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BIHR liquidée, la bataille continue !

Le tribunal de commerce a prononcé ce matin, la liquidation de Bihr sans poursuite d’activité. Une décision attendue, mais les salariés cherchent leur directeur de production, pour maintenir l’activité. « Rien n’est perdu ! », assure Ralph Blindauer, avocat des salariés.

« Bihr, c’est fini, mais j’ai demandé au tribunal de ne pas hâter la vente des machines, de nous laisser un peu de temps, annonce l’avocat des salariés. Pour le travail, il y a toujours de l’espoir. Il y a 2 solutions. Soit la SCOP, qui n’est pas morte, et  reprendrait les feuillards et la corde agricole. Il ne manque qu’un directeur de production. Quand on l’aura trouvé, on pourra remettre sur pied un projet qui tienne la route. Mais il faut faire vite ! Soit la reprise : 1ère proposition, le rachat des machines pour Rambervillers avec 15 à 20 salariés. 2e hypothèse, qu’Azimut de Lyon qui a visité l’usine fasse une offre de reprise. Bien sûr, l’outillage est vétuste, mais ce n’est pas désespéré. Enfin Sagaert, votre principal concurrent, attendait peut-être son heure pour se déclarer « .

« Patron parasite »

Devant les juges, Patrick Durand Smet, directeur de Bihr depuis 2003, a accusé l’avocat d’avoir entraîné les salariés et fait échouer son plan social. « Plus personne ne croit ça ! fulmine Ralph Blindauer, décidé à exprimer son indignation. Une restructuration demande une réorganisation industrielle, ce n’est pas seulement  des suppressions d’emplois. Le responsable de la situation, c’est le chef d’entreprise et personne d’autre ! On voit un PDG qui rachète une boite, n’investit pas un rond et repart avec 9M€. Un PDG, qui a laissé couler sa boite. Patrick Durand Smet est un parasite ».

 Les cadres ont quitté le navire

Certains salariés avaient fait part de la sensation désagréable « qu’il y avait un travail  souterrain », qui se faisait. « Aujourd’hui, j’ai la confirmation que le directeur commercial est passé à la concurrence », poursuit Ralph Blindauer, que la situation met hors de lui. Demandez aux collègues qui ont causé quelques dégradations lundi, de ramener anonymement le matériel. Mais quand l’exemple vient d’en haut, il ne faut pas s’étonner  d’arriver à de telles exactions ».

Des salariés écoeurés

Ecoeurés, les salariés craignent, qu’une fois les clients partis, la future entreprise ait du mal à récupérer des marchés. « Pourtant, Bihr, c’était la qualité ! », témoigne un agriculteur. « C’est honteux, s’indignent Marie-Ange et son mari. Patrick Durand Smet a fait de la liquidation d’entreprises, son métier. Il n’en est pas à son coup d’essai. Il faudrait l’inculper pour escroquerie. Bihr était leader sur le marché de la ficelle agricole et il y a des ateliers qui étaient rentables».« C’est de l’abus de bien social légal », précise l’avocat, qui confirme son intention « de déposer une plainte contre X au pénal, pour que le tribunal ait toute latitude pour enquêter ». En tout cas, les salariés sont unanimes, bien dirigée, l’entreprise aurait pu durer.

 Qui voudra sauver le soldat Bihr ?

Le licenciement des 162 salariés se fera dans les 15 jours à venir. Ils auront 3 semaines pour se positionner sur un contrat de sécurisation professionnelle.

Si un repreneur se fait connaître, il lui appartiendra de contacter les salariés.

Les salariés devront rester joignables et réactifs pour une éventuelle suite des opérations.

 

B.Boulay

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