Environnement

ATTAC – La COP21, c’est loin d’être gagné !

Après 10 jours de négociations au Bourget, le texte de l’accord est loin d’être abouti. L’essentiel des sujets portant sur les enjeux politiques sont encore en discussion ! Rien n’est tranché sur la différenciation des engagements, le financement, les objectifs à long terme de réduction des émissions, le niveau de contraintes. Cela fait beaucoup pour arriver à un accord qui ait un impact suffisant !

« Le texte final va-t-il entériner la position des États-unis et de leurs alliés ? », s’interrogent les militants d’Attac. Après avoir supprimé toute contrainte sur les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre et après avoir sorti des négociations les niveaux d’émission, le recul pourrait être poussé encore un peu plus loin.

Un accord au rabais ?

Il est question de réaliser un inventaire des engagements tous les 5 ans après 2020, avec une révision des engagements non contraignante. Les financements eux-mêmes pourraient être laissés à l’appréciation des États et des fonds financiers.

Sacrifier un des piliers de Kyoto …

Des reculs qui font craindre à Geneviève Azam, économiste et porte parole d’Attac, que  l’accord de Paris, « universel contraignant » n’en vienne à sacrifier un des piliers de la Convention de 1992 et du protocole de Kyoto. « Le principe de base admet que la responsabilité climatique est commune mais différenciée, et qu’elle suppose des engagements contraignants pour les pays les plus pollueurs, aussi bien en termes de niveau d’émission que de financement ».

Les marchés financiers avant l’urgence climatique !

« Si on fait marche arrière sur ces points, conclut-elle, après plus de 20 ans de flottement, c’est l’autre pilier de la convention qui s’imposerait sans partage, celui de la soumission des objectifs climatiques aux règles du libre-échange et des marchés financiers ».

Un réchauffement de plus de 3°C, ça craint !

Le projet d’accord pourrait entériner un réchauffement climatique supérieur à 3 °C, sans qu’il n’y ait de perspective d’amélioration dans les prochaines années.  « Un tel accord accentuerait le décalage abyssal entre l’objectif affiché et la réalité du réchauffement », déplore Maxime Combes, économiste et porte-parole d’Attac France sur les enjeux climatiques, entre la bulle des négociations et l’état d’urgence climatique auquel sont confrontées les populations les plus vulnérables. La Présidence française voulait un accord juste, ambitieux, équilibré et juridiquement contraignant, c’est pas gagné  !».

 

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