Economie

Trop de pluie, les agriculteurs boivent le bouillon !

Il pleut, il fait froid, … les agriculteurs craignent de se noyer ! Daniel Grémillet, Chambre d’agriculture, Jérôme Mathieu, FDSEA, et Jean-Paul Fontaine, JA, lancent un cri d’alerte. La situation est d’ores et déjà catastrophique ! Ils voient l’avenir en gris.

« Depuis octobre, la pluviométrie est de + 30%, souligne Daniel Grémillet,  président de .la chambre d’agriculture. Elle a gagné 5,70% sur les 10 dernières années. Nous avons un retard de + 145°C, soit 2 semaines de soleil à temps plein ».

En clair, il pleut et il fait trop froid ! Les céréales n’ont pas pu être toutes semées dans les temps imposés par la réglementation de la PAC. Si elles l’ont été, elles sont noyées et ne poussent pas. « Pour le maïs, à peine 50% a pu être planté. Il reste 8000 ha à semer sur les Vosges, précise le président de la Chambre. L’orge est vert dessus, mais en dessous, il n’y a rien »

Une récolte d’herbe perdue

Pas de première récolte d’herbe envisageable, alors que les bêtes ne peuvent pas aller en prairie ! « La première coupe d’herbe représente en principe 60% de la récolte de l’année », poursuit Jérôme Mathieu.  Donc un vrai manque à gagner !

Il a fallu se résoudre à entamer les réserves destinées à l’hiver. « Il va falloir acheter des compléments protéinés pour  l’apport de l’herbe, alors que c’est la période où normalement nos bêtes, profitent d’une herbe enrichie en prairie, poursuit Jean-Paul Fontaine, dépité. On les met en pâture pour les engraisser après l’hiver. Là, elle maigrissent. On a perdu le plus beau mois de l’année !». Ce n’est pas mieux pour les ovins !

4% de collecte de lait en moins

Les bêtes qui sont malgré tout en pâture, piétinent le sol détrempé, avalent de l’herbe gorgée de terre et n’ont plus la même qualité de lait. « C’est déjà – 4% sur la collecte de lait et avec le froid et la pluie, on a des petits veaux qui ont des problèmes de pneumonie ».

Autre source d’inquiétude, la floraison des arbres a plus de 3 semaines de retard. « Pour l’instant, il y a une bonne floraison et des feuillages, mais il est difficile de prévoir l’attaque des maladies. On va suivre l’évolution dans les semaines à venir », poursuit Jérôme Mathieu.

3000€ de perte pour une ferme moyenne

Pour les abeilles aussi, la perturbation se fait sentir. Au lieu de récolter du miel plusieurs fois par jour, les apiculteurs doivent nourrir les abeilles !

Le colza quant à lui est magnifiquement coloré, mais les apparences sont trompeuses, d’après Jean-Paul Fontaine, seulement 50% des fleurs sont fécondées.

« Pour chaque jour perdu en mai, reprend Daniel Grémillet, il faut 2 jours de récupération en septembre. Ces 15 jours de beau temps que l’on n’a pas eu, c’est fini ! On a perdu le plus beau mois de l’année. Aujourd’hui, l’impact de la perte de l’herbe équivaut à 3000€ pour une ferme moyenne. On prend sur les réserves. Ca va être compliqué pour l’année en cours et quand le beau temps reviendra, on aura de la quantité qui ne vaut rien».

Un bilan énorme

La messe est dite ! « Le bilan est énorme et va entrainer des tracasseries administratives, puisque les semis ne correspondent pas aux déclarations« . En attendant, seule l’assurance récolte pour ceux qui en ont contracté une, peut un peu limiter les dégâts. Pour tenir, il faudrait aussi que l’augmentation du prix du lait ne soit pas seulement un effet d’annonce. Et pour l’instant, elle se fait attendre. « On va gérer sur l’année. Si les intempéries durent jusque fin juin, il y aura peut-être des alternatives. Mais il faut attendre la fin des intempéries pour le savoir ».

B.Boulay

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