velléités de revendications, il s’en sépare« . Presstalis rétorque par un ultimatum à la société.  » J’avais 2h pour trouver 300 000€, pour lesquels j’avais demandé des délais de paiement, sinon ils mettaient le secteur en régie ».

Pas d’aides

La société avait entrepris l’achat de ses dépôts, dont les échéances se terminent en janvier 2014. « Comme nous appartenons au secteur marchand, nous n’avons pas pu bénéficier d’aides. J’ai même rencontré le médiateur de la banque publique, mais il n’a pas trouvé de solution ».

On nous a sacrifiés !

Le 20 décembre, le mandat était retiré à la société Vosges Diffusion Presse de Golbey par décision du conseil supérieur des messageries de presse. « Eux, ils peuvent tout bloquer, mais ils ne tolèrent pas qu’un dépôt privé proteste. On espérait partir proprement. On n’en a pas eu le temps. On nous a sacrifiés !  Et je crains bien de n’être que l’un des premiers sur la liste. Il n’y aura plus d’acteurs indépendants. En procédant ainsi, ils récupèrent les marchés sans indemniser les salariés, c’est tout bénéfice pour eux ! »

Ils perdront en qualité

Et de regretter : « On assurait une vraie qualité de service. 96% de nos points de vente étaient servis avant 6h et nous faisions les réglages (ajustement des quantités en fonction des besoins), une qualité qui ne sera plus assurée« .

13 salariés en rade

Les 13 salariés vont être licenciés par le mandataire aux conditions du droit du travail. Maintenant que l’affaire est jouée, ils souhaitent que le règlement soit rapide. Mais ils ont vraiment le sentiment que dans l’histoire, personne ne s’est soucié d’eux. Et le fait que le directeur gère une enseigne de Catimini en Australie, leur laisse l’impression désagréable qu’il avait préparé la suite, alors qu’ils restent sur place.

 

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