Coordination rurale – Être paysan demain, ce n’est pas gagné !

La coordination rurale tenait ce matin son assemblée générale. Au programme, les nitrates et l’extension des zones vulnérables, la fin des quotas laitiers, la PAC et le traité transatlantique. Beaucoup d’interrogations sur ce que sera être paysan demain !

Tout d’abord, la coordination rurale souhaite une régulation naturelle des populations animales. Elle s’est mise d’accord avec les chasseurs pour arrêter de tirer sur les renards car en l’absence de ces prédateurs, les campagnols prolifèrent et dévastent les cultures. Elle se réjouit également de siéger dans les commissions de régulation de la faune et dégâts gibiers.

Extension des zones vulnérables

Dans les Vosges, 8 à 10 communes sont concernées par la réponse de la France aux menaces de l’Union européenne par rapport aux normes Nitrate. Pour échapper aux lourdes sanctions financières, elle propose de placer 3800 nouvelles communes en zone vulnérable. Dans les régions d’élevage, les nitrates proviennent des lisiers et fumiers. Ce qui signifie pour les exploitations de ces communes, ont l’obligation de se mettre aux normes, alors que ces dépenses n’ont pas été budgétisées. Le coût de cette mise aux normes pour un éleveur laitier est estimé à près de 50 000€ !

Réviser la directive Nitrate

La coordination rurale demande une révision de cette directive Nitrate, qui a été établie dans les années 60. Aujourd’hui, le mode de vie et de culture n’ont plus rien à voir avec les pratiques de l’époque. Ce qui demande à ce que les normes soient revues, parce qu’elles ne leur paraissent plus avoir de sens. « La norme dans les zones vulnérables aux nitrates est à 18mg/l, pour éviter la prolifération d’algues, alors qu’elle est de 50mg/l dans les autres communes. Mais ce seuil n’a aucun fondement scientifique« .

Attention, risque de plan social agricole !

« Les nitrates ne sont pas responsables de la prolifération d’algues car les coupables sont les phosphates industriels et domestiques directement dissous dans l’eau, défend la Coordination rurale. Nos légumes en contiennent bien plus. 1kg de betteraves contient 1100mg/l. Ce qu’on veut dénoncer, ce sont ces normes arbitraires imposées par des fonctionnaires de Bruxelles. 3 chercheurs américains, prix Nobel de médecine en 1998 ont prouvé le bienfait des nitrates sur la santé. »  Le risque est simplement un plan social de l’agriculture !

Disparition annoncée de 2/3 des élevages

2014 est la fin des quotas laitiers. Une mesure qui n’est pas sans inquiéter la coordination rurale. « Ça va donner lieu à une vaste restructuration agricole, qui risque d’aboutir à la disparition de 2/3 des fermes laitières. La Hollande et l’Allemagne ont programmé une augmentation de la production de 30% sur 5 ans. On aura donc sur le marché des produits standardisés et moins chers parce qu’ils sont produits en quantité qui concurrencera les nôtres. C’est la dictature des marchés et la main mise sur les producteurs« .

Un prix cohérent avec le coût de production

Cette concurrence acharnée à l’export pourrait être fatale à beaucoup d’éleveurs. Peut-être faudrait-il une régulation Européenne ? Les circuits courts peuvent être une alternative mais pour l’instant, ils restent minoritaires. « Nous attendons d’avoir des prix en cohérence avec le coût pour pouvoir en vivre. Il faudrait vendre le lait 450€/tonne alors qu’aujourd’hui on en est à 300€ par tonne, le prix d’il y a 30 ans. »

Un nouveau modèle agricole

La coordination rurale se plaint comme les autres syndicats de ne pas connaître les règles qui vont régir la nouvelle PAC. Elles seront connues le 27 avril et la date limite des déclarations a été reculée au 9 juin. « On pense qu »on est au bout d’un système qui ne peut plus tenir. Il va falloir mettre en place un nouveau modèle agricole et être paysan demain, ce n’est pas gagné ! Nous ne sommes pas décidés à accepter que Enarques nous disent comment cultiver ! ».

Avec OGM ou sans ?

Autre inquiétude majeure, les accords transatlantiques ! « Il y a déjà un problème de compatibilité des normes. Il faut savoir si on est prêt en France, à manger de la viande aux hormones. Le prix de revient est inférieur au prix français, donc la viande américaine risque d’envahir les marchés français. Ça risque de ruiner la viande française, produite avec des garanties de qualité mais plus chère. On a de sérieux doutes sur le fait d’être autorisés à semer nos semences ».

Des éléphants et des mouches

Leur grosse crainte vis à vis de ce traité est que les multinationales prennent la main sur les agriculteurs ! La coordination rurale revendique le droit des agriculteurs à gérer leur destin. Elle se sent un devoir moral vis à vis des consommateurs. « On va se battre pour leur fournir une alimentation saine, écologique et savoureuse ! ». Ils ne sont pas contre les fermes usine si ce sont des agriculteurs qui se regroupent pour tenir : « Dans la nature, il y a des éléphants et des mouches ! ».

 

 

 

 

 

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