Michel Sapin apporte la Garantie jeunes

La situation de l’emploi est intolérable. Michel Sapin en convient et ce lundi, dans son escarcelle, il apporte la garantie Jeunes. Les Vosges est un des 10 départements retenus pour l’expérimenter. Après Beaufrémont, territoire rural, il s’est rendu à Neufchâteau, puis à Mirecourt.

« La France a déjà eu 3 millions de chômeurs, déclare-t-il, lors de la table ronde sur l’emploi organisé à la sous-préfecture de Neufchâteau. Ce n’est pas une raison pour l’accepter. Derrière cette situation, il y a des femmes et des hommes. Mais 25% de jeunes sans emploi, ça n’est jamais arrivé ! Et quand les jeunes sont à ce point au chômage, c’est toute la société qui est en désespérance. Il faut renforcer la responsabilité des Régions dans la formation professionnelle, pour que ceux qui ont le plus besoin de formation puissent être prioritaires. La conjonction des initiatives est la clé de la réussite ».

Des initiatives

Sur les Vosges, les initiatives se multiplient. La Mission locale de la Plaine s’est rapprochée de Pôle emploi et les 2 structures mutualisent des moyens et du personnel. 134 jeunes ont été suivis en commun en 2012. 2 agents de Pôle emploi ont été mis à disposition à la Mission locale. Le Ministre a pu s’en rendre compte par lui-même en visitant les 2 structures à Neufchâteau.

Le même combat

« Votre mission, c’est l’emploi. Nous menons le même combat ! poursuit Christian Poncelet, président du conseil général, qui tentait depuis un certain temps de présenter au Ministre le dispositif « Jeunes prêt à bosser » en cours depuis 1996. « Nous avons été pionniers », se plait à souligner le invitant Michel Sapin à venir signer prochainement le 5000e contrat.

La garantie jeunes

Une expérience qui a pesé dans le choix de retenir les Vosges pour expérimenter la Garantie jeunes, « parce que dans les Vosges, tout le monde est partant pour aller dans le même sens ».

La garantie Jeunes s’adresse aux jeunes de 18 à 25 en grande difficulté. 450€ leur seront accordés, pour remettre le pied à l’étrier et les mener vers l’emploi. « Il y a des jeunes en telles difficultés qu’ils ne peuvent même pas se déplacer pour répondre à une offre », illustre Michel Sapin.

Une ressource pour sortir du cercle vicieux

« Ou ils ont de tels problèmes de santé qu’ils ne tiennent pas dans un poste. Il faut un minimum de stabilité pour trouver un emploi. Cette allocation n’est pas de l’assistanat, c’est une ressource pour se sortir d’un cercle vicieux. C’est une aide pour se former et travailler ». La garantie jeunes sera en application dans les Vosges à partir du 1er octobre, couplé au dispositif « jeunes prêts à bosser ».

Plan d’accès à l’emploi

« La garantie jeunes n’est pas en concurrence avec l’alternance, qui reste pour l’instant sans changement mais sera modernisé avec un niveau d’aide plus important pour les entreprises d’accueil, assure le Ministre. On va expérimenter et voir ce qu’il se passe. Aucun outil n’est une solution en soi, c’est l’ensemble qui portera ses fruits ». Elle rejoint pour la période 2013-2015, les autres dispositifs emplois d’avenir, contrat de génération et alternance dans un plan d’accès à l’emploi pour 500 jeunes signés par l’État, la Région et le Département.

Une aide qui permet l’embauche

Les contrats aidés permettent aux petites communes rurales, d’accéder à l’embauche. Dans les services aussi. Jacky Puget, directeur de la maison de retraite de Neufchâteau vient de recruter 4 personnes en emplois avenir. Il suggère de réfléchir à une prolongation de l’aide, pour permettre de pérenniser les emplois au delà des limites du contrat.

Une exigence de formation

« L’emploi avenir est un véritable emploi et une vraie formation, se félicite Michel Sapin. Il y a une exigence de formation et il permet de passer le cap du 1er emploi pour les jeunes. Le capital personnel d’un jeune, c’est son capital formation ! ».

Mais certains emplois ne trouvent pas preneur, comme le déplore Etienne Deslaurier, chef d’entreprise de la scierie de Bazoilles-sur-Meuse. Un problème auquel le gouvernement va s’attaquer énergiquement. « Il faut sortir du discours et passer à l’opérationnel ».

Pourvoir les emplois non pourvus

« Le gouvernement a voulu qu’on entre dans le détail, explique le Ministre. Une liste précise des emplois non pourvus va être établie. On en a répérés 1300 au niveau national. Et on mettra en face des gens, des formations et des adaptations. Un financement a été dégagé au niveau national. A partir du 15 septembre, je veux qu’on règle cette situation ».

Des savoir faire historiques

Laurent Thuus, directeur de la fromagerie Rians-Triballat et Dominique Weber ont fait part des difficultés du secteur  de l’agroalimentaire et de l’ameublement. « Les Vosges ont des équipes motivées et des Savoir-faire historiques, plaide Dominique Weber, président du PLAB (Pôle lorrain de l’ameublement bois) et également PDG de WM88 (ex-Manuest . Il faut que l’État se batte pour les sauver car s’ils disparaissent en silence, ils ne reviendront plus ! ».

Ils connaissent la région

Le département souffre, et comme le disent les militants cégétistes : « On a morflé ! », et pas seulement les jeunes ! Les visites des Ministres ne règlent rien, Christian Franqueville, député à l’initiative de leur venue en a conscience, mais assure-t-il, quand ils repartent, ils ont une vraie connaissance de la Région.

Michel Sapin est le 3e ministre, après Guillaume Garot, Ministre délégué à l’agroalimentaire et Aurélie Filippetti, Ministre de la culture, à s’aventurer dans les Vosges et à en découvrir la réalité sur le terrain.

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