Suicide – Comment mieux les prévenir ? La vie ou la mort ?

Les professionnels de la santé, la Ville, l’Agence régionale de santé réfléchissaient aujourd’hui sur le suicide au Centre des congrès en présence du Professeur Jean-Louis Terra, psychiatre spécialisé dans la prévention du suicide. Une journée consacrée aux moyens de prévenir ces suicides.

Le taux de suicide dans les Vosges est important, près de 100 Vosgiens en 2014. Il atteint 23,45 pour 100 000 habitants en 2015. Ce qui place le département en 19e position et l’évolution ne va pas dans le bon sens. On entend de plus en plus parler de suicide au travail ou au Pôle emploi. Le suicide des jeunes et des seniors est en hausse. La souffrance et le mal-être aussi. Alors comment prévenir le suicide ? C’est un véritable enjeu !

C’était la dernière option…

Le suicide n’est pas une maladie. C’est la conséquence d’une souffrance qui devient insupportable. Le suicide est rarement un appel au secours, c’est juste la dernière option ! 80% des personnes en ont parlé avant de passer à l’acte. Il y a des signaux. Une personne en crise suicidaire change. Elle devient taciturne, agressive. Elle s’isole, n’assure pas ses rendez-vous … Souvent, elle ne dort plus, quand elle se retrouve face à elle-même. « Mais il est possible d’interrompre ces différentes phases ».

Il y a de gros volcans à éteindre

La personne suicidaire ne veut pas mourir, elle veut juste faire cesser la souffrance. Elle est submergée par ce trop plein de souffrance et écouter, lui permettre d’exprimer ce qu’elle ressent peut l’aider à maintenir ses émotions un peu plus à distance. Il est essentiel de faire baisser la tension ressentie en se concentrant sur ce qui a provoqué cet état. « Il faut être curieux de l’autre, toucher par les mots… Il y a de gros volcans à éteindre mais rien n’est perdu ».

Une approche territoriale de proximité

Quand les signaux se manifestent, il est plus que temps de regarder l’autre, de lui prêter attention. La réponse est interdisciplinaire. Il faut favoriser le dialogue entre les équipes de santé, les praticiens, les familles et la personne à tendance suicidaire. Il est important de développer un meilleur repérage et une approche territoriale de proximité. C’est la volonté de l’Agence régionale de santé et des groupements de santé. « Il est nécessaire de former les professionnels, d’informer le grand public et les journalistes ».

« On croit à la libération mais c’est une chimère »

Valérie en témoigne. « Dans une famille qui cumule le non dit, se développent les maux ». Elle a 20 ans et la souffrance devient intenable. Elle veut mourir. »Ma mère s’est suicidée. Il y avait un déni de la maladie, décrit-elle. On enferme les tensions palpables. On refuse d’être aidée. On devient instable et un jour, on bascule. Il y a comme un renversement des valeurs. On se fixe une limite. Et si on ne contrôle pas sa vie, on se dit qu’on ca contrôler sa mort. On croit à la libération mais c’est une chimère ! ».

Il n’y a plus qu’à …

Et en soins, elle découvre les mots, qui établissent des ponts entre ces 3 langues, celle du patient, celle du psychiatre et celle de la famille, qui jusque là ne trouvaient pas de liens. La réponse pourrait être de mettre en place des réseaux de signalement des personnes à risques avec des équipes pluridisciplinaires et des groupes de paroles. Les professionnels imaginent des réseaux « sentinelle » en lien avec la recherche ou plus simplement « des binômes de prévention ». Tout est à faire. Les structures existent. Il manque les liens, la coordination pour être efficace. Alors il n’y a plus qu’à …

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