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Ligne 18 -Les cheminots veulent des réponses !

Une trentaine de cheminots ont campé leurs drapeaux devant la mairie pour défendre la ligne Saint-Dié-Strasbourg. « Laisser la ligne se dégrader et l’assumer, c’est irrespectueux pour les  usagers ! », s’insurgent les militants, qui avaient répondu au mot d’ordre national pour obtenir des réponses.

Les cheminots ont vraiment l’impression que la SNCF ne se sent plus concernée par ces dessertes locales, qui sont essentielles pour le désenclavement du territoire et pour son développement mais qui ne sont pas des lignes « rentables ». Les usagers en ont ras-le-bol !

Pas d’informations !

« J’ai un abonnement travail, explique Séverine, une voyageuse régulière. Je suis arrivée en novembre et j’ai assisté à la mise en place des bus pour remplacer les trains. Le 1er jour, c’était un ratage complet. J’ai loupé la correspondance et je suis arrivée avec 1h15 de retard à Saales ! Il n’y avait aucune information et quand on questionnait les agents SNCF, ils n’en savaient pas plus que nous ! Maintenant, c’est rôdé, mais les bus partent à 7h19 au lieu de 7h34 et personne ne le savait les premiers jours !« .

2 trains qui font encore tout le trajet

« Si l’état du réseau est  en si mauvais état que c’est dangereux de faire rouler les trains, pourquoi laisse-t-on rouler les 2 trains, celui de 11h55 et dans l’autre sens celui qui part de Strasbourg à 17h55 ? » interroge un usager.

 Des horaires qui ne correspondent pas aux besoins

Séverin Colnat qui travaille au guichet était là pour défendre le service. »Les usagers ont été mis au courant du remplacement des trains par des bus au dernier moment, témoigne-t-elle. Certains qui venaient de prendre un abonnement travail ont dû se débrouiller autrement, parce qu’avec le retard, ils ne peuvent plus prendre leur correspondance. Les horaires en correspondent pas aux besoins. On sent vraiment le ras-le-bol ! Et il ne faut pas oublier que c’est un col, alors en bus, le confort n’est pas terrible« .

Tout se dégrade

Puisque le service n’est pas à la hauteur, les usagers s’organisent de plus en plus en covoiturage, ce qui désertifie un peu plus la fréquentation de la ligne et encombre les routes. « Si la SNCF voulait faire mourir la ligne, elle ne s’y prendrait pas autrement et c’est bien ce qui inquiète les cheminots. La région nous dit qu’elle veut sauver la ligne, mais on voudrait en être convaincus. Tout se dégrade ! », insistent les cheminots, qui défendent aussi leurs emplois.

Réduire au maximum le personnel

« On enlève les contrôleurs, l’accueil dans les gares, les personnes aux guichets et on a bien l’impression qu’ils veulent faire rouler les trains sans aiguilleurs. Si on supprime les lignes de Saint-Dié-Strasbourg et Strasbourg-Épinal, il ne reste plus qu’une ligne et il n’y a plus de problèmes d’aiguillages ».

On attend sans savoir si le train passera

« A Épinal, dès que quelque chose ne va pas, ils suppriment les trains et mettent des bus« , indique Séverine Colnat. « A Saint-Léonard, il n’y a personne pour nous dire si le train va passer, s’il est en retard ou supprimé. Il n’y a plus d’abri. On attend dehors dans le vent sans savoir si au bout du compte il y aura un train !« . A l’heure du numérique, c’est inacceptable. Chacun devrait pouvoir recevoir sur son portable un message d’information.

 Y-a-t-il une réelle volonté politique ?

Depuis que les trains sont remplacés par des bus, les arrêts entre Saint-DPLus d’arrpié et Provenchères dépendent des bus, mais il n’y en a pratiquement plus. Les abonnés doivent se débrouiller.  Bref, vu l’état du service, les usagers et cheminots sont inquiets : »Est-ce que tout n’est pas fait pour supprimer cette ligne ?« .

Ils veulent plus que des discours

La ville et la Région ont toujours dit qu’elles défendaient le maintien de la ligne 18, mais les cheminots veulent plus que des discours. Ils demandent un calendrier, le détail des travaux et les financements programmés. Ils ont établi qu’il faudrait 8,4M€ pour les travaux d’urgence à faire, remplacement des rails (2,6M€) et travaux dans le tunnel (5,8M€), pour lever le ralentissement. Mais les travaux du tunnel (5,8M€) peuvent être échelonnés sur plusieurs années. La réfection totale de la ligne reviendrait à 18,6M€.

La ligne 18 intégrée aux priorités de la région

Une délégation a été reçue en mairie par le directeur de cabinet et David Valence, président de la commission transport à la région Grand Est, en déplacement, a confirmé par communiqué que la ligne 18 avait été intégrée aux priorités à réaliser en urgence. Une enveloppe de 65M€ a été spécialement négociée avec l’État pour les réfections à faire en urgence sur la région Grand Est.

communique-D-Valence

 

 

 

B.Boulay

Journaliste, c'est mon job ! J'aime les rencontres qu'il suscite, la diversité des milieux où il nous mène, les enjeux qu'il explore. J'apprécie le jeu de fil de fériste de l'éthique, qui parfois nous complique bien la vie... Après plus de 15 ans d’actualités locales, ACTU 88 est né. L’essentiel en toute simplicité. ACTU 88, c’est un journal indépendant, une aventure, un regard. C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui donnent du sens à des projets. C’est la vie d’un territoire face aux enjeux de l’avenir. Faites-en un favori et contactez-moi ! ACTU 88 sera ce que vous en ferez ...

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