Les maires des Vosges en ont marre !

L’association des maires appelle à signer une motion pour alerter l’État et les habitants. Moins 30% de dotations, ce n’est pas possible ! Et la menace de la loi NOTRe qui remet en question le rôle de l’élu communal les fait réagir. Ce matin, la conférence de presse était la première étape d’une révolte.

Ils ne feront pas chapeau bas ! Les maires se sentent remis en cause, empêchés de mener à bien la mission pour laquelle ils ont été élus. « Le rôle des élus communaux est bafoué, attaque Dominique Peduzzi, particulièrement remonté. « Trop, c’est trop ! peste-t-il. Qu’on arrête de nous reprocher des augmentations de dépenses qui ne sont pas de notre responsabilité comme pour les activités périscolaires. Il a fallu recruter du personnel et ça a coûté 1M€. Les maires mutualisent depuis longtemps pour tenter de réduire les frais de fonctionnement ».

La loi NOTRe bloque

2e point d’achoppement, la loi NOTRe. Elle remet en question l’élu communal, mais le maire incarne la proximité, la porte que tous les citoyens poussent. « Être maire, c’est bien plus qu’une fonction, c’est une vocation, un engagement 24h/24h, poursuit le président de l’Association des maires des Vosges. Jamais l’État n’arriverait à avoir l’équivalent s’il supprimait ce statut. C’est la vue d’une centaine de personnes enfermées dans leur carcan. »

Une pagaille pendant 6 ans

« Si la loi NOTRe passe en l’état, ça va créer des changements de dimension au niveau des intercommunalités et engendrer une pagaille pendant 6 ans. Ce serait un déni de démocratie, parce qu’on dirait à des gens élus, merci, on n’a plus besoin de vous ».

Le maire, c’est la proximité, le relais

Mais sa colère en s’arrête pas là ! « Quand une communauté de communes couvre le quart du territoire, où est le Bassin de vie  ? à 2h ?« , ironise-t-il. Supprimer les « capteurs », limitera les actions et les dépenses, mais augmentera l’insécurité et les risques car les personnes relais ne seront plus là pour faire remonter aux décideurs éloignés, les dangers et les urgences d’entretien ou de traitement. C’est 20% de la population qui représente 80% du territoire. Et toujours la même question qui revient en boucle : Que devient le service public ?

Un compromis

L’association des maires propose un compromis : pas d’élection en direct des conseillers communautaires. Les maires craignent une dissension si l’élu est reconnu dans sa commune, mais pas en communauté de communes ou vice versa. Ils y ajoutent un abaissement du seuil à 15 000 habitants pour les EPCI (établissement public de coopération intercommunale).

Impossibilité d’exercer le mandat pour lequel on a été élu

IL y a un an, il y avait un cadre. Aujourd’hui, il a évolué.  » On doit d’abord équilibrer les dépenses obligatoires et s’il reste de l’argent, investir dans des projets. Nous allons nous retrouver dans l’impossibilité d’exercer le mandat pour lequel on a été élu, c’est un délit ! », plaide Dominique Peduzzi. 2/3 des efforts pèsent sur les collectivités pour une représentation de seulement 9%. Une motion a été envoyée à tous les maires des Vosges. Ce matin, après 3 jours, 160 étaient déjà revenues. « Il n’y a pas un acteur de la cause publique qui ne se mobilise, constate le président des maires vosgiens. Ça bouge partout ! ». Ils envisagent une mobilisation locale et nationale.

 

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