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MVM : 120 licenciements prévus

A midi, les salariés rejoignent la CGT qui a planté sa tente devant l’usine. Ils attendent les premières informations, inquiets. Ils redoutent ce qu’on va leur dire. Les délégués leur ont promis un point de situation sur le plan de sauvegarde qui leur est présenté lors de ce comité extraordinaire.

L’avocat des salariés n’a pas été admis à cette réunion, parce que celui de la direction n’était pas présent. « C’est la 1ère fois que je vois un avocat refusé », s’étonne Denis Schnabel, UDCGT.

Licenciements dans tous les services

Xavier Remia, délégué CGT, sort enfin et rejoint les salariés : « Il y aura des licenciements dans tous les services. Pas un n’y échappera ! Mais l’entreprise est loin de s’en sortir, même avec ces licenciements. C’est très mal parti. On nous dit qu’on est capable de tourner avec autant de personnes en moins, mais aujourd’hui, ce n’est pas vrai ! Certains salariés font 47h, pendant que d’autres sont au chômage technique ».

Pas le Père Noël !

 « Ca fait 15 ans qu’on nous dit de faire confiance et voilà où on en est. Il ne faut pas nous prendre pour des ânes ! La direction demande l’adhésion de tout le monde. Je ne peux pas dévoiler le plan, mais ce n’est pas le Père Noël ! Nous sommes 10 au comité et nous n’avons pas la main mise. C’est à vous de faire vos choix ! ».

Un discours qui ne surprend pas les salariés. Après un temps mort lourd de sens, les commentaires fusent. « On se demande s’il y a un pilote dans l’avion !».

Et après ?

« Je suis persuadée qu’après cette première vague, ils  nous serviront la suite, regrette une salariée.  Ca fait 40 ans que je travaille là. C’est toute ma vie. Ça fait drôle de se dire que ça va s’arrêter ». « Vous avez vu ce qu’on touche, rétorque sa voisine, que voulez-vous que l’on fasse ? Et on va partir avec rien. Je suis déçue qu’il n’y ait pas plus de mobilisation. Les autres disent que ça ne sert à rien. Et pourtant, on n’a plus grand chose à perdre …».

Des camions stoppent au poste de garde. Il reste une activité. Les salariés passent devant leurs collègues pour reprendre leur poste de travail.

Nous voulons une stratégie industrielle

D’un coté, la fatalité, de l’autre, un dernier espoir d’inverser un rapport de force.

A la CGT, on tempête : « Il n’y a pas de plan de continuation. On, pourrait accepter les licenciements si c’était le passage obligé d’un plan industriel qui tienne la route. Mais là, la direction licencie et n’a pas un résultat équilibré à la fin de l’année ! ».

La CGT pense qu’il serait possible de parier sur la cuisine montée. « Nous voulons qu’on nous présente une véritable stratégie industrielle à court, moyen et long terme », réclament les syndiqués.

Propositions des salariés le 7 février

Mais aujourd’hui, il faudra se contenter d’un plan de sauvegarde de l’emploi : 120 licenciements au minimal légal et en favorisant les départs volontaires quand ils peuvent correspondre aux postes qu’il est prévu de supprimer.

La prochaine réunion de comité est programmée le 7 février. Les délégués y présenteront leurs propositions.

Plan de sauvegarde d’abord

« Le plan comporte deux volets, défend Eric Fohlen, porte-parole de la Direction. Le premier, c’est le plan de sauvegarde et les 120 licenciements aux conditions légales avec une ouverture sur les départs volontaires. Le second volet, portera sur le développement industriel et commercial. Il aura 3 axes ».

Plan industriel début mars

« Le premier portera sur la performance, la culture des résultats. Le second adaptera l’offre à la demande,  développera l’innovation et l’e-commerce. La 3e jouera sur la flexibilité. Mais il faut passer le message : Mattaincourt doit retrouver sa place sur le marché. Nous réfléchissons à ouvrir du dressing, mais c’est trop tôt pour en dire plus par rapport à la concurrence. Il faut compter un mois de négociation avec les partenaires sociaux.  On devrait pouvoir communiquer sur ce 2e volet début mars. Mais on ira vers plus de flexibilité. Il faut en finir avec les pertes récurrentes. Le site devra être à l’équilibre en 2014 ». Rappelons que l’audience du tribunal de commerce est fixée au 7 mars. Et pour l’instant, force est de constater que la direction n’avance que des titres sans contenu défini. Difficile avec ces éléments de comprendre où le groupe veut aller.

B.Boulay

Journaliste, c'est mon job ! J'aime les rencontres qu'il suscite, la diversité des milieux où il nous mène, les enjeux qu'il explore. J'apprécie le jeu de fil de fériste de l'éthique, qui parfois nous complique bien la vie... Après plus de 15 ans d’actualités locales, ACTU 88 est né. L’essentiel en toute simplicité. ACTU 88, c’est un journal indépendant, une aventure, un regard. C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui donnent du sens à des projets. C’est la vie d’un territoire face aux enjeux de l’avenir. Faites-en un favori et contactez-moi ! ACTU 88 sera ce que vous en ferez ...

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