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UPM – Un train d’escargot pour une course contre la montre

Opération Escargot de Docelles à la préfecture, roulements de tambour, les UPM voulaient se faire voir et entendre ce vendredi ! Ils voulaient faire comprendre à la direction France venue pour une réunion avec les élus et les pouvoirs publics, qu’ils ne comptaient pas pour des prunes.

 

Ils sont tous venus, 63 voitures, 175 personnes, montrer qu’ils peuvent se mobiliser et qu’il faut compter avec eux. Le message est clair : « S’il faut vendre, vendez, mais assurez nos emplois et la poursuite de l’activité ». Rappelons que la direction a annoncé un délai de 6 mois pour vendre.

En attendant de savoir à quelle sauce ils seront mangés, les salariés d’UPM Docelles ont travaillé normalement. Ils attendent qu’on leur présente ce fameux dossier de vente. Ils patientent, mais on les sent « bouillir ».

Tous ensemble

C’est « Tous ensemble » qu’ils étaient venus à l’assemblée générale le 7 février, c’est encore « tous ensemble » qu’ils ont défilé dans les rues en voiture d’abord, puis à pied. « C’est bien de sentir qu’on est regroupés derrière une intersyndicale qui fait front. C’est important », témoigne une salariée. Aujourd’hui pas de querelles intestines, mais un seul objectif : sauver leurs emplois !

Un bon point pour eux, la direction France, en la personne de Jean-Marc Louvet, s’est déplacée à la préfecture, faisant preuve de la bonne volonté du groupe. Philippe Pinard, direction de Docelles  y était également.

Les élus aussi

Pour les élus, Christian Poncelet, président du conseil général, Vincent Berton, secrétaire général de la préfecture, Gérard Cherpion, député du secteur, Christian Tarantola, maire de Docelles et conseiller général du canton de Bruyères cherchent des solutions pour maintenir l’activité sur le secteur.  Ils étaient présents aujourd’hui.

Enfin, une délégation de représentants des salariés complétait la table ronde. Elle cherche à comprendre quels sont les enjeux sous-jacents et non énoncés.

Denis Schnabel, secrétaire de l’UDCGT se veut positif, parce que l’usine a une trésorerie saine, un outil performant et un réel savoir faire. « La direction joue le jeu en maintenant les commandes, constate-t-il. L’usine tourne »

Le dossier de vente présenté le 8 mars au CCE

Cependant, ce fameux dossier de vente n’a toujours pas été présenté. Les salariés devront attendre le 8 mars lors du CCE parisien pour en découvrir les tenants et aboutissants et évaluer leurs chances de trouver un repreneur. Lors de ce comité, la direction devrait également mandater le cabinet Ernst & Young,  qui accompagne les entreprises. Les salariés mandateront pour leur part, le cabinet Secafi qui travaille avec les comités d’entreprise.

L’impression est unanime : « La direction cherche vraiment un repreneur », confirment les représentants. Impossible pourtant de se cacher le fait que la filière papier est en surproduction en Europe ! Alors qui ? A quel prix et dans quelles conditions ? Les salariés ont le sentiment que les repreneurs potentiels sont déjà connus de la direction.

Prochaine réunion le 12 avril avec des réponses et des engagements

La prochaine réunion est prévue le 12 avril. Les salariés ont demandé qu’une étude indépendante analyse le dossier de vente et les pistes à explorer. Ils souhaitent qu’un titulaire du comité d’entreprise siège au comité de pilotage. Enfin, ils demandent à la direction d’inclure dans la reprise une clause de non concurrence pour être sûrs de pouvoir poursuivre l’activité sans être contré par leur ancien groupe. « UPM a fait un choix, le groupe doit en assumer les conséquences, revendique Christian Paulin UD CFE-CGC. Il doit assurer le transfert commercial dans de bonnes conditions ».

Le temps nécessaire

Les salariés demandent également le report de la date limite de vente. Ils proposent de prendre le temps nécessaire, car deux mois sont déjà passés sans que le dossier de vente n’ait été finalisé. Une réunion qui a permis aux salariés de faire connaître leurs demandes. Les réponses au prochain épisode.

« Nous poursuivons comme nous l’avons fait, en maintenant une bonne image de l’entreprise, mais en nous montrant capables de mobiliser si c’est nécessaire », conclut Sébastien Saget, délégué CGT.

 

B.Boulay

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