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MVM : Qu’on arrête de nous mener en bateau !

Les salariés en appellent à la direction du groupe Parisot : « Démontrez-nous que nous pouvons continuer ! ». Les chiffres et les conditions disent le contraire. Parisot Mattaincourt en février enregistre un déficit de 1,725M€.

 

A 13h, les syndicats étaient remontés. Ils ne veulent plus de discours incohérents. Ils veulent des réponses concrètes et argumentées, des réponses crédibles, car le cabinet d’expertise comptable mandaté par le comité d’entreprise, Secafi, l’a confirmé : le plan d’économie présenté par la direction n’est pas viable, il mènerait à des dettes supplémentaires, l’usine ne peut pas tourner avec 120 personnes en moins et sans investissement sur l’outillage, il sera impossible de distancer la concurrence, d’autant plus que l’usine souffre d’un mauvais positionnement commercial. « Rien ne tient debout ! », dénoncent les syndicalistes, main dans la main.

Des réponses crédibles et argumentées

A 14h, ils exigeait la venue de Jacques Cuehle, directeur du groupe Parisot, pour avoir des réponses précises et argumentées sur l’état de la trésorerie du groupe Windhurst, ses projets d’investissement par rapport à Mattaincourt et la manière dont il projette de faire tourner la production, puisque tous les professionnels s’accordent à dire qu’avec 120 personnes en moins, il n’est plus possible de répondre à la demande de production. « Puisqu’il est majoritaire, (51% des actifs), c’est à lui d’assumer la situation, assène les délégués. Qu’on arrête de nous mener en bateau ! Qu’enfin, on nous dise les choses comme elles sont vraiment».

Ils redoutent la liquidation, ne peuvent plus supporter les belles paroles.

« Que l’avocat nous assiste ! »

Vendredi, une réunion est prévue en préfecture avec la direction et les élus pour tenter une analyse de la situation. Les représentants ont dû faire du forcing pour pouvoir en être. En même temps, le comité d’entreprise mobilisera le restant des délégués sur le site. « Nous voulons que l’avocat y assiste pour bien appréhender et décoder les conséquences juridiques, déclare Pascal Ferrard, délégué CGT du CE. La direction a toujours refusé sa présence aux réunions, mais maintenant, ça suffit ! »

Recherche interlocuteur du Groupe

« Roland Jouve a été embauché sur  un CDD de 3 mois pour appliquer le plan social. C’est lui qui représente la direction avec Jean-François Danner, poursuit Gérald Frisot, délégué CFDT du CE. Mais il vient d’arriver et ne peut pas nous répondre. Donc il note et en réfère à la direction. Nous voulons que quelqu’un puisse parler au nom du Groupe ! Nous voulons une réunion avec les partenaires sociaux, Windhurst, et les élus. Nous voulons des réponses argumentées et les budgets qui vont avec. Comment croyez-vous que va réagir le tribunal en voyant les chiffres et l’incohérence du projet ?».

La prochaine audience au Tribunal de commerce est fixé au 7 mars.

Tous les syndiqués estiment qu’ils ont essayé d’être conciliants et d’entendre la direction, mais que là, ce n’est plus possible ! STOP ! « Qu’on arrête de nous balader ! ». Un nouveau débrayage est prévu vendredi à partir de 10h.

B.Boulay

Journaliste, c'est mon job ! J'aime les rencontres qu'il suscite, la diversité des milieux où il nous mène, les enjeux qu'il explore. J'apprécie le jeu de fil de fériste de l'éthique, qui parfois nous complique bien la vie... Après plus de 15 ans d’actualités locales, ACTU 88 est né. L’essentiel en toute simplicité. ACTU 88, c’est un journal indépendant, une aventure, un regard. C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui donnent du sens à des projets. C’est la vie d’un territoire face aux enjeux de l’avenir. Faites-en un favori et contactez-moi ! ACTU 88 sera ce que vous en ferez ...

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