Conseil départemental – Un audit pour mieux gérer ses effectifs

Hier lors de la session qui devait voter les ajustements du budget, un audit des ressources humaines du conseil départemental comparait les effectifs à ceux des autres département de mêmes strates. Une base pour rationaliser et optimiser l’organisation dans un contexte contraint.

Par comparaison, les Vosges ont un peu plus d’agents mais une moyenne d’âge assez élevée, une bonne maîtrise des dépenses de personnel , trop peu de monde pour les finances et trop en communication, mais l’analyse se fait aussi en fonction des spécificités du département, qui est par exemple un département de montagne et des choix stratégiques avec des dispositifs que les autres départements n’ont pas comme les « Jeunes prêts à bosser ».

 Un peu plus d’agents mais moins chers

La comparaison s’est faite avec 12 départements de la strate 250 000 à 500 000 habitants et plus particulièrement avec l’Yonne, l’Aude, l’Allier et la Meurthe-et-Moselle. Les Vosges comptent 1779 agents, un peu plus que la moyenne qui se situe autour de 1718 personnels. « La tendance est à la baisse et la maîtrise des dépenses est plus élevée que les autres départements, puisque les dépenses de personnel ne progressent que de 2% par an pour 3% ailleurs. Les Vosges présentent une certaine stabilité des effectifs alors que les autres départements partent de plus haut et réduisent plus vite« , relève le cabinet Duranton.

23% des effectifs ont plus de 55 ans

Autre caractéristique pour les Vosges, la part des plus de 55 ans est importante. Elle atteint 23% des effectifs contre 20% ailleurs et les personnels d’encadrement y sont plus nombreux. Pour ce critère, les Vosges rejoignent les strates des départements de 1 million d’habitants. Le temps partiel est aussi plus élevé que dans les autres départements et les agents travaillent un peu moins de jours par an. Par contre, le taux d’accidents du travail est plus faible et la formation moyenne par agent est de 4 jours/an. Ce qui s’explique puisque le département recrute peu, il faut former les agents pour les redéployer sur d’autres fonctions.

Trop peu d’agents en Finances

Dans les Vosges, la pyramide hiérarchique est longue et le cabinet s’étonne du nombre de directeurs adjoints. Une réforme est en cours pour alléger cette organisation. Le département travaille également avec 4 pôles d’activité alors qu’en général, les départements équivalents en comptent seulement 3. Les Ressources humaines compte 48 agents, c’est la dimension courante, par contre les finances n’ont que 8 agents. « Ce sont des conditions trop tendues pour assurer les missions de plus en plus complexes ! », commente le cabinet. A l’inverse, le pole communication emploie 23 agents pour 16 sur les autres départements. « Les missions dans les Vosges vont bien au-delà de la simple communication, elles intégraient le marketing et la promotion du département », reconnait le cabinet. « Est-ce adapté aux enjeux ? » interroge l’auditrice.

Moins de 50% des effectifs des politiques sociales appartiennent à la filière sociale ou médico sociale

La présidence regroupe 51 agents pour gérer le protocole, dont 37 agents sont mis à disposition de services externes comme le SDIS, l’association des élus ou la Maison des personnes handicapées. Ils ne sont que 31 en Meurthe-et-Moselle et 24 dans l’Allier. Les routes sont aussi bien pourvues en personnel avec 10km/agent pour 13 ou 14km/agent sur les autres départements. Mais peut-être faut-il prendre en compte la géographie montagnarde des Vosges. Le cabinet relève aussi des incohérences dans les solidarités qui comptent 556 agents dont 237 accompagnants familiaux, beaucoup plus qu’ailleurs. « Moins de 50% de ces effectifs qui mettent en place les politiques sociales relèvent de la filière sociale ou médico-sociale », pointe le cabinet.

Des choix stratégiques

Le cabinet constate un nombre de collèges plus important qu’ailleurs et des équipements culturels plus largement ouverts au public. Dans les autres départements, les musées ne sont ouverts qu’en saison touristique. La jeunesse dispose de 16 agents avec un dispositif qui n’existe pas ailleurs. Le cabinet note les 10 postes de Vosges Arts vivants et s’interroge sur la nécessité de garder 15 postes pour l’économie alors que la capacité du département à agir dans ce domaine va être réduite.

Quelle qualité de vie, le département peut-il s’offrir ?

« Ces différences vont nourrir notre réflexion pour les trajectoires qu’il nous faut construire, conclut François Vannson, président du conseil. Aujourd’hui, nous avons une vision intéressante de la situation financière et de ses perspectives et de la sphère des starte équivalentes. Nous serons en mesure de prendre ensemble les mesures qui s’imposent en toute transparence ». « Sans oublier les spécificités locales, insiste William Mathis. Par exemple, si le dispositif des prêts à bosser disparaissait, quelles seraient les dépenses induites ? ». Il s’agit de « choix cruciaux » pour Guy Martinache comme abandonner ou maintenir des politiques volontaires.  « Ce sera des choix politiques importants mais difficile car des agents représentent une dépense mais amènent aussi de l’activité et de l’emploi. Il en va de la qualité de vie des aménagements ruraux », constate Jérôme Mathieu.

 

 

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page