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9e Forum : quel couple Jeunes-Entreprise pour demain ?

Un jeune sur 5 est au chômage et les entreprises n’arrivent pas à recruter. D’où vient l’inadéquation ? La question était débattue hier soir avec une conclusion de Luc Ferry, ex ministre de l’Education.

« Alors qu’ils aspirent à s’insérer, trop de jeunes sont confrontés à la précarité, pointe Gérard Claudel, président de la CCI. Ascenseur bloqué pour les jeunes, développement freiné pour les entreprises, cette double contrainte paralyse notre économie ». Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? La CCI ouvrait le débat au Centre des congrès d’Épinal.

Des hypothèses : l’inadéquation des formations à la demande, une image du monde de l’entreprise qui n’attire pas… Les entrepreneurs s’interrogent. « Les jeunes ne connaissent rien au monde de l’entreprise », constatent-ils. « C’est à nous, chefs d’entreprise, de les convaincre de nous rejoindre », affirme Gérard Claudel.

Des espaces de rencontre

Pour ce rapprochement, la CCI a mis en place la nuit de l’orientation le 8 février, où jeunes et entreprises se rencontrent pour parler métier.  Cet événement a été un succès. Elle a également lancé un jeu sur Facebook « Fais-toi un film », pour inciter les jeunes à aller chercher dans les entreprises, le métier de leur rêve.

A la fois jeune et entrepreneur, Thomas Rothé, 24 ans, diplômé de l’ENSTIB et directeur d’ERBA, a préféré créer son entreprise, plutôt que de chercher un travail salarié. Pour lui, l’entreprise est un outil de travail et il estime avoir ainsi plus de marge de manœuvre pour atteindre l’objectif.

 Génération réactive et communicante

« Nous avons affaire à une génération impatiente qui ne veut pas attendre 10 ans pour être reconnue, analyse Stéphanie Colin, cabinet de RH Orchidée. Les jeunes veulent faire leurs preuves, mais ils ont besoin d’avoir quelqu’un avec qui parler de leur progression. Ils veulent vérifier qu’ils évoluent et qu’on reconnaît leur contribution à l’avancement de l’entreprise. C’est une génération de communicants.Quant à la loyauté, elle existe encore, mais seulement s’il y a reconnaissance. Elle n’est pas acquise. Elle se mérite».

Les jeunes veulent bien apprendre, si on leur reconnaît quelques atouts. Ils n’acceptent pas de perdre du temps, débordent d’énergie et de créativité qu’il faut canaliser et que ça aille ou pas, ils n’hésitent pas à le partager sur les réseaux sociaux ! Dur, d’être un chef d’entreprise, on est aussi jugé !!!

L’alternance pour tester l’entreprise et s’adapter

Pour Jean-Pierre Culot, directeur du centre Leclerc de Raon-l’Étape, l’intégration pour la plupart des métiers de la distribution passent par l’Alternance, qui offre la transmission d’un savoir-faire dans la pratique et les règles de l’entreprise. Elle permet cet ajustement difficile entre l’envie de faire et l’adaptation à l’entreprise. C’est aussi l’avis de Mélanie Marchal, 22 ans assistante commerciale de la Charcuterie Pierrat : « Le seul moyen de savoir si un métier est fait pour vous, c’est de le pratiquer ». Pourtant, trouver une  entreprise pour une formation en alternance est un vrai défi. L’Allemagne est plus ouverte à ce type de formation et à la « culture jeunes ». « Il faudrait une révolution des mentalités pour que l’alternance devienne un outil privilégié des chefs d’entreprise en France, estime un chef d’entreprise travaillant dans l’ameublement. Il faudrait également rendre ces métiers dits « manuels » plus sexys, car pour l’instant, ces filières reçoivent les jeunes par défaut et non par choix ». Les chefs d’entreprise confirment l’embauche à 85% des personnes en alternance passées par leur société.

Privilégier l’envie de faire

« Ce n’est pas le salaire qui attire les jeunes. Il est important pour gagner son autonomie, mais les jeunes veulent surtout s’éclater dans leur travail, constate Régis Laurent, fondateur de Bol d’air Aventure à la Bresse. Au début, quand ça n’allait pas, je le disais sans comprendre que l’équipe avait fait le maximum. Il faut expliquer et surtout ne pas casser l’envie ».

Mais si les valeurs liées au travail restent intemporelles, la relation au travail et les outils évoluent. Peut-être que les jeunes savent moins bien lire, mais ils maîtrisent les nouvelles technologies et la communication. Ils savent aller chercher une information qu’ils n’ont plus besoin de retenir et utiliser les réseaux pour trouver la réponse qu’il leur faut. Une autre performance.

CCI : chambre de commerce et d’industrie
 

Luc Ferry : Dédoublement des CP et création d’écoles d’excellence

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« Nous sommes passés d’une société basée sur la tradition et la sagesse des anciens, à une société de l’innovation tournée vers l’avenir, où les jeunes incarnent le progrès, illustre Luc Ferry, ex ministre de l’Education et philosophe. Et le mouvement de valorisation des jeunes s’accompagne de la dévalorisation des anciens, qui domine aujourd’hui. En même temps, nous avons évolué du mariage arrangé, où les enfants étaient une charge, une fois l’héritage assuré par l’aîné, vers un mariage passion où les enfants tiennent une place affective importante. Pourtant, nos jeunes sont les plus pessimistes du monde. Seulement 17% des français ont une vision optimiste de l’avenir ».

l’ancien ministre invite à relativiser. En comparaison des périodes de guerre, le niveau de vie s’est considérablement amélioré. Par contre sur 10 ans, la situation des jeunes n’a cessé de se dégrader et l’avenir est opaque. « Quand vous êtes en progression en partant de très bas, vous êtes optimistes, poursuit-il. Quand vous partez de haut et que vous ne progressez plus, vous êtes pessimistes ».

Pour lui, le niveau de diplôme est plus élevé, mais les compétences le sont moins. Il pointe les difficultés des enfants d’aujourd’hui à maîtriser la langue. « 80% des enfants qui n’ont pas appris à lire au CP, n’apprendront jamais. 35% des enfants ont des difficultés en  lecture (de l’illettrisme en passant par le déchiffrage lent ou la non compréhension de ce qui est déchiffré) ».

Il préconise le dédoublement des classes de CP et la création d’écoles d’excellence pour les métiers manuels dans les secteurs où la France est performante.

 

B.Boulay

Journaliste, c'est mon job ! J'aime les rencontres qu'il suscite, la diversité des milieux où il nous mène, les enjeux qu'il explore. J'apprécie le jeu de fil de fériste de l'éthique, qui parfois nous complique bien la vie... Après plus de 15 ans d’actualités locales, ACTU 88 est né. L’essentiel en toute simplicité. ACTU 88, c’est un journal indépendant, une aventure, un regard. C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui donnent du sens à des projets. C’est la vie d’un territoire face aux enjeux de l’avenir. Faites-en un favori et contactez-moi ! ACTU 88 sera ce que vous en ferez ...

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