Sans Papiers – Pourquoi tant de dysfonctionnements qui leur rend la vie impossible ?

Ce matin, Jean-Louis Didelot, président du Collectif d’aide aux Sans papier, devait être reçu par le préfet des Vosges pour parler de tout ce qui ne fonctionne pas pour ces personnes. Mais le rendez-vous a été décalé. Et ce matin  les portes de la préfecture était fermées pour eux, protégées par la Police. Le directeur de cabinet, Fayçal Douhane, a reçu une délégation et promis un autre rendez-vous.

Pour être intégrées, les personnes qui arrivent sans papiers, ont besoin d’un travail et d’un logement. Il leur faut assurer leur subsistance le temps des procédures.

Il y a de la souffrance

Ces personnes arrivent sans parler la langue, elles ont perdu tous leurs repères et se retrouvent terriblement seules. Elles ne savent pas où elles dormiront le soir même et si elles auront à manger. De quoi ébranler les nerfs les plus solides… »Il y a de la souffrance, de la tristesse, souligne Thérèse, qui accompagne un Malien et un Arménien dans leurs démarches. Toutes les portes sont fermées, même celles de la préfecture ce matin ! ».

Des dysfonctionnements qui rendent la vie impossible

Travailler est vital. Mais les sans papiers n’en ont pas le droit et les procédures n’en finissent pas ! Le collectif pointe les dysfontionnements : « Des personnes en attente de la décision de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides)  depuis plus d’un an, n’ont pas de récépissé avec autorisation de travailler, relève Jean-Louis Didelot, porte-parole du Collectif. D’autres n’ont pas de réponse à leur courrier, ou au dépôt de promesse d’embauche, alors qu’on leur met la pression pour qu’ils travaillent ».

Sommés de quitter le territoire après 6 ans et demi !

Manvel et Sara Khatchatrian sont là et ils témoignent. Ils ont été régularisés pour raison médicale. Après 6 ans et demi en France, on leur demande de quitter le territoire, parce qu’ils n’ont pas un travail durable. Ils ont un enfant de 3 ans et demi, Montechristo. Et Montéchristo est monté avec la délégation. « On nous a demandé nos cartes de séjour, explique Manvel, nous pensions que c’était pour un renouvellement, mais on a reçu une obligation de quitter le territoire  le 3 septembre ! ». Ils ne comprennent pas …  après 6 ans et demi ? « On ne demande pas mieux que de travailler mais il n’y a pas de travail à Épinal !  » Ils ne trouvent que des travaux saisonniers ou des contrats ponctuels.

Syrien, mais pas accueilli

Hayka-Anouch Avdalyan explique qu’elle est hébergée en CADA (centre d’accueil des demandeurs d’asile) le temps de la procédure. Elle y est depuis 3 ans, mais son copain Syrien qui vient d’arriver en août en France, n’a rien, ni hébergement, ni aide pour vivre. « Je l’héberge même si c’est tout petit et si c’est risqué pour moi. Je ne peux pas le laisser dehors ! On entend qu’il y a une vraie mobilisation pour les Syriens qui fuient la guerre, mais pourquoi n’est-il pas accueilli ? Il ne peut pas aller au Liban, parce qu’on les rejette au bout de 3 mois ». En attendant, ils partagent les 60 € qu’elle a d’aide par mois. « Moi je me rappelle quand je suis arrivée. Je pleurais tous les jours parce que je ne savais pas où aller et que je ne parlais pas la langue. »

On les jette à la Moselle ?

Jocelyne et François sont allés chercher Sami et Fabiola, un couple d’Albanais de 24 et 28 ans mariés, qui couchaient dans le parc devant la préfecture. « Je les ai trouvés devant la préfecture et on a laissé parler nos tripes ! On a 3 enfants et 5 petits enfants, comment laisser des gens dans la rue ? On les a inscrit au cours de français, parce qu’ils ne parlent qu’anglais. Le 115 ne veut pas leur donner de place et je le sais parce que c’est moi qui téléphonais. On nous dit qu’il y a de la place mais ce n’est pas vrai ! Il n’y en a pas pour les Sans papiers ! Que fait-on ? On les jette à la Moselle comme le petit Aylan pour émouvoir le monde ? Quelle honte ! ».

Un autre rendez-vous

Le Collectif devrait être reçu rapidement. Peut-être parviendra-t-il à faire un peu avancer les choses.

 

 

 

 

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