Le Pôle Éco Ter de l’économie sociale et solidaire est lancé

Jeudi, au Centre des congrès d’Épinal, 6 structures s’associent pour lancer le nouveau Pôle territorial de Coopération économique. Il s’agit de développer de nouvelles activités économiques innovantes, solidaires et non délocalisables. En clair, créer de l’emploi sur place avec des gens du coin pour  faire émerger une dynamique locale.

C’est le vieillissement des sites de Reval Prest et Ami, qui a déclenché la réflexion et l’envie d’aller plus loin dans le domaine de l’économie solidaire. La communauté d’agglomération d’Épinal (CAE), le Sicovad et le Smd qui gèrent la collecte et le traitement des déchets, le conseil départemental et les associations d’insertion Reval Prest et Ami, collaborent pour créer le  Pôle Éco Ter, qui s’inscrit lui-même dans la démarche de création des Pôles territoriaux de Coopération économique (PTCE).

4000m2 pour un pôle de recyclage et développement durable

Le futur Pôle Éco Ter prendra pied autour d’un bâtiment d’environ 4000m2, regroupant les activités d’AMI et REVAL PREST, autour du réemploi des objets, de la valorisation, de l’éducation et la sensibilisation à l’environnement avec une recyclerie, un Repair Café (lieu où l’on peut réparer les objets et le matériel qui ne fonctionnent plus).

Économie circulaire et insertion

Pôle Éco Ter est une association, présidée par Stéphane Viry, qui va porter une étude pour dimensionner et localiser ce bâtiment, mais c’est aussi une démarche qui veut associer les citoyens, les entreprises, les élus, les administrations et les associations.  » Ce projet reprend les enjeux de l’économie circulaire, de l’économie sociale et solidaire, de l’emploi et de l’insertion. Il a l’ambition d’être un projet d’expérimentation, un laboratoire d’innovation sociale qui devrait créer des synergies entre associations et entreprises, entre collectivités et entreprises, entre citoyens et associations et faire émerger de nouvelles activités », explique Michel Heinrich, président de la CAE.

Des Pôles de compétitivité pour l’économie solidaire

« En quelque sorte, les Pôles territoriaux de coopération économique sont à l’économie solidaire, comme les Pôles de compétitivité pour l’économie marchande. Le PTCE doit assurer la pérennité des activités de réemploi, la valorisation des déchets encombrants, mais aussi améliorer la professionnalisation des salariés, pour développer d’autres synergies avec d’autres acteurs« , poursuit le président de la CAE.

Témoignage de Rachid Cherfaoui

Le Pôle Éco Ter sera géré par une équipe de maîtrise d’oeuvre (les 6 structures collaboratrices), un comité technique formé des financeurs et un comité de pilotage. Lors de cette matinée, Rachid Cherfaoui, directeur de la maison de la solidarité du Pays de Bray, témoignait de l’expérience menée sur son territoire et de l’émulation issue de ces nouvelles pratiques collaboratives.

De l’emploi non délocalisable

« Comment garder les populations fragiles sur le territoire, s’interroge-t-il. Si on se bouge, on trouve des solutions et c’est de l’emploi non délocalisable ! L’économie solidaire peut rendre un pouvoir d’achat à ces personnes en leur procurant des objets et services à moindre coût. Et c’est un vivier de compétences« . Il témoignait de cette  émulation créatrice née de la synergie entre acteurs pour développer de nouvelles activités et pratiques.

Il faut afficher des ambitions !

Le secteur de l’insertion, c’est 2438 personnes pour les Vosges, 226 permanents et un budget de 8,5M€. « L’environnement et l’emploi peuvent aller de paire, commente Alain Roussel, vice-président du Conseil départemental. Le déchet peut-être une richesse. J’ai trouvé des gens qui avaient plein d’idées et quand vous êtes à une présidence, il faut afficher des ambitions ».

Un rôle dans notre avenir commun

« Personne ne doit être laissé de coté. Chaque personne au RSA doit pouvoir avoir un rôle dans notre avenir commun. L’économie circulaire peut être une réponse, poursuit-il. Derrière l’ambition du développement durable,il y a la préoccupation de l’humain. On en est à un stade de créativité, d’envie de faire autrement, ça bouillonne. Il faut déterminer quelle ambition on y met. Le seul frein, serait de na pas y croire !« .

L’important, c’est d’agir !

« L’important, c’est d’agir, insiste Michel Heinrich. On ne réussira peut-être pas tout, mais il doit y avoir prise de risques, sinon on n’arrivera à rien. Il n’y a pas de garantie mais une volonté de faire !« . « Il ne faut pas avoir de certitude, renchérit Frédérique Le Monnier, c’est ce qui laisse la place à de nouvelles idées. » Un regard sur la société qui change, un foisonnement collectif d’idées et la volonté politique, les ingrédients semblent y être, il ne reste plus qu’à faire prendre la mayonnaise !

 

 

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