Bruyères – Les salariés de FICOCIPA en grève ont voté la reprise !

Depuis ce matin 5h, 95% des salariés sont en grève. Ils protestent contre la délocalisation de leurs emplois à Dieuze, site Mosellan et réclament la prime promise sans condition. Ils devaient rencontrer la direction en fin de matinée..

Fico-Cipa fabrique des rétroviseurs pour PSA et Renault et emploie 77 salariés. Le 13 mars 2015, la direction leur a appris que le site allait être délocalisé à Dieuze en Moselle, pour renforcer la production, mutualiser les charges et sauver un site sur les 2.

C’est impossible de faire les allers-retours tous les jours

Dieuze est à 83km du site de Bruyères. « Il faut 1h30 pour un aller, protestent les syndicalistes. C’est impossible de faire l’aller-retour tous les jours ! ». Du coup, les salariés sont en plein désarroi. « Il y en a une en dépression et d’autres qui vont mal », souligneVéronique Rey, secrétaire du comité d’entreprise, déléguée FO et Olivier Remy, délégué CGT. Ils ont débrayé 1h vendredi pour chaque équipe et 2h, lundi. Aujourd’hui, ils vont plus loin, ils sont en grève.

Le transfert repoussé en décembre

Le CHST étudie les modalités du transfert initialement prévu en août et finalement reporté en décembre 2015. « Le rapport d’experts constate qu’à Dieuze, rien n’est prêt pour accueillir les salariés de Bruyères », déplorent les représentants du CE. Ce qui n’est pas pour rassurer les salariés, qui ont l’impression que c’est une manoeuvre pour fermer le site sans éclat et sans mauvaise publicité.

Le mental ne va pas bien…

La plupart des salariés ne veulent pas partir là-bas. Dans cette usine, il y a une majorité de femmes d’une moyenne d’âge de 40 ans, avec 16 d’ancienneté. Elles ne veulent pas tout quitter pour vivre dans quelques années une autre fermeture. « Le mental ne va pas bien« , déplorent les syndicalistes. Pour compenser cette déstabilisation, la direction avait proposé une prime sans condition, mais elle s’était transformée en prime sous condition de rentabilité. Et il était également question de transférer 2 presses dès août sur le site de Dieuze. Ce qui a mis le feu aux poudres !

À Dieuze, on est inquiet pour l’avenir, à Bruyère, on fait du bénéfice

A Dieuze, la fermeture du site technique est annoncée et les syndicats locaux sont inquiets pour l’avenir du site mosellan qui perd un chiffre d’affaires de 60M€. Un courrier a été adressé par le secrétaire de  CGT FICOMIRRORS France, Tony Fausser, au Président de la République, qui a pris acte et demande à ses services d’étudier la question. « Le pire, c’est que le site de Bruyère qui est délocalisé, a un carnet de commandes plein et fait du bénéfice. En 2014, le chiffre d’affaires était de 3,2M€, et cette année, il est déjà de 1,3M€ avec moins de 6 mois de production. En moyenne, nous faisons 20% de plus que le chiffre d’affaires prévisionnel !« .

Encore des emplois qui quittent les Vosges

Le maire, Yves Bonjean et le conseiller départemental, Christian Tarantola étaient sur place. Pour eux, c’est encore de l’activité et des emplois qui quittent le territoire ! Ça fait mal ! L’espoir serait peut-être la création d’un site de peinture de ces rétroviseurs qui pourrait employer 90 personnes. Mais ce n’est qu’un projet dont l’ouverture si elle se fait se situe en 2017 … mais c’est une alternative et il porte les espoirs de tous ceux qui ne peuvent pas partir !

La reprise est votée

La grève a fait réagir. Le client a fait pression. Il lui fallait des rétroviseurs dès le lendemain.  Ce qui a poussé la Direction à accepter les conditions de l’intersyndicale FO et CGT. La prime sera versée entièrement dès demain sans condition. Les 2 presses restent sur le site de Bruyères. La délocalisation se négociera petit à petit, puisqu’elle n’aura lieu qu’en décembre et les heures de grève seront payées. L’assemblée a voté le protocole de fin de grève.

 

 

 

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