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Capavenir – Ces jardins de Cocagne qui vous changent la vie !

Les Jardins de Cocagne, on en parlait jeudi soir avec Pierre Rabhi, une table ronde d’acteurs du projet et une bénéficiaire à qui ils ont changé la vie ! Ils ont de l’ambition, de l’humanité, mais restent connectés avec la terre nourricière !

« Certains en ont rêvé, nous l’avons fait », déclare Jean-Claude Vorgy, à l’origine des Jardins de Cocagne de Thaon-les-Vosges avec Jean-Guy Henckel. Les jardins de Cocagne mêlent la culture bio, l’insertion, la solidarité et le réseau. « Le bio n’est pas une mode, c’est une façon de se comporter ». Une autre façon d’aborder la vie en appréciant les choses naturelles à leur juste valeur …

« On m’a pris pour un illuminé … »

Au départ, on m’a pris pour un illuminé, aujourd’hui l’association emploie 60 salariés, 14 permanents et intègre 45 personnes en contrats aidés, qui utilise le jardin comme un tremplin. « Nous avons un reclassement de 60%. C’est un résultat intéressant, mais nous avons encore des progrès à faire ». En 20 ans, 400 salariés sont passés par le jardin pour un cycle maximal de 2 ans.

Des gens de tous âges et de tous horizons

« Le jardin, c’est un contact apaisant avec la terre, poursuit l’ancien président. Ça permet de retrouver de la confiance en soi, de rompre avec l’isolement, de financer son permis, de mieux parler la langue ou développer sa résistance à l’effort. Le maraichage, c’est dur ! La terre est basse … mais elle a l’avantage de pouvoir rassembler des gens de 18 à 60 ans, de tous âges et de tous horizons et c’est une richesse ».

Bientôt, un nouvel espace de distribution

« Le développement des serres permet aujourd’hui d’avoir 4 à 5 cultures en cours au lieu d’1 à 2 et plus de diversité de légumes. Les travaux vont se poursuivre début juin pour 3 à 4 mois pour aménager l’espace distribution. Puis nous voudrions créer un espace de convivialité mais cette 3e extension n’a pas encore trouvé son financement ».

Le travail de terre est restructurant

Comme le disait Jean-Marie Pelt (il est décédé depuis) dans une interview en archives : « Cette association doit s’étendre et essaimer, parce que c’est ce qu’on devra faire dans le futur. Les jardins de Cocagne permettent de retrouver un équilibre, après des ruptures de vie. La production est valorisante, le travail en accord avec les rythmes profonds et la communauté accueillante. »Ce travail de la terre est restructurant, témoigne Jean-Guy Henckel à l’initiative du concept.

On a vu ce qui se passait dans une province du Japon

« Les Jardins de Cocagne ne nous sont pas tombés dessus. Il n’y a pas eu un matin où l’on s’est levé en pensant qu’on allait faire des paniers. On voulait de la mixité sociale et on a vu ce qui se passait dans une province du Japon, rappelle le fondateur. Ils avaient créé des sortes de coopératives agricoles de production bio. Quand j’ai commencé à parler de ce projet, les gens se sont demandés si j’avais un pète au casque puis ils se sont soudés autour ».

On a l’impression de faire partie d’une grande équipe

Les bénévoles ont rejoint le mouvement.Ils sont la pierre angulaire des jardins. Et parmi eux, Claire, qui un véritable engouement pour l’association. « Je cherchais du bio et du local et je suis tombée sur les Jardins de Cocagne. Ça m’a ouvert à plein de légumes que je ne connaissais pas. Et puis j’ai eu une rupture professionnelle et je suis devenue bénévoles. Ça m’occupait les mains et me vidait la tête. On s’implique, c’est gratifiant et on a l’impression de faire partie d’une grande équipe. Et j’ai parfois l’impression que je reçois plus que je ne donne« .

Une aventure très forte émotionnellement

Les jardins, ce sont un ensemble de volontés et d’énergies qui regardent dans le même sens. « Personne n’est à l’abri de se retrouver en situation précaire, remarque Dominique Momon, maire de Capavenir. Un travail, c’est une reconnaissance sociale, c’est une existence et de l’estime. Les jardins sont une belle aventure humaine. Les personnes s’ouvrent et c’est une aventure très forte émotionnellement« .

Les jardins ont changé ma vie

Sabrina en témoigne. « Les jardins ont changé ma vie ! répète-t-elle. Ça fait 6 ans que je travaille grâce à l’équipe. j’ai repris des études grâce à eux. les jardins, c’est dur, mais on est très encadré. On peut suspendre son contrat quelques temps pour aller préparer la suite. Je n’ai jamais vu ça ailleurs ! J’ai multiplié les missions intérim avant de reprendre des études à 26 ans. Je leur dois tout !« .

On a embarqué tout le monde dans l’aventure

« Quand on sème de belles graine, on récolte de belles choses », assure Pierre Rabhi.  » 25 ans après, on travaille sur le durable, parce qu’à un moment, on a embarqué tout le monde dans l’aventure, se félicite Jean-Guy Henkel.  Les jardins de Cocagne permettent aux élus de mettre en place des politiques intelligentes. Avec de moins en moins d’argent, on fait de belles choses ».

Des projets à suivre …

« L’entrepreneuriat sociale, c’est très compliqué ! On a essayé de préparer l’avenir. On pense à des restos de Cocagne, des vergeries de Cocagne, des fleurs de Cocagne et pourquoi pas une ville de Cocagne où l’on amène l’agriculture à la ville ? ». Un projet que la ville va continuer à soutenir. « On est fier d’avoir dans le cadre d’une filière courte de production bio, un process d’insertion qui s’intègre à la ville. C’est un projet qui a du coeur !« , conclut Dominique Momon.

B.Boulay

Journaliste, c'est mon job ! J'aime les rencontres qu'il suscite, la diversité des milieux où il nous mène, les enjeux qu'il explore. J'apprécie le jeu de fil de fériste de l'éthique, qui parfois nous complique bien la vie... Après plus de 15 ans d’actualités locales, ACTU 88 est né. L’essentiel en toute simplicité. ACTU 88, c’est un journal indépendant, une aventure, un regard. C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui donnent du sens à des projets. C’est la vie d’un territoire face aux enjeux de l’avenir. Faites-en un favori et contactez-moi ! ACTU 88 sera ce que vous en ferez ...

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