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Docelles : Les salariés d’UPM prêts à défendre leurs emplois

Les salariés de la papeterie UPM étaient presque tous présents ce soir à l’AG initiée par la CGT.  A l’ordre du jour, l’avenir de l’entreprise et les actions à mener. En face, des élus et des experts, pour dénouer l’écheveau des inquiétudes. Première action prévue, le 13 février à Metz avec les ouvriers de Florange. Les salariés d’UPM entendent faire parler d’eux.

C’est devant une assemblée inquiète que Jean-Marie Lalandre,  conseiller régional, Gérard Cherpion, député, ont renouvelé leur soutien aux salariés, offrant appui dans les démarches, contacts pour chercher un repreneur ou formation si nécessaire.

« Ce qui se passe à Docelles, fait une traînée de poudre dans le secteur », déplore Christian Tarantola, maire de Docelles et conseiller général.

Pas question de parler  de suppression d’emplois !

Denis SchnabeL secrétaire de l’UDCGT, refuse de partir vaincu : « L’objectif de notre action est de maintenir les 165 emplois sur le site. Aujourd’hui, on ne parle pas de supprimer des emplois ! Il faut garder les commandes qui sont attachées au site et chercher un repreneur »

L’usine n’est pas en redressement. Elle a un outillage performant, une trésorerie saine et l’image d’une entreprise experte, trouver un repreneur ne semble pas impossible pour une société qui se contenterait d’une marge de 5 à 6 %.

Mais les salariés ont peur que l’attente ne les mène dans le mur. « On n’est pas au pays des Bisounours ! », proteste Maryline. « On n’a pas arrêté depuis l’annonce. Peut-être serait il temps de faire connaître notre mécontentement ! », poursuit un collègue.

Obtenir le dossier de vente

« Trop tôt ! tempèrent les délégués. On ne fera pas venir un repreneur avec la grève. Il faut d’abord qu’on sensibilise les pouvoirs publics ».

Le désabusement transpire. « Il va y avoir de la casse. Il faut s’y préparer ».

Pour les délégués, ce n’est pas la priorité. « Ce qu’on veut aujourd’hui d’UPM, c’est connaître le dossier de vente et avoir un regard sur le repreneur pour que ce ne soit pas un clampin qui mette l’entreprise au tribunal au bout de 6 mois. »

Manif le 13 février

Denis Schnabel propose d’attendre l’expertise pour connaître le seuil de rentabilité de l’entreprise et étudier si elle peut développer d’autres produits. Philippe Duchamp, consultant SECAFI, fera cette étude pour la CGT. « Une reprise ne se fait pas du jour au lendemain », témoigne Patrick Bové, secrétaire national FILPAC CGT, chargé de la filière papeterie, qui a accompagné d’autres entreprises dont Stracel, entreprise  strasbourgeoise du groupe.

Deux discours s’entrechoquent. Celui du syndicat qui veut lutter utile et celui des salariés qui veulent agir avant d’être acculés. « On est inquiets pour nos emplois, entendez-nous ! »

Finalement, les UPM iront à Metz le 13 février pour soutenir les ouvriers de Florange et montrer qu’eux aussi sont en mauvaise passe. Objectif : qu’on parle d’UPM ! Et ils sont décidés à obtenir des réponses de la direction. « On va bouger ! Il faut juste se caler et bouger quand ça portera ».

B.Boulay

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