Vaudoncourt – Le centre de tri sera reconstruit à Épinal-Razimont

Le centre de tri sera construit à Épinal Razimont. Thibault Desquaires, directeur du groupe SITA, en a informé ce soir le comité d’entreprise, en promettant de reprendre tous les salariés et de les accompagner dans ce changement. Un peu assommés par la nouvelle, les salariés laissent décanter… Mais Christian Franqueville part en guerre ! La guerre du tri aura-t-elle lieu ?

S’ils s’en doutaient depuis un peu plus d’un mois, les salariés ont pris cette annonce en pleine face. Ils avaient accepté de sacrifier leur vie de famille quelque mois pour retrouver leur poste à Vaudoncourt, une fois le centre de tri reconstruit.

La donne a changé

Aujourd’hui, la donne a changé. Les salariés peuvent garder le même poste, mais ils devront aller à Épinal.  Ils ont donc le choix entre déménager ou faire chaque jour 120 km aller-retour, environ 2h de route par jour.

« C’est le projet qui permettra le mieux de pérenniser le site et les emplois, puisque construire le centre de tri à Razimont, permet de se rapprocher des habitants du centre et de l’Est. Nous serons placés au cœur du dispositif et prêts quand les contrats devront être renouvelés », défend Thibault Desquaires.

Un accompagnement conséquent

Le projet prévoit de tourner avec 30 000 tonnes collectées. Il doit être validé par le groupe. « Aujourd’hui, j’ai un projet pérenne et j’y tiens », confirme le directeur. Pour convaincre les salariés de suivre, il a prévu un accompagnement « conséquent ». Pour ceux qui envisagent de déménager, l’entreprise prendrait en charge le déménagement, les frais d’agence et de caution et une prime de rideaux.

Pour ceux qui décident de faire la route, elle propose une prime de mobilité et une indemnité kilométrique. SITA avait proposé un montant de 80€ mensuels, mais devant les protestations des salariés, le montant sera revu.

Prochain CE à Briey le 17 mars

L’entreprise pourrait également envisager la mise en place d’un bus. « Nous devons en reparler avec les salariés lors du prochain comité d’entreprise qui aura lieu le 17 mars à Briey, mais personne ne sera laissé au bord de la route , assure le directeur, qui ajoute : « On s’est investi. On s’est vraiment donné du mal pour que tout se passe au mieux ». 31 salariés sont concernés.

Mise en service en janvier 2015

Il faut encore attendre que le projet soit validé par le groupe, puis compter un an pour un site opérationnel. Ce qui veut dire poursuivre les trajets et le travail à l’extérieur du département pour 6 d’entre eux encore plus d’un an ! Le provisoire s’installe, et là, les salariés tiquent. La mise en service, si tout se passe bien, devrait avoir lieu en janvier 2015.

Le site de Vaudoncourt serait alors réservé à l’enfouissement des déchets non dangereux et tournerait avec 3 ou 4 personnes.

Une usine de tri intercommunale

Une annonce qui laisse perplexes les salariés, mais fait sortir de ses gonds Christian Franqueville, député de ce territoire. « Le site du centre de tri appartient à la communauté de communes de Bulgnéville. Si SITA ne veut pas reconstruire ici à Vaudoncourt, nous allons lui proposer de reprendre les 35 salariés pour y faire une usine de tri, annonce-t-il. Le contrat du Smd (syndicat mixte de traitement des déchets) avec SITA court jusqu’en 2016.

Alimenter SOREPLA

«  L’idée serait de créer une société d’économie mixte, poursuit-il, et de diriger les 20 000 tonnes triées (tri des sacs jaunes) vers l’usine SOREPLA de Neufchâteau, qui emploie 70 personnes et rencontre de grosses difficultés, parce qu’elle manque de matières premières ». Christian Franqueville voit le 2 en 1 (garder sur la Plaine les emplois du centre de tri et sauver ceux de Sorepla). « Je me battrai becs et ongles pour ne pas laisser jeter comme des kleenex des salariés qui ont donné 10 ans de leur vie pour travailler sur la plateforme. C’est la logique du capital, mais on ne peut pas accepter ça ! »

Le Smd suit

« J’ai passé aujourd’hui 2h au Ministère du redressement productif pour défendre cette idée et j’ai rencontré Jean-Louis Bouaziz de Véolia, qui serait intéressé par le gisement. Et le Smd suit. Il a délibéré en conseil d’administration. On ne peut pas balader les gens comme ça ! »,  s’insurge le député. Des discussions pourraient s’engager avec la Meuse, qui ouvre également un centre de tri. « Dans 5 ans, on peut augmenter de 20% et ce sont les citoyens qui auront le retour par une baisse des taxes ». Il annonce une conférence de presse avec le Smd, lundi sur le site de Vaudoncourt. Mais si le Smd décidait de ne pas renouveler son contrat avec SITA, le groupe perdrait 60% de son volume. Ce qui serait carrément problématique. Thibault Desquaire découvrait ce soir cette menace.

Au cas par cas

Les salariés sont partagés. Bien sûr, l’entreprise fait une offre correcte d’aide à la mobilité, mais tout n’est pas résolu pour autant. « Je suis seule avec 4 enfants dont un enfant handicapé de 9 ans  en centre à Vittel, comment vais-je pouvoir gérer ca ? » se demande une salariée. Blandine envisage de passer le permis, puisque SITA accepte de payer des formations pendant l’année intermédiaire. Sa voisine, qui a le permis poids lourd envisage un reclassement dans le groupe. Et pourquoi passer le permis de cariste ?

Pas simple !

Michel reste septique. « C’est du pipeau tout ça. Ils ne tiendront pas leurs promesses. Il n’est pas question de changer complètement ma vie pour un objectif qu’ils ne sont même pas sûrs d’obtenir (récupérer d’autres contrats, quand ils arrivent à échéance) ». Pour lui 80€ mensuels pour 130km par jour, c’est impensable ! Angélique, qui a construit, pense aussi que c’est bien peu… Et cette autre maman séparée ne pourra pas partir, car la garde de son enfant est une garde alternée avec le papa. Pas question de prendre le risque de perdre ses droits. Rien n’est simple !

Pas le choix

Tous préfèreraient évidemment que le centre de tri soit reconstruit sur le site de Vaudoncourt. « Mais qu’est-ce qu’on y peut ? » interrogent-ils. Pour la plupart, il n’est pas question de rester au RSA après avoir travaillé 10 ans et « de ne pas pouvoir offrir une place de cinéma à mon fils parce que le 15 du mois, on n’a plus de quoi payer ! Ce n’est pas la vie que je veux pour lui ». Alors pas le choix !

Une expertise

La CGT, va demander une expertise au Cabinet 3e consultants de Metz, pour savoir si le site  est viable avec une collecte de 25000 tonnes. De même, un courrier sera adressé au préfet, au conseil général et à la ville d’Épinal. Il semble que les parties n’aient pas dit leur dernier mot !

http://www.actu88.fr/vaudoncourt-les-salaries-demandent-la-reconstruction-du-centre-de-tri-comme-prevu/

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