Un père désespéré se retranche avec ses enfants dans son appartement à Vincey

C’est un père de famille désespéré qui, ce matin au moment de confier ses filles Charlène 14 ans et Amandine, 16 ans, aux services sociaux pour qu’elles soient accueillies en famille d’accueil, ne peut s’y résigner ! Il se retranche dans son appartement avec elles, la fille de sa compagne, sa compagne et 2 amis. Il a fallu des heures de discussion avec 2 négociateurs de la gendarmerie, pour que Cyril Maillard accepte de se rendre vers 14h10.

« Les valises étaient prêtes, mais il n’a pas pu le faire« , témoigne sa compagne, Cathy. On a senti la tension monter. Cyril a le sang chaud et quand il décide de refuser le placement, tous font bloc avec lui « On n’a pas été sequestrées« , assurent également ses filles. Personne ne nous a demandé ce qu’on voulait, mais nous, on veut rester ici, avec notre père« . La demande est clairement exprimée et sans contrainte.

Une famille recomposée

Depuis la mort de leur mère dont il était séparée, en janvier 2013, les 2 filles, Charlène et Amandine vivent avec leur père, sa nouvelle compagne et sa fille, Élisa 13 ans. « Une famille recomposée, qui ne roule pas sur l’or, c’est vrai, mais on essaie de se débrouiller. Elles ne manquent de rien et se considèrent comme des soeurs ».

Des éducateurs interviennent dans la famille

« Les services sociaux se sont vite rendus compte qu’il y avait des problèmes, explique le procureur Étienne Manteaux. Nous avons pris une mesure d’AEMO (action éducative en milieu ouvert) et des éducateurs sont intervenus dans la famille.  Cyril Maillard boit assez souvent de l’alcool et dans ces moments là, il peut devenir violent« .

Un jugement de placement en famille d’accueil

Un signalement d’un ami du père  a été déclencheur. L’éducateur a saisi le parquet, estimant que les enfants étaient en danger. Les 2 filles auraient exprimé leur peur quand leur père boit.  Le 2 décembre, le juge décide du placement provisoire des filles pour 6 mois dans une famille d’accueil. Cathy et Cyril ont rencontré la famille et ça s’était plutôt bien passé. Mais le père ne sait toujours pas la fréquence de son droit de visite qu’il devra exercer en milieu neutre et sous surveillance. Une chose est sûre, il ne pouvait pas prendre ses filles pour Noël. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase !

Un passé judiciaire lourd

C’est vrai que le père 42 ans a été condamné 5 fois pour des actes de délinquance et il a écopé de 12 ans de prison ferme pour un viol sur mineur de moins de 15 ans. Mais il a purgé sa peine et a été libéré, il y a 7 ans. « Il a payé sa dette, se désole Cathy sa compagne, jusqu’à quand va-t-il devoir trainer ça ?« . Il a eu une obligation de soins lors de la précédente condamnation mais elle est terminée depuis 5 ans. Il ne fait pas de doute que le passé du père a amené la justice à prendre en prévention des mesures radicales.

Cathy parle avec désespoir des dérives de sa fille ainée qui suit le fil « pyromane » de Cyril et commet des vols. Ils auraient quitté l’appartement juste à coté, le laissant dans un état déplorable.

Des voisins qui constatent des actes de délinquance

Les voisins disent aussi, que depuis qu’ils sont arrivés à Vincey, il y a des vols de toutes sortes, des vols de carburant et des problèmes. « Les gendarmes y sont tout le temps. Ils ont même fait une perquisition« . Mais ce n’est pas chez Cyril Maillard. il semblerait que ce soit le fait des enfants aînés et autonomes.

Un appel au secours

A 9h ce jeudi matin, alors que les services sociaux devaient emmener  les adolescentes, le père désespéré s’est rebellé et a dit Non ! Et la famille l’a suivi. C’est clairement un appel au secours !

Décrétant que la justice ne pouvait éloigner ses filles sans les entendre , le père de famille a menacé de faire sauter la maison au gaz. Il voulait être entendu du juge aux affaires  familiales. Après plusieurs heures de négociations, il a accepté de se rendre. Il est 14h10. La famille est en pleurs. Elle espère être entendue.

Il encourt 5 ans d’emprisonnement

Cyril Maillard est placé en garde à vue. Le parquet devrait décider demain  soit d’ouvrir une information judiciaire, soit préférer une comparution immédiate.   devra répondre devant la justice, de menace de mort sous conditions et non présentation d’enfants. Il risque 5 ans d’emprisonnement.

Des circonstances atténuantes

« Mais comme il a coopéré, qu’il s’est rendu sans violence et n’a pas fait subir de violences aux enfants, il bénéficiera de circonstances atténuantes », assure le procureur, qui insiste sur le fait que pour contester une décision de justice, il suffit de faire appel. « On ne peut pas recourir à la violence pour faire pression sur la justice« . D’un autre coté aurait-on réellement entendu un homme qui a été condamné auparavant pour viol ? aurait-on saisi la détresse de cette famille si elle s’était pliée à la décision de placement ?

Sans violence

Les brigades de Charmes, de Neufchâteau, étaient sur place accompagnées de 2 négociateurs de la gendarmerie, un des Vosges et un de Meurthe-et-Moselle, le colonel Gilles Martin, commandant du groupement de gendarmerie des Vosges étaient sur  les lieux pour gérer la situation. Il n’y a finalement pas eu de violences. Les menaces étaient surtout le fait d’un père désespéré prêt à tenter le tout pour le tout, pour ne pas perdre ses filles.

 

 

 

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